d'a 295

  • Faire vivre le patrimoine. Entretien avec Benoît Melon, directeur de l’École de Chaillot.

    L’entretien et les réhabilitations concernant 28,4 % des travaux d’architectes, la spécialisation en deux ans proposée par l’École de Chaillot dans les domaines patrimoniaux suscite un intérêt croissant chez les architectes. Benoît Melon, son directeur, revient sur la philosophie d’un établissement plus que centenaire fondée par Anatole de Baudot et sur ce qui le distingue d’autres cursus patrimoniaux.

  • Frederick Law Olmsted, Architecte du paysage


    Est-il besoin de présenter la collection « Textes fondamentaux modernes » des Éditions de la Villette, qui porte parfaitement son nom puisqu’elle s’attache à traduire ou rendre à nouveau accessibles des écrits qui permettent de comprendre notre siècle ? Après Le Corbusier, Giedion, Wright ou Hénard, c’est Olmsted (1822-1903) qui est à l’honneur. Honneur bien mérité, tant son œuvre, mais aussi la vingtaine d’écrits de cet ardent polygraphe ici réunis marquent une étape importante dans l’histoire de l’« architecture du paysage », puisque c’est le terme qu’il convient d’employer. L’édition attentive et l’ample introduction de CatherineMaumi, grande spécialiste de la pensée du territoire nord-américain, permettent au lecteur français de mesurer la richesse du parcours de celui qui fut botaniste, agriculteur, homme de lettres, concepteur et aménageur d’espaces extérieurs, de l’échelle du parc à celle du grand paysage – parfois à protéger. Des cahiers iconographiques regroupant de superbes reproductions de documents anciens – dessins et photographies d’espaces naturels – complètent ces précieuses sources textuelles. 


    Frederick Law Olmsted, Architecte du paysage,Éditions de la Villette, 19 x 27 cm, 352 p., 120 illustrations, 37 euros.

  • Gottfried Semper, Écrits sur l’architecture

    Cette anthologie regroupe l’essentiel des écrits de Gottfried Semper. Elle est le fruit d’une collaboration franco-allemande entre Anne-Marie Châtelet et Michael Gnehm. À travers l’œuvre de ce théoricien majeur, l’ouvrage rend compte de la maturation de sa pensée, de ses voyages en Italie au début des années 1830 aux derniers écrits. Ces dernières années, ses écrits suscitent un nouvel engouement notamment en France, objet de plusieurs traductions, comme la publication du philosophe Jacques Soulillou Du style et de l’architecture. Écrits, 1834-1869, paru en 2007. Les questionnements de l’architecte et de son « principe de revêtement », étroitement lié à l’art du textile, alimentent notamment les débats contemporains sur l’expression de l’enveloppe et sa légèreté. Semper est d’ailleurs utilisé comme référence à de nombreuses reprises, notamment par Herzog & de Meuron. L’ouvrage est introduit par une biographie de l’architecte. Il est suivi d’une étude sur la diffusion des idées de Semper sur le territoire français dans une confrontation stimulante avec celles de Viollet-le-Duc. Il offre un aperçu des années de Semper étudiant à Paris, comme sa visite décisive de la Grande Galerie de l’Évolution. Les textes sont présentés chronologiquement, regroupés en cinq parties correspondant à cinq moments déterminants de la vie du théoricien, illustrées par les plans et gravures qui figuraient parmi les publications originales de ses écrits.

     

    Gottfried Semper, Écrits sur l’architecture, sous la direction d’Anne-Marie Châtelet avec une contribution de Michael Gnehm, Éditions In Folio, 15 x 21 cm, 381 p., 35 euros.

  • Guide d’architecture Toulouse

    Les éditions DOM Publishers sont incontournables pour tous les adeptes du tourisme architectural et les fans d’urbex. Après avoir édité des guides pour des destinations du monde entier – sur Rotterdam, la Californie ou le Japon –, ils proposent une version complète pour la ville de Toulouse. L’ouvrage recense pas moins de 140 réalisations, construites au cours des 70 dernières années. Fruit du travail d’un comité d’experts architectes et auteurs, il détaille les projets de manière plus ou moins succincte, en fonction de l’intérêt porté à la qualité de leur architecture. Chaque réalisation est cartographiée et bénéficie d’un QR code qui renvoie le lecteur désorienté sur l’application Google Maps. Ce guide permet d’identifier les architectes des principaux ouvrages toulousains, donne des indications sur le contexte historique de l’édification de la ville et invite à découvrir des perles qui constituent le patrimoine moderne et contemporain de la cité rose-orange. Un passage consacré à la Cité du Mirail et, entre les lignes, les dégâts causés par l’explosion de l’usine AZF sur le bâti en 2001 sont des clés de lecture pour cerner la singularité la cité toulousaine, récemment placée sous le feu des projecteurs grâce à la Toulouse School of Economics de Grafton et Vigneu & Zilio.


    Guide d’architecture Toulouse, Architecture moderne et contemporaine 1950 - 2020, ouvrage collectif,publié par la Maison de l’architecture Occitanie-Pyrénées avec Christof Göbel, DOM Publishers, 13 x 24 cm, 264 p., 42 euros.

  • Habiter autrement, quand l’architecture libère la maison

    Ce livre, qui a le mérite de s’adresser (et c’est rare) autant aux architectes qu’au grand public, n’est pas une compilation de plus sur les maisons. Maryse Quinton (contributrice régulière de d’a) aborde le sujet par les modes d’habiter, ce qui lui permet d’éviter le piège contraignant du choix thématique ou de l’arbitraire du goût. Sa connaissance de la production actuelle lui permet de nous emmener autour du monde pour découvrir les meilleures architectures domestiques contemporaines. La première leçon de ce voyage est l’inventivité et la grande diversité des manières d’habiter, loin des standards bourgeois que nous impose plus que jamais la promotion immobilière. Chacune des 23 maisons bénéficie de suffisamment de pages, avec des plans et des coupes, pour comprendre les projets au-delà de l’effet « lifestyle » auquel ils sont souvent réduits. Le livre parfait à offrir à ceux qui veulent faire construire ou transformer leur maison

    Habiter autrement, quand l’architecture libère la maison, Maryse Quinton, préface d’André Tavares, Éditions de La Martinière, 19 x 25 cm, 240 p., 27 euros.

  • Habiter. Ville et architecture

    Ce n’est parce que ce livre est le manuel idéal de tout apprenti en architecture sur la question du logement qu’il faut réserver sa lecture aux étudiants. La manière qu’a Jacques Lucan de mettre cette histoire de l’habiter en regard des grands débats théoriques du XXe siècle est stimulante de bout en bout. Pour plus de détails, lire l’article de Soline Nivet et l’entretien avec l’auteur dans le n° 293 de d’a, octobre 2021.


    Habiter. Ville et architecture, Jacques Lucan, EPFL Press, 17 x 24 cm, 400 p., 37,50 euros.

  • L'architecture ou l'art de transformer le réel. (3/9) Du côté des grands maîtres

    L’immense renouveau artistique et scientifique de la Renaissance n’aurait pas eu lieu sans les bouleversements économiques et politiques qui se sont produits à la charnière des XIVe et XVe siècles, mettant progressivement un terme au Moyen Âge. Le foyer de cette Renaissance sera l’Italie du Quattrocento. Ce mouvement artistique qui voit la redécouverte des arts pratiqués durant l’Antiquité gréco-romaine impacte puissamment l’architecture et marque la fin de la période gothique, dont le terme a été inventé par Giorgio Vasari pour mieux jeter le discrédit sur cette architecture venue du Nord, en réalité de l’Île-de-France, en l’attribuant aux Goths, alors considérés comme le peuple barbare par excellence. Parallèlement à la peinture et à la sculpture, l’architecture va donc connaître un incroyable renouveau, en Italie d’abord, avant qu’il ne se propage dans toute l’Europe.

  • La Déconstruction de la ville européenne. Euralille 1988-1995

    L’opération Euralille n’est pas encore achevée et pourtant ce moment fondateur d’une nouvelle façon de faire la ville en Europe nous paraît déjà lointain. Voilà bientôt un quart de siècle que cette aventure a commencé et il était temps d’y poser un regard critique rétrospectif. Par l’ampleur du projet et les acteurs de sa mise en œuvre, il aura engendré des polémiques comme nous n’en avons pas connu d’aussi clivantes depuis. C’est d’abord le début d’une grande incompréhension entre Rem Koolhaas et les architectes français qui ne voient dans ses propos qu’un retour aux pires excès du modernisme, mésinterprétant son analyse de la « bigness » et de son prétendu mépris pour le contexte. C’est d’ailleurs à partir des trois figures majeures de cette histoire que Valéry Didelon (par ailleurs contributeur de d’a) a construit son livre : l’architecte, le maire et l’aménageur – Rem Koolhaas, Pierre Mauroy et Jean-Paul Baïetto, soit le concepteur, le stratège et le manager tels qu’ils sont baptisés dans les trois parties de l’ouvrage. Même s’il rend compte des débats qui ont presque au jour le jour accompagné cette opération de 1988 à 1995, l’auteur ne porte aucun jugement sur le projet, constatant cependant que le dessein initial est loin d’avoir été réalisé suivant les vœux de son concepteur. La qualité de l’ouvrage réside moins dans la pourtant passionnante histoire que l’auteur a su rendre claire et vivante que dans sa manière de nous faire comprendre à quel point se jouait alors un tournant majeur de l’urbanisme. Si la pléthorique littérature sur la fabrique de la ville ne se limite plus depuis quelques années à la théorie urbaine mais aborde les facteurs économiques et politiques et la sociologie de ses acteurs, Valéry Didelon rend compte très concrètement et suivant une enquête qui se veut « pragmatiste et historiciste » de leur interdépendance et de leur complémentarité. Dans ce qu’il appelle un « urbanisme sans urbaniste », le personnage de l’aménageur devient prépondérant dans cette nouvelle ingénierie du projet. Il devient la figure centrale d’une stratégie néolibérale de faire la ville dans laquelle l’architecte et l’édile ne sont plus que des acteurs parmi d’autres.

    S’il fallait encore ajouter un intérêt à la lecture de cet ouvrage, il faudrait évoquer l’entretien réalisé par l’auteur avec Rem Koolhaas, le seul des trois acteurs d’Euralille encore vivant, et qui leur rend d’ailleurs hommage, dans lequel l’architecte revient avec une certaine humilité sur ces années de profonde mutation de la construction de l’espace de la ville. 


    La Déconstruction de la ville européenne. Euralille 1988-1995, Valéry Didelon, Éditions de la Villette, 17 x 24 cm, 156 p., 25 euros.

  • La poste à la retraite. Concours pour le réaménagement de l’Hôtel des postes de Metz

    La Poste poursuit sa mutation : elle ferme et reconvertit ses bureaux occupant des positions stratégiques au cœur des villes. Examinons le cas de l’Hôtel des postes de Metz, objet d’un concours récent, sans doute l’un des bâtiments français parmi les plus emblématiques de cette institution…

  • La sélection livres de Noël

    Comme chaque année à l'approche des fêtes, la rédaction de d'architectures vous présente sa sélection de livres à déposer sous le sapin. Découvrez en avant-première le choix d'ouvrages marquants, publiés ces douze derniers mois, dont les chroniques paraîtront dans le prochain numéro de décembre.
  • La Ville mot à mot

    Les actes de colloques sont souvent fastidieux, mais ce n’est pas le cas de ceux-ci ; les dix contributions de ce recueil, complétées d’une introduction de la directrice de l’ouvrage et d’une préface de Philippe Boudon, nous font en effet opportunément réfléchir à « ce que parler veut dire ». La question est particulièrement pertinente lorsqu’il est question des villes, terres de choix pour le marketing territorial, politique ou immobilier – songeons aux « vicissitudes aménagistes du storytelling » évoquées par Éric Chauvier et Laurent Devisme. Les auteurs de ce volume – ils sont architectes, urbanistes et/ou sociologues, historiens, géographe, anthropologue – mettent les outils de leurs disciplines respectives au service d’un regard croisé sur un même objet complexe, la relation parfois problématique entre les mots et les choses de la ville.

    La Ville mot à mot, Isabelle Chesneau (dir.), Éditions Parenthèses, 15 x 23 cm, 213 p., 18 euros.


  • Le Monde sans fin

    Cette bande dessinée est le fruit de la rencontre entre un ingénieur, grand vulgarisateur des questions liées au changement climatique et de l’un des meilleurs auteurs de bande dessinée d’aujourd’hui (Gus, Quai d’Orsay, En cuisine avec Alain Passard). En 196 pages, le duo nous montre toute l’absurdité de la folie consumériste exponentielle des dernières décennies fondées sur le pétrole et le charbon. Brillamment didactique, Jancovici démonte implacablement toute notre addiction aux énergies carbonées. Son point de vue désidéologisé et