Interdépendants plus que complémentaires

Il y a un an nous dénoncions la course béate à l’optimisation à laquelle nous pousse le culte de la performance pour y opposer la robustesse du vivant si chère à Olivier Hamant1. Dans le couple ingénieur-architecte, c’est bien sur le premier que repose cette injonction à la performance. Les architectes ont leur part de responsabilité dans cette assignation : l’ingénieur est celui auquel est dévolue une série de tâches dont les architectes se délestent volontiers – à partir de leur dessin,...

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AJAP 2023 : Albums des jeunes architectes et paysagistes et Autres voies de l'architecture

Relancé en 2001 par le ministère de la Culture, après une dizaine d’années d’interruption, ce prix est destiné à distinguer et à promouvoir des architectes et, depuis 2005, des paysagistes, de moins de trente-cinq ans particulièrement talentueux. Tous les deux ans, un jury, présidé par deux personnalités de renom du monde de l’architecture et du paysage, et composé d’architectes, de paysagistes, de critiques d’architecture et de maîtres d’ouvrage, sélectionne les équipes les plus prometteuses. Les...

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Le dossier - L'ingénierie au prisme de l'anthropocène

L'ingénierie au prisme de l'anthropocène

C’est trop souvent après leur diplôme que les architectes découvrent l’existence des ingénieurs. D’où sans doute le cliché qu’ils et elles se font de l’ingénieur qui ne serait là que pour calculer les portées, redessiner les détails d’étanchéité et cacher la clim derrière un faux plafond. À l’heure du péril écologique, les profondes mutations qui questionnent le rôle de chacun exigent d’en redéfinir les places respectives au sein de la maîtrise d’oeuvre. La question climatique, parce qu’elle détermine précisément la forme de l’espace et la constitution des enveloppes, conduit l’ingénierie à intervenir de plus en plus en amont du projet et à harmoniser plus intimement le statut des...

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Actualités des produits et services


Le magazine

n°334 - mai 2026

Ramdam : Architecture dialogique

Entre la petite couronne parisienne et le Maine-et-Loire, Ramdam (Olivier Misischi et Franck Dibon) exprime ses convictions à travers une architecture sans superflu, nourrie de ce qui l’environne : des contraintes réglementaires les plus prosaïques à...

Hausse du seuil des concours publics : ce que coûte la simplification

Avec le relèvement du seuil des concours à 300 000 euros, le gouvernement ravive une logique déjà à l'œuvre en 1981 avec la suppression de l'avis obligatoire des CAUE : au nom de la simplification, il réduit les dispositifs garantissant la qualité...

Antoine Espinasseau, derrière les Miroirs

Le parcours d'Antoine Espinasseau est une sorte de boule à facettes ou de kaléidoscope. À l'instar de ces objets-miroirs, il réagit à la diversité des circonstances qu'il rencontre et nous les renvoie sous forme d'images, de sculptures, de...

Bascoulard, case à part

Clochard par choix, Marcel Bascoulard, infatigable esthète, transcende la notion d'artiste brut. Pauvre et isolé toute sa vie, il devient mondialement populaire presque cinquante ans après sa mort. Portrait d'un Berruyer noir.

Tendances : Concours pour le lot S05 de la ZAC Gare-des-Mines-Fillettes, Paris 18e

Les projets de ce concours très contraint par les recommandations des urbanistes et implanté dans un site dont les composants sont très clairement identifiables – périphérique, voies ferrées, aréna, terrains de sport, entrepôt logistique, HBM… –...

Wendy Andreu, l’expérimentation comme méthode

Affranchie de toute spécialisation, la designer-artisane Wendy Andreu cultive une pratique libre, guidée par les matériaux et les procédés de fabrication. L'expérimentation devient chez elle une méthode et un puissant levier créatif, s'émancipant des...

