n°309 - juillet 2023

  • Vu et invu des images de guerre

    À l’entrée du siècle, les révolutions techniques de l’image ont profondément troublé les modes d’utilisation de la photographie. Désormais, les limites entre les pratiques privées et publiques, les espaces de l’intime ou du collectif ne sont plus évidentes. Si ce bouleversement a mis en lumière la concurrence entre les professionnels et les amateurs, architectes, photographes et artistes se sont emparés de ces images numériques, libérées de leurs contingences matérielles mais augmentées de leur force informative. En temps de guerre, et grâce à leurs savoirs et savoir-faire de l’image, cet enregistrement de l’information visuelle en données archivables, modifiables et communicables transgresse le risque de disparition en assurant la visibilité des traces des images des expériences des corps, des espaces et de la mémoire. 
  • « Ces images sont de l’artisanat de guerre » Entretien avec Émeric Lhuisset, artiste photographe

    Émeric Lhuisset développe un travail postdocumentaire sur l’image de guerre. Afghanistan, Syrie, Irak et Ukraine, où il mena déjà un premier projet en 2014, sont autant de « théâtres de guerre » où, à travers sa pratique photographique, il remet en jeu nos conceptions du genre héritées des peintres de batailles, de la peinture d’histoire, mais aussi du photoreportage. L’invasion globale en Ukraine et l’observation des images qu’elle génère prolongent sa réflexion sur l’image de guerre en questionnant les rapports troubles des images amateurs à celles des professionnels. En février dernier, le Centre Pompidou, dans le cadre du Festival Hors pistes, lui a consacré un large espace pour y montrer ce nouveau travail. Retour sur sa proposition, « L’Obier rouge ». 
  • « In solidum » : jusqu’à quel point l’architecte doit-il être solidaire ?

    Michel Klein, directeur général adjoint de la MAF, revient sur des condamnations in solidum disproportionnées à l’encontre des architectes mieux assurés que certains de leurs partenaires dans l’acte de construire. La clause d’exclusion des condamnations in solidum permet d’y échapper. Reconnue par des arrêts en Cour de cassation, prendra-t-elle un jour valeur de loi ?
  • « It’s the End of the World As We Know It (And I Feel Fine) »

    Dans ce texte poignant, l’historienne de l’architecture et cofondatrice de l’ONG Urban Forms Center Ievgeniia Gubkina témoigne de la douleur et de l’énergie de ceux qui dansent sur les ruines pour trouver la force de reconstruire. Ses travaux portent sur l’architecture et l’urbanisme du XXe siècle en Ukraine, ainsi que sur une approche pluridisciplinaire des études sur le patrimoine. Elle est l’auteur des ouvrages Slavutych: Architectural Guide (DOM publishers, 2015) et Soviet Modernism. Brutalism. Post-Modernism. Buildings and Structures in Ukraine 1955-1991 (DOM publishers, 2019). Depuis le début de la guerre, elle est chercheuse invitée à l’UCL (London’s Global University).