n°334 - mai 2026

  • Antoine Espinasseau, derrière les Miroirs

    Le parcours d'Antoine Espinasseau est une sorte de boule à facettes ou de kaléidoscope. À l'instar de ces objets-miroirs, il réagit à la diversité des circonstances qu'il rencontre et nous les renvoie sous forme d'images, de sculptures, de scénographies, d'architectures, et même de jouets. Il présente ici une série de diptyques aux contours baroques, intitulée Miroirs et composés à partir de photographies prélevées dans un corpus de prises de vues qu'il considère comme ses Notes.

  • Bascoulard, case à part

    Clochard par choix, Marcel Bascoulard, infatigable esthète, transcende la notion d'artiste brut. Pauvre et isolé toute sa vie, il devient mondialement populaire presque cinquante ans après sa mort. Portrait d'un Berruyer noir.

  • De l'auteur unique à la conception partagée

    L’ingénieur concepteur dans la fabrique du projet : héritages de la fin du XXe siècle et enjeux contemporains

    Les récits contemporains de l'architecture donnent à voir une tension persistante entre séparation et rapprochement des disciplines. C'est dans cet espace que resurgit la relation entre architecte et ingénieur. Si cette polarité est ancienne, la fin du xxe siècle marque un infléchissement : l'ingénieur n'y apparaît plus seulement comme spécialiste du calcul ou garant de la faisabilité, mais comme acteur du projet. Sa visibilité croissante ne renvoie donc pas à la seule reconnaissance d'un intervenant longtemps secondaire ; elle signale une transformation des régimes d'auteur, des pratiques de projet et des cultures professionnelles dans un champ de plus en plus structuré par l'interdisciplinarité.

  • Hausse du seuil des concours publics : ce que coûte la simplification

    Avec le relèvement du seuil des concours à 300 000 euros, le gouvernement ravive une logique déjà à l'œuvre en 1981 avec la suppression de l'avis obligatoire des CAUE : au nom de la simplification, il réduit les dispositifs garantissant la qualité architecturale.

  • Ingénieurs et architectes, une maîtrise de plus en plus partagée

    Parallèlement aux architectes, les ingénieurs subissent un bouleversement profond de leur rôle au cœur du processus de création et, plus largement, de leur responsabilité au sein d'une humanité mise en péril par l'exploitation effrénée des ressources planétaires. Nous avons réuni de grandes figures de l'ingénierie française ainsi que des personnalités émergentes pour un dialogue à bâtons rompus sur ces mutations et les enjeux qu'ils révèlent. À travers leurs propos, ce sont les frontières entre architectes et ingénieurs qui semblent de plus en plus poreuses, et pas seulement parce que chacun et chacune de nos invités ont la double formation. EC

  • Interdépendants plus que complémentaires

    Il y a un an nous dénoncions la course béate à l’optimisation à laquelle nous pousse le culte de la performance pour y opposer la robustesse du vivant si chère à Olivier Hamant1. Dans le couple ingénieur-architecte, c’est bien sur le premier que repose cette injonction à la performance. Les architectes ont leur part de responsabilité dans cette assignation : l’ingénieur est celui auquel est dévolue une série de tâches dont les architectes se délestent volontiers – à partir de leur dessin, vérifier les portées et les détails d’étanchéité, cacher tous les fluides au-dessus d’un faux plafond et désormais cocher toutes les cases des normes et labels…

  • L'ingénierie au prisme de l'anthropocène

    C’est trop souvent après leur diplôme que les architectes découvrent l’existence des ingénieurs. D’où sans doute le cliché qu’ils et elles se font de l’ingénieur qui ne serait là que pour calculer les portées, redessiner les détails d’étanchéité et cacher la clim derrière un faux plafond. À l’heure du péril écologique, les profondes mutations qui questionnent le rôle de chacun exigent d’en redéfinir les places respectives au sein de la maîtrise d’oeuvre. La question climatique, parce qu’elle détermine précisément la forme de l’espace et la constitution des enveloppes, conduit l’ingénierie à intervenir de plus en plus en amont du projet et à harmoniser plus intimement le statut des ingénieurs et des architectes. Une manière aussi de repenser le rôle de ces derniers.

  • Le périphérique comme horizon - L'Ecole Bleue, Paris 12e

    À l’aplomb du boulevard périphérique parisien, dans la ZAC de la Porte de Vincennes, Kraft et Mootz-Pelé ont conçu les nouveaux locaux de l’École Bleue, établissement d’enseignement supérieur des métiers du design et de l’architecture intérieure. Ouvert, connecté au grand paysage, le bâtiment répond à la pédagogie singulière des formations dispen-sées, tout en relevant le défi technique de sa localisation, assumée plutôt que subie.

