Il y a deux ans, nous abordions le réemploi sous l’angle de sa crédibilité. Comment la filière se mettait-elle en place en sortant de la crise sanitaire ? Aujourd’hui une nouvelle crise frappe le monde de la construction : celle du coût des matériaux.
Mais soyons clairs sur les termes employés : le réemploi est la remise en œuvre d’un matériau ou objet pour un usage identique à celui de sa première vie. Ce n’est pas de la réutilisation, qui détourne l’usage premier vers autre chose. Ce n’est pas non plus du recyclage, qui considère d’office l’objet comme un déchet à trier avant de le transformer en une nouvelle matière première exploitable. Partant de ces définitions, le réemploi et l’économie circulaire semblent désormais proposer une alternative sérieuse au modèle extractionniste, qui s’appuie sur une consommation linéaire des ressources, de leur exploitation à la benne.
Où en est la bifurcation vers un modèle incluant une gestion circulaire des matériaux de construction ? Quelles options s’offrent au projet lorsqu’il présente un potentiel de réemploi ? Dans un contexte où le chiffrage de la quantité de matière à récupérer devient légalement obligatoire1, dressons un panorama non exhaustif des acteurs du réemploi sur le territoire français, voyons leurs démarches comme autant de solutions de prescription à qui souhaiterait répondre au défi du changement climatique en pensant la seconde vie de leurs édifices.
1. Voir la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) en 2021 et le déploiement de la filière responsabilité élargie du producteur (REP) des déchets du bâtiment depuis janvier 2023.
Sommaire :
- Apporter sa brique à l'édifice : entretien avec Jean Bocabeille, BFV Architectes
- Concevoir l'après : entretien avec Paul-Martin Barbet, Artbuild
- Les accompagnateurs
- À l'interface, les intermédiaires
- Les (re) distributeurs
- Vers une production circulaire