Copyright : © Sylvain Jouve

À Aubusson, l’AtelierProjectilesvient de livrer une extensionsans augmenter la tailledu grandvaisseaude la Cité internationale de la tapisserie,reconstruit sur lui-même par l’agence Terreneuve en 2016 etqui, depuissacolline,domine lcentre-ville sans partage

Maître d’ouvrage :  Syndicat mixte de la Cité internationale de la tapisserie et de l’art tissé

Maîtres d’œuvre :  Projectiles (mandataire) – Paysagiste : Base

BET : Batiserf Ingénierie, structures ; Louis Choulet, fluides ; Orfea, acoustique ; Bureau Michel Forgue, économie ; Aïnu, conservation préventive ; Abraxas, conception lumière – Programme : salles d’exposition temporaires, espaces de stockage, salle de workshop

Surface utile : construction neuve, 1 600 m2 ; réhabilitation : 500 m2 ; aménagements extérieurs : 3 500 m2

Coût : 5,4 millions d’euros HT

Calendrier :  concours, septembre 2021 ; livraison : janvier 2026

Photographies : Sylvain Jouve

 Aubusson, ville de la tapisserie, a vu cette activité se développer dès le Moyen Âge. Elle s’y est progressivement imposée, portée par un environnement propice marqué par d’abondants élevages de moutons et par la pureté des eaux de la Creuse, particulièrement adaptées au lavage et à la teinture de la laine. L’origine exacte de cette vocation – sarrasine ou flamande – reste indéterminée… Et la ville isolée en bordure du plateau des Millevaches et à l’écart des grands axes de communication, qu’ils soient terrestres ou maritimes, est cependant parvenue à une reconnaissance internationale et à maintenir un écosystème artisanal qui perdure encore aujourd’hui, sans jamais s’industrialiser, ni vraiment s’étendre. Elle a sans doute atteint son acmé sous Louis XIV avec la création par Colbert de la Manufacture royale, mais l’engouement pour ses tapisseries ne s’est jamais démenti : d’abord à l’âge classique où ont été tissés des œuvres de grande taille à partir de cartons réalisés par des peintres de cour comme François Boucher, puis au XXe siècle par des artistes contemporains. Ainsi Jean Lurçat a-t-il contribué à donner un second souffle à cet art qui pouvait sembler appartenir au passé.

À la fois lieu d’exposition, de formation et de création, la Cité internationale inaugurée en 2016 s’inscrit dans la continuité de cet héritage. Elle occupe les locaux de l’ancienne École nationale des arts décoratifs, aménagés à la fin des années 1960 sur le versant d’une colline dominant le centre-ville. Le bâtiment a ensuite été transformé par l’agence Terreneuve, qui a réussi à y intégrer, en sous-œuvre, une vaste nef dans l’axe du hall d’accueil afin de présenter les collections dans des conditions optimales, tout en creusant au sud un jardin destiné à en favoriser un éclairage latéral.

Les façades existantes et leurs lourdes modénatures ont magiquement disparu sous un jeu de lignes verticales associant des lattes de pin douglas à des bandes violemment colorées imprimées sur une enveloppe textile. Un traitement très graphique proche des peintures minimalistes de Frank Stella, qui fait magistralement ressortir l’abstraction du plan en croix latine du bâtiment.  (...)

Pour lire l’article, commandez votre magazine sur notre boutique en ligne