  • Les mutations du métier d’ingénieur : vers une culture du projet ancrée dans le vivant et le numérique

    Depuis plus de vingt ans maintenant, le viaduc de Millau, avec ses courbes élancées entre deux causses, ne se contente pas de relier deux points du territoire : il en révèle la géographie, dialogue avec les reliefs, et transforme le regard porté sur un site. Cet ouvrage emblématique illustre une vérité qu'il faut rappeler : l'acte de construire, le projet architectural et d'ingénierie, est d'abord un geste situé. Bien au-delà du calcul et de la performance, il s'agit d'un dialogue entre l'ouvrage, son environnement immédiat et les usages qui s'y déploient.

  • L’école est un château - Extension d’une école maternelle par l’atelier d’architecture Bien Urbain

    À Montfermeil (93), l’extension de l’école maternelle Paul-Éluard livrée en 2026 par l’agence Bien Urbain assume une posture plus rare dans le paysage scolaire contemporain : celle d’un édifice épais, presque archaïque, où la matérialité prime sur l’effet.

  • Pietro pour Lina - Extension du musée d’art de São Paulo (MASP), Brésil

    Évoquant les premières scènes de 2001 : l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick, un monolithe presque noir a récemment fait son apparition sur l’Avenida Paulista, l’une des artères les plus emblématiques d’Amérique latine. Conçue par METRO Arquitetos, la nouvelle extension du musée d’art de São Paulo – icône de l’architecture brutaliste signée Lina Bo Bardi – redonne de l’espoir quant à l’avenir de ce patrimoine1. Il attire également l’attention sur le savoir-faire technique et conceptuel qui se développe au Brésil dans le domaine de la rénovation et de la transformation de bâtiments existants, y compris les plus ordinaires.

  • Profondeur - Centre culturel de Coudoux, Bouches-du-Rhône

    Ce projet savant parvient à s’immiscer sans heurt dans un tissu résidentiel très homogène et se déploie ensuite comme un théâtre de formes dans un espace pourtant rigoureusement circonscrit.

  • Ramdam : Architecture dialogique

    Entre la petite couronne parisienne et le Maine-et-Loire, Ramdam (Olivier Misischi et Franck Dibon) exprime ses convictions à travers une architecture sans superflu, nourrie de ce qui l’environne : des contraintes réglementaires les plus prosaïques à l’observation sensible et éclairée du territoire.

  • Structures bio et géosourcées : construire mieux pour exploiter plus ?

    La transition vers des structures bio et géosourcées ne part pas d’une feuille blanche. Le bois d’ingénierie, en tête, bénéficie d’une avance décisive : son industrialisation est ancienne, ses chaînes sont rodées, sa rentabilité est démontrée. CLT, LVL et dérivés n’ont pas attendu la RE2028 ou la 2031 pour s’imposer. Cette avance pèse sur le reste des filières. Terre crue, chanvre ou réemploi progressent, mais à une autre vitesse – celle de la normalisation, de l’assurabilité, de la montée en compétences.

  • Symétries spéculaires - Médiathèque et centre périscolaire à Looberghe, Nord

    En livrant deux petits équipements (médiathèque et centre périscolaire) pour un village de 1200 habitants proche de Dunkerque, alt174 insuffle cohérence urbaine, justesse géométrique et architecture savante dans le projet de réorganisation immobilière des services municipaux portée par un maire entreprenant, élu et réélu depuis 2014. Le projet a été sélectionné en 2025 pour le prix d’architectures 10+1.

  • Tendances : Concours pour le lot S05 de la ZAC Gare-des-Mines-Fillettes, Paris 18e

    Les projets de ce concours très contraint par les recommandations des urbanistes et implanté dans un site dont les composants sont très clairement identifiables – périphérique, voies ferrées, aréna, terrains de sport, entrepôt logistique, HBM… – rendent parfaitement explicites les démarches de leurs concepteurs respectifs et présentent ainsi un excellent panorama des tendances à la mode aujourd'hui dans la capitale…

  • Trame et peuplier - Restructuration d’une dalle commerçante en crèche de 60 berceaux par l’agence a+ Samuel Delmas

    À Vélizy (92), la crèche de Samuel Delmas revendique une simplicité construite. Ossature bois en pin, bardage en peuplier THT : une écriture directe, rendue possible par une mise en œuvre d’une précision rarement visible.