n°309 - juillet 2023

  • AgwA - Entremêler les fils de la connaissance

    Depuis la création d’AgwA en 2003, Benoît Burquel, Harold Fallon et Benoît Vandenbulcke, associés depuis cette année avec Hélène Joos et Nicky Vancaudenberg, développent une pratique et un travail théorique étroitement chevillés, incluant la recherche universitaire et l’édition. En activant tous les champs de la connaissance propres à la discipline, les architectes belges entendent sonder la finalité de l’architecture, ses moyens et ses missions. Ce positionnement oriente le processus conceptuel agile de l’agence, qui a fait de la résistance du réel et de l’imperfection, inhérente à toute mise en œuvre, des matériaux pour le projet. 
  • Architectures de la vie privée Monique Eleb [1945-2023]

    La professeure et chercheure, Monique Eleb est décédée en mai 2023. En plus des nombreux ouvrages qu’elle a coécrits avec des architectes, la psychologue et sociologue laisse un héritage pédagogique important, tant dans les exercices et approches qu’elle a mis en place que dans les générations d’enseignants qu’elle a contribué à former. 
  • Bienvenue à Gattaca - Concours pour l’immeuble Kadans sur le campus Paris-Saclay

    Non ce n’est pas la critique d’un film de science-fiction hollywoodien décrivant un monde dystopique et eugéniste mais une nouvelle plongée dans cet espace difficilement qualifiable - campus, cluster, technopole ? - qui s’étend en limite des champs sur le plateau de Saclay.  
  • Ce que la guerre fait à l'architecture - Sommaire

    Dès les premières destructions de mars 2022, la scène architecturale ukrainienne s’est mobilisée à deux échelles temporelles : l’urgence de la mise à l’abri et les projections de reconstruction. Ces deux temporalités ne sont pas nécessairement distinctes mais poreuses, les architectures d’urgence étant bien souvent conçues dans leur perspective de réemploi. Malgré le drame qui se joue, les architectes s’emparent des enjeux pour réinterroger un patrimoine complexe, réinventer principes et méthodes et saisir l’opportunité d’innover en matière environnementale avec des gestions des ressources circulaires, entre traditions constructives ou principes inédits comme le recyclage des ruines. Au-delà de ce que la guerre fait à l'architecture, les pratiques et études déjà en cours en Ukraine, auquel ce dossier est consacré, interrogent nos propres pratiques et devenirs. 
  • De la guerre au pop art, des zigzags qui détonnent

    En 1917, les sous-marins allemands tirent à vue sur la flotte alliée transportant des marchandises. Au plus fort de l’hécatombe, l’Angleterre perd huit bateaux par jour. Comment tromper l’adversaire ? En se fondant dans son milieu, tel est le principe de camouflage du poulpe ou du caméléon. Effet difficile à obtenir en pleine mer, comme l’a prouvé l’expérience malheureuse menée par Thomas Edison avec un navire travesti en île qui se disloqua au large de New York. 


  • Déconstruire, dit-elle « Le laboratoire du futur », 18e Biennale internationale d’architecture de Venise

    LaBiennale internationale darchitecture de Venise,quiaouvert ses portes en mai dernier, semble faire écho aux questions quiseposent dans les écoles darchitecturefrançaisedepuislesgrèves du début de lannée.Ysont notamment mis en accusationlecolonialisme etles matériaux« modernes »– acier et béton –,au bilan carbone peu compatible avecla lutte engagée contre le réchauffement climatique 

     

  • Doubles dames : Lynne Cohen et Marina Gadonneix

    L’exposition « Laboratoires/Observatoires » du Centre Pompidou réunit dans un même espace les œuvres choisies des photographes Lynne Cohen (1944-2014) et Marina Gadonneix, née en 1977. Conçue par Florian Ebner et Matthias Pfaller, cette double exposition instaure un dialogue fertile entre deux œuvres et deux générations de photographes qui ont en commun la représentation exclusive d’espaces intérieurs inhabités, vus sous un angle documentaire troublant, qu’il s’agisse d’environnements domestiques, pédagogiques ou scientifiques. 
  • Entretien avec Anne Lacaton - « Il est très important de garder les habitants au cœur : les logements, la ville leur appartiennent »

     
    À l’occasion de la journée d’étude « La guerre au présent. Architecture et Arts visuels », Oleg Drozdov nous a fait part de son désir d’échanger avec Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal. Cet échange n’a pu avoir lieu que partiellement, Oleg Drozdov n’ayant pas été autorisé à quitter l’Ukraine. En faisant réagir Anne Lacaton au thème principal de notre dossier, nous lui soumettons également ses questions, portant notamment sur l’opération de 530 logements à Bordeaux. Un premier échange qui vient de trouver un prolongement à l’occasion du premier Lviv Urban Forum, qui s’est tenu du 28 au 30 juin 2023. 
  • Étudiants, candidatez pour les prix des diplômes et des mémoires.

