Doit-on encore consacrer des recherches à l’architecture des hôpitaux ? Depuis le début du siècle, et plus encore maintenant que la télémédecine s’est imposée pour le suivi des malades, l’hôpital tel que nous le concevons – un dispositif médico-spatial rassemblant en un lieu des patients, des soignants et des technologies assurant leur guérison (ou leur survie) – semble vouer à disparaître. L’hôpital du futur ne sera-t-il pas réduit aux urgences et à l’ambulatoire ? Les spécialités médicales ne seront-elles pas distribuées dans des cabinets en ville ? Mieux encore, les outils numériques et l’intelligence artificielle qui médiatisent déjà les relations entre soignants et soignés ne pourront-ils pas s’affranchir de l’espace ? Certaines projections imaginent même des hôpitaux dont le but ne serait plus d’accueillir les malades mais simplement de traiter les données et de gérer des commandes comme d’autres entrepôts logistiques, tandis que tous les actes médicaux seraient réalisés ailleurs, au domicile du malade, voire dans l’espace indéfini des réseaux digitaux.
En attendant que toutes ces perspectives se réalisent, il faudra toujours aller quelque part pour être soigné. Préoccupons-nous encore quelques années de l’hôpital et de l’hospitalité qui lui fait tant défaut. Multiplions les points de vue sur l’architecture hospitalière et puisons dans ce que les sciences humaines, les soignants et les patients ont à en dire.