Copyright : © Bastien Treille

Dans la ZAC Monges-Croix du Sud à Cornebarrieu – une très subtile densification du paysage – Régis Roudil vient de livrer un étrange édifice qui, depuis la route de Pibrac, donne sans emphase une image très juste de cette vaste opération urbaine commencée dans les années 2000.

Le quartier résidentiel Monges-Croix du Sud s’étire entre forêts, champs et collines, depuis le village de Cornebarrieu dans une vallée de plus d’un kilomètre de long dont les coteaux accueillent en majorité des petits collectifs afin d’éviter le mitage d’un territoire naturel bien préservé.


Maître d’ouvrage : CDC Habitat Sud Ouest

Maîtres d’œuvre : Atelier Régis Roudil Architectes (mandataire) ; chefs de projet : Jonathan Benyamine (études), Anna Le Blevec (chantier)

Paysagiste : Atelier Saut-de-Loup paysagiste

BET : Techniques et Chantiers Sud-Ouest, OPC ; ECO + Construire, économiste ; Vessière, structure ; BE3C, fluides ; Cilco, électricité ; EODD, HQE ; HNB, VRD ; A2MS, acoustique

Programme : 41 logements locatifs sociaux et 5 logements en accession sociale

Surfaces : 3 101 m2 SDP ; 5 585 m2 aménagements extérieurs

Coût des travaux : 6,6 millions d’euros HT

Calendrier : lancement du concours, janvier 2021 ; lauréat, juin 2021 ; sélection du projet et dépôt du permis de construire : 2021-2022 ; Travaux : 1 mois de préparation + 25 mois ; livraison : février 2026

La vallée

La réalisation de ce quartier a débuté sous de bons auspices dans les années 2000, sur un terrain d’une vingtaine d’hectares appartenant à cette commune aisée, accueillant une grande partie de l’aéroport de Toulouse et des usines Airbus. D’autres bonnes fées ont entouré son berceau dès sa naissance : les urbanistes Bruno Fortier et Obras ainsi que le paysagiste Michel Desvigne qui ont travaillé à l’insertion de ces 1 600 logements en les répartissant dans un archipel de constructions basses n’excédant pas deux étages et disséminées sur des terrasses. Des bastides, des îles construites mêmes, disposées face à face sur les coteaux et souvent ouvertes en U comme pour pouvoir communiquer entre elles de part et d’autre du grand parc central traversé de petits ruisseaux, ponctué d’étangs et longé de voies dédiées à la promenade, au jogging, aux circulations douces et à la desserte de l’ensemble. Partout, refusant les barrières, les nouveaux groupes d’habitations disparaissent derrière d’épaisses haies pour accorder à leur architecture la plus grande liberté formelle, le paysagiste s’étant ingénié à restaurer, à amplifier ou à recomposer des fragments du paysage existant. Ainsi de nombreuses opérations aux typologies diverses ont pu voir le jour sur les pentes : des barres plissées (une demande spécifique des urbanistes) notamment réalisées en pierre par Gilles Perraudin, en bois par Franck & Ballot ou en béton par Frédéric Borel, un fragment de tissu en damier alternativement occupé de cours plantées et de maisons en bloc de terre crue mis en œuvre par Boris Bouchet, des immeubles à patio climatiques recouverts d’enduit de terre par l’agence Obras ou de bois sombre par Clément Vergély.

Mais c’est à Régis Roudil qu’a incombé la tâche ardue de terminer ce quartier en réalisant 46 logements sociaux dans une parcelle trapézoïdale située dans l’axe de la longue prairie centrale. (...)

Pour lire l’article, commandez votre magazine sur notre boutique en ligne