Dès les premières destructions de mars 2022, la scène architecturale ukrainienne s’est mobilisée à deux échelles temporelles : l’urgence de la mise à l’abri et les projections de reconstruction. Ces deux temporalités ne sont pas nécessairement distinctes mais poreuses, les architectures d’urgence étant bien souvent conçues dans leur perspective de réemploi. Malgré le drame qui se joue, les architectes s’emparent des enjeux pour réinterroger un patrimoine complexe, réinventer principes et méthodes et saisir l’opportunité d’innover en matière environnementale avec des gestions des ressources circulaires, entre traditions constructives ou principes inédits comme le recyclage des ruines. Au-delà de ce que la guerre fait à l'architecture, les pratiques et études déjà en cours en Ukraine, auquel ce dossier est consacré, interrogent nos propres pratiques et devenirs.
Sommaire :
- La guerre au présent
- « It’s the End of the World As We Know It (And I Feel Fine) » par Ievgeniia Gubkina
- Postcolonial mais pas décolonisé : les défis de la (après) guerre dans l’approche du patrimoine soviétique en Ukraine, entretien avec Iryna Matsevko
- L’architecture en temps de guerre : comment l’architecture peut sauver des vies, par Philipp Meuser
- Reconstruire avec les ruines plutôt que sur les ruines, par Philipp Meuser
- Penser l’après-guerre ou « comment ouvrir les portes », entretien avec Oleg Drozdov
- « Il est très important de garder les habitants au cœur. Les logements, la ville leur appartiennent », entretien avec Anne Lacaton
- Le tournant numérique de l’esthétique de guerre, par Anne-Charlotte Depincé
- « Ces images sont de l’artisanat de guerre », entretien avec Émeric Lhuisset