Copyright : ©Jacopo LAFORGIA

La Biennale internationale darchitecture de Venise, qui a ouvert ses portes en mai dernier, semble faire écho aux questions qui se posent dans les écoles darchitecture française depuis les grèves du début de lannée. Y sont notamment mis en accusation le colonialisme et les matériaux « modernes » – acier et béton –, au bilan carbone peu compatible avec la lutte engagée contre le réchauffement climatique 

 

Mais qui est donc Lesley Lokko, cette architecte ghanéenne vivant en Écosse où elle est surtout connue pour ses romans ? Sans doute la personne adhoc afin de secouer les professionnels qui se retrouvent tous les deux ans sur la lagune pour se mettre au diapason des nouvelles tendances quils intégreront ensuite à leur production. Sa biennale réfléchit, met en cause et parfois porte aux gémonies Et poursuit celle de 2020 dirigée par Hashim Sarkis, larchitecte libanais qui avait déjà poussé les participants à sinterroger sur leur pratique. 

 

CHANGEMENT DE PARADIGME ? 

Les biennales ont toujours accompagné ou contribué à faire émerger les changements de paradigme : ainsi « La présence du passé » de Paolo Portoghesi en 1980 mettait ouvertement en cause la religion du nouveau et les principes du mouvement moderne en libérant les vents du postmodernisme. Tandis que Massimiliano Fuksas en 2000 avec « Moins desthétique, plus déthique » montrait du doigt la coupure Nord/Sud et que Rem Koolhaas en 2014 prônait le retour aux fondamentaux pour stopper les dérives de larchitecture iconique. Mais ces manifestations indiquaient clairement $##$(...) à chaque fois la voie à suivre. La nouveauté ici, c

Pour lire l’article, commandez votre magazine sur notre boutique en ligne