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Dans une exposition qui s’inscrit pleinement dans une actualité brûlante, la Cité de l’architecture et du patrimoine interroge les effets des guerres et des conflits du 21e siècle sur le patrimoine culturel. « Patrimoines en résistance, de Tombouctou à Odessa », nous permet de prendre conscience de l’ampleur des dommages causés par les guerres et les conflits sur le patrimoine matériel et immatériel. Imaginée par Elisabeth Essaïan, architecte et chercheuse à l’IPRAUS, Mathilde Leloup, politologue et directrice adjointe du centre de recherche CRESPPA ainsi qu’Yves Ubelmann, fondateur d’Iconem, cette exposition remarquable et poignante se concentre particulièrement sur les destructions patrimoniales en Ukraine et en Palestine, ainsi qu’en Afghanistan, en Syrie, en République démocratique du Congo, au Soudan, au Yémen, en Irak, au Liban, en Arménie et au Mali.

Pensée en trois temps, Effacer – Résister – Réparer, l’exposition s’intéresse tout d’abord sur les causes de l’effacement du patrimoine, de la négligence d’entretien à la destruction intentionnelle. Ensuite, elle explore comment la résistance s’organise et se déploie, mêlant intervention institutionnelle et individuelle. Pour finir, l’exposition traite des questions parfois contradictoires que soulève la réparation.  

Présentant une large variété de médium, croisant les regards des témoins, des acteurs, des architectes et des artistes, l’exposition travaille à révéler les multiples couches derrière le mot « patrimoine », pour en déployer une vision particulièrement vivante et mouvante. Les commissaires se sont particulièrement attachés à lier le patrimoine au territoire et au peuple qui l’habite, lui-même acteur important de la résistance et de la réparation. Si l’exposition met le focus sur l’altération et la transformation du patrimoine en temps de conflit et de guerre, elle n’oublie pas pour autant de lier cette mutation, voire disparition entière du patrimoine, à la persécution de son peuple. En effet, des cartes produites par l’atelier de cartographie de Sciences Po, rappellent les déplacements, les disparitions et les exactions commises sur les populations pour chacun des territoires mis en avant.

Avec cette importante exposition, la Cité actualise un certain nombre d’enjeux patrimoniaux et confirme ô combien ces derniers affectent et concernent l’humanité entière. Dans un contexte où les subventions du gouvernement pour nombre de musées ne font que baisser, l’exposition permet également à l'institution de revendiquer sa capacité à intéresser le grand public, (la soirée d’inauguration a fait salle comble), ainsi que son importance d’utilité publique.

L’exposition, conduite sous le patronage de la Commission nationale française pour l’UNESCO et le partenariat du Grand Palais Rmn, s’appuie sur un consensus scientifique et académique, et a été « conçue sous l’égide d’un comité scientifique composé de spécialistes reconnus des champs de l’architecture, du patrimoine, de l’histoire et des sciences sociales ».

Colloques, conférences, projections de films et ateliers accompagneront l’exposition jusqu’à sa clôture le 3 janvier.

Commissaires :

Élisabeth Essaïan, architecte DPLG, chercheuse au laboratoire IPRAUS et maîtresse de conférences en théorie et pratique de la conception architecturale et urbaine (TPCAU) à l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-Belleville

Mathilde Leloup, politologue, maîtresse de conférences en science politique à l’Institut d’études européennes de l'université Paris 8, et directrice adjointe du centre de recherche CRESPPA

Yves Ubelmann, président et fondateur d'Iconem, commissaire associé

Retrouvez plus d’informations et le programme complet sur le site de la Cité de l’architecture :

https://www.citedelarchitecture.fr/fr/agenda/exposition/patrimoines-en-resistance

 

   
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