    La Maison de l’architecture Ile-de-France récompense dix mémoires et projets de fin d’études d’étudiants d’écoles franciliennes par deux prix distincts. Simon Teyssou, récemment auréolé du Grand Prix de l’urbanisme, parraine cette édition. Les candidatures sont à faire parvenir avant le 8 octobre, pour une remise des prix prévue le 23 novembre 2023.
  • Jean-Louis Cohen : Déployer la connaissance dans l’espace

    Jean-Louis Cohen était sans aucun doute l’historien français de l’architecture le plus connu internationalement. Nous ne pouvions imaginer lorsque nous l’avons rencontré pour cet entretien qu’il décèderait un mois plus tard tant son énergie à nous parler de ses deux prochaines expositions et des livres qu’il espérait terminer paraissait inextinguible. Il évoque pour nous sa trajectoire complexe, son choix d’emprunter la voie de la recherche et ses engagements politiques et institutionnels. La guerre en Ukraine l’a poussé à questionner son rapport à l’écriture de l’histoire architecturale russe et soviétique, à laquelle il a consacré de nombreux travaux. Architecte et historien, il enseigne à l’Institute of Fine Arts de l’université de New York. Professeur invité du Collège de France (2013-2021), il est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages, et notamment d’une monographie de référence consacrée à Frank Gehry dont le premier volume est sorti fin 2021. De New York à Shanghai en passant par Paris, une grande partie de ses recherches a donné lieu à des expositions. Il a préfiguré et dirigé la Cité de l’architecture et du patrimoine et il a obtenu le Lion d’or pour le pavillon de la France à la Biennale d’architecture de Venise en 2014. Sa dernière exposition, consacrée à l’architecte Paulo Mendes da Rocha, se tient actuellement à Porto. 
  • L'architecture en temps de guerre - Comment l'architecture peut sauver des vies

    La fonction de protection a toujours été une caractéristique de l’architecture. Celle-ciest également omniprésente dans les mégapoles du monde entier. Mais les types de danger ont changé, et la menace la plus importante vient aussi de l’homme, à la fois directement et indirectement. Aujourd’hui, en Europe, nous sommes à nouveau exposés à la terreur de la guerre. Cette menace a modifié nos espaces publics. Comment adapter notre architecture sanstrop assujettir nos modes de vie ?  Propos recueillis et traduit de l’anglais par Élisabeth Essaïan
  • La guerre au présent

     
    La guerre menée par la Russie contre l’Ukraine est arrivée depuis plus d’un an dans nos quotidiens. Cette « guerre au présent » – pourtant commencée en 2014, et précédée par celles de Tchétchénie, Géorgie et Syrie – nous est apparue, de par notre impréparation, d’une grande soudaineté. Elle est présente de plusieurs manières : par l’ampleur des destructions, des exactions et crimes de guerre ; par l’intensité du flux d’information ; par la diversité des formes que prend cette information. 
     
    L’on a pu un temps penser que la guerre serait désormais différente. C’est ce que la couverture occidentale de la guerre du Golfe offrait à voir : des images techniques de « bombes intelligentes », de « frappes chirurgicales », sans hommes ni destructions, déréalisant et aseptisant le conflit, jusqu’à effacer la trivialité du réel. Mais à peine six mois plus tard allaient commencer les guerres d’ex-Yougoslavie… 
     
    Si la campagne de frappes aériennes russes en Ukraine réactive des visions de destructions passées, parmi les images que nous croyions appartenir résolument au passé, il y a aussi celles de la campagne sur le front. Une guerre de position qui, depuis 2014, ravive nos imaginaires de tranchées de la Grande Guerre. 
     
    Parler de la guerre en Ukraine, c’est donc aussi questionner la pertinence et les limites des comparaisons historiques. Dans quelle mesure convoquer les destructions, puis les reconstructions de Londres, de Varsovie, de Dresde, du Havre, ou plus récemment de Sarajevo, aiderait à penser le présent ? 
     
    Parler de la guerre, c’est aussi questionner le rapport à la mémoire ou plutôt aux multiples mémoires, c’est questionner les formes et les conditions de leur expression et de leur cohabitation et, de ce fait, c’est élargir les définitions mêmes des notions de patrimoine et d’identité. 
     
  • La vertu du durable est-elle soluble dans les voluptés du bain ?

    En mars dernier, se tenait à Francfort-sur-le-Main le salon européen ISH, le plus complet dans le domaine du génie climatique et de la salle de bains, une édition 2023 attendue depuis la pandémie. Autour de l’incontournable thématique « Solutions pour un avenir durable », les marques d’équipements sanitaires présentaient durant cinq jours leurs nouveautés, avec la volonté de répondre aux objectifs climatiques de 2030 et à la crise mondiale de l’eau annoncée. Les équipements sanitaires en céramique, titane, inox, pierre ou composites, confortables par leur design courbe dans un florilège de couleurs, offrent une solution durable par leurs résistances. La robinetterie, plus technique, déploie un panel d’innovations pour maîtriser sa gestion en eau potable et en matière première, comme ce tout premier robinet imprimé en 3D ou cette colonne de douche en aluminium recyclé sans chrome, ni plomb. Le salon de bains deviendrait-il le nouveau sanctuaire holistique, lieu ultime du bien-être où l’on déconnecte grâce à une brume ou à un jet de pluie ? Hansgrohe associé à Womanizer y répondent en lançant la première douche à jets spécifiques conçue pour la masturbation. Enfin, les marques n’hésitent pas à proposer une offre complète, même hors de leurs spécialités, argumentant une plus grande homogénéité de design et une simplification de la prescription. 

  • Le design en Ukraine : Un élan de liberté

    De par sa situation géographique et historique, l’Ukraine est une terre inconnue entre l’Est et l’Ouest. Depuis la révolution de 2014, un élan de liberté et de créations s’est emparé de ce pays, notamment dans le domaine du design, contribuant à l’éclosion d’un style ukrainien. Jeunes architectes et designers s’ouvrent internationalement et revendiquent avec force et énergie leur identité et leur culture à travers leurs projets singuliers, avec une approche durable et écoresponsable. La guerre qui fait rage aujourd’hui n’entame pas leur détermination de création et leur force de propositions. Les designers continuent à produire et à expédier leurs créations, exposent en Europe, comme au salon Maison & Objet en septembre prochain. Anastasiia Biletska et Sana Moreau, fondatrice de la galerie Maïno Design, qui distribue le design ukrainien en Europe, se réjouissent de ces opportunités renouvelées chaque année depuis 2016 : « Ce salon offre un énorme potentiel et nous donne une légitimité. Les conférences, les programmes mettent en avant l’aspect culturel, et les équipes valorisent depuis toujours les jeunes talents. Nos marques et nos designers ont reçu des prix internationaux et collaborent avec des labels du monde entier. Il était temps que les choses bougent et qu’ils soient reconnus. » Cette énergie décuplée depuis la guerre affirme leur résistance. 
  • Penser l’après-guerre ou « comment ouvrir les portes »

    Entretien avec Oleg Drozdov, architecte ukrainien, directeur de l’école d’architecture de Kharkiv et cofondateur de la coalition urbaine Ro3kvit.

    Architecte, urbaniste, artiste et enseignant, Oleg Drozdov a cofondé, au lendemain de l’invasion totale de l’Ukraine, la coalition Ro3kvit qui oeuvre au développement de méthodologies pour la reconstruction du pays, en concertation avec les habitants. Auteur de nombreux projets, dont le théâtre sur Podoli à Kyiv pour lequel il a été nominé au prix Mies van der Rohe, il a également cofondé, en 2017, la première école privée d’architecture à Kharkiv (KhSA), aujourd’hui déplacée à Lviv. Dans cet entretien, il revient sur la manière dont la guerre a conduit à repenser les approches architecturales et urbaines.


  • Postcolonial mais pas décolonisé : les défis de la (après) guerre dans l’approche du patrimoine soviétique en Ukraine

    Historienne de l’architecture et directrice adjointe de l’école d’architecture de Kharkiv (KhSA), Iryna Matsevko s’intéresse particulièrement aux contextes culturels et sociaux de l’architecture, au patrimoine et aux pratiques urbaines comme moteur de la durabilité dans les villes et les communautés. Elle questionne notamment les mémoires contestées et les approches inclusives dans les pratiques patrimoniales. Dans cet entretien, elle analyse la manière dont les approches postcoloniales, puis décoloniales, ont influé sur les politiques patrimoniales depuis 2000 et après l’invasion de février 2022. 
     
  • Quatre opérations de logements sociaux en pierre massive - Carrer de Ses Monges 21, Santa Eugènia

    Maître d’ouvrage :IBAVI 

    Maîtres d’œuvre :Carles Oliver,XimMoyá (IBAVI) 

    Collaborateurs externes : MiquelCanyelles, ErnestBordoy,Edu Yuste (Tragsatec),Aina Pons, LaraFuster, JaimeFeliu 

    BET: BernabeuIngenieros S.L., structure ;Miquel Ramon Oliver, Steve Font (EEI), fluides 

    Économie: MarcoMenéndez 

    Environnement:SocietatOrgànica 

    Entreprise:Obres iConstruccionsTomeuRosselló SL 

    Programme : 6 logements sociaux en location 

    Surface utile:502m2 

    Labels:Label A, consommation énergétique pour le chauffage et la climatisation: 4,8kWh/m2 

    Sources d’énergie et de chaleur :panneaux photovoltaïques et aérothermie 

    Livraison : 2023 

  • Quatre opérations de logements sociaux en pierre massive, Majorque - Carrer Regal 97, Palma

    Maitre d’ouvrage :IBAVI 

    Maîtres d’œuvre :Carles Oliver, Xim Moyá, Antonio Martín, Alfonso Reina, Maria Antònia Garcías (IBAVI) 

    Collaborateursexternes: Miquel Ramon Ribas, Nus, Maria delMar AmengualSans 

    BET :MiguelNevado, structure ;Miquel Ramon Oliver, Steve Font (EEI), fluides

    Économie : Alberto Rubido Piñón, Joaquín TorrebellaNadal 

    Entreprise: FinquesLa TrapaS.L. 

    Programme :5 logements sociaux enlocation 

    Labels:Label A, consommation énergétique pour le chauffage et la climatisation: 22,61kWh/m2 

    Sources d’énergie et de chaleur:panneaux photovoltaïques et aérothermie 

    Livraison:2019

  • Quatre opérations de logements sociaux en pierre massive, Majorque - Calle Salvador Espriu 37 et 39, Palma

    Carrer Salvador Espriu39, Palma 

    Maître d’ouvrage :IBAVI 

    Maîtres d’œuvre :Carles Oliver, Xim Moyá, Antonio Martín, Alfonso Reina (IBAVI) 

    Collaborateursexternes: Miquel Canyelles, Marina Morey 

    BET : MiguelNevado, structure ;MiquelRamon Oliver, Steve Font (EEI), fluides 

    Économie: Marco Menéndez

    Entreprise: Obres i Construccions Tomeu Rosselló SL

    Programme :8 logements sociaux enlocation 

    Surface utile:555m2 

    Labels:Label A, consommation énergétique pour le chauffage et la climatisation: 7,49kWh/m2 

    Sources d’énergie et de chaleur:panneaux photovoltaïques et aérothermie 

    Livraison: 2021

     

    Carrer Salvador Espriu 37, Palma 

    Maîtred’ouvrage :IBAVI 

    Maîtresd’œuvre :Carles Oliver, Antonio Martín, Xim Moyá, Alfonso Reina (IBAVI) 

    Collaborateursexternes: Ernest Bordoy, J. Oriol García, Miquel Ramon, Jaime Feliu, Aina Pons 

    BET :Miguel Nevado, structure ;Tomeu Alzina, fluides 

  • Reconstruire avec les ruines plutôt que sur les ruines

    Comment la combinaison du recyclage des déchets de construction et d’une construction simple peut être une recette pour une reconstruction de l’Ukraine respectueuse du climat.