Réalisations

Le périphérique comme horizon - L'Ecole Bleue, Paris 12e

À l’aplomb du boulevard périphérique parisien, dans la ZAC de la Porte de Vincennes, Kraft et Mootz-Pelé ont conçu les nouveaux locaux de l’École Bleue, établissement d’enseignement supérieur des métiers du design et de l’architecture intérieure. Ouvert, connecté au grand paysage, le bâtiment répond à la pédagogie singulière des formations dispen-sées, tout en relevant le défi technique de sa localisation, assumée plutôt que subie.

Le Guide - Structures bio et géosourcées : construire mieux pour exploiter plus ?

Structures bio et géosourcées : construire mieux pour exploiter plus ?

La transition vers des structures bio et géosourcées ne part pas d’une feuille blanche. Le bois d’ingénierie, en tête, bénéficie d’une avance décisive : son industrialisation est ancienne, ses chaînes sont rodées, sa rentabilité est démontrée. CLT, LVL...

Copyright : © Gaston Bergeret

Avec la mort de François Chaslin dans la rade de Brest sur la plage de Lanildut le 7 août dernier, c’est la dernière des quatre figures françaises du monde de la critique et de l’histoire de l’architecture de ce demi-siècle qui vient de disparaître en seulement deux années. Précisément deux ans jour pour jour après la mort accidentelle de son ami d’adolescence l’architecte et historien Jean-Louis Cohen. L’architecte et urbaniste Philippe Panerai était décédé trois mois plus tôt et l’architecte et théoricien Jacques Lucan le sera deux mois plus tard.

 

Fils de l’ingénieur et entrepreneur Paul Chaslin, François Chaslin avait la plume la plus brillante des quatre intellectuels et ne cachait pas son goût pour une écriture moins universitaire mais plus littéraire, un don que ses amitiés dans le milieu germanopratin avaient sans doute encouragé. Se tenant à distance des milieux professionnels depuis une dizaine d’années, c’est d’ailleurs à cette activité qu’il a consacré l’essentiel de son temps, entre Paris et la Bretagne. Il n’en était pas moins un critique et enquêteur rigoureux lorsqu’il s’agissait de porter un regard sur la production architecturale. Avec Frédéric Edelmann (1951-2024), il avait été l’un des premiers critiques d’architecture dans les pages du Monde. Pour avoir eu la chance de l’avoir comme confrère, je peux témoigner du plaisir de débattre avec lui, qui argumentait fermement mais toujours avec une politesse non feinte et souvent beaucoup d’humour. « Je suis quelqu’un qui a, non par cynisme mais par appétit, côtoyé des architectes fort différents. Je suis fondamentalement éclectique et j’ai une vision un peu littéraire, un peu romanesque, sociale aussi de l’architecture. Ce sont les émotions spatiales et atmosphériques et les conjonctures historiques qui me passionnent. Plus peut-être que certaines réflexions de l’ordre de la composition », disait-il à Antoine Loubière dans un long et riche entretien paru en 2019 dans la revue Urbanisme.

Responsable des expositions à l’Institut français d’architecture de 1980 à 1987, il a grandement contribué à l’émergence de la génération d’architectes des années 1980 en organisant notamment les expositions sur Christian de Portzamparc, Henri Gaudin, Henri Ciriani, Jean Nouvel ou Tadao Ando. En 1987, il prend la rédaction en chef de L’Architecture d’Aujourd’hui, qui est alors la revue française de référence. Il la modernise y introduisant une dimension plus journalistique. En 1994, il en laisse les clefs à Jean-Paul Robert (1952-2023) qui la fait encore briller pendant quatre ans avant qu’elle ne soit revendue. Il part alors avec son ami l’écrivain Jean Rolin à Sarajevo, alors assiégé, pour soutenir les architectes bosniaques, une expérience douloureuse qui le marquera durablement. Il préfacera d’ailleurs Sarajevo, l’architecte et les barbares, le journal de guerre de l’architecte Ivan Štraus (Éditions du Linteau, 1994). (...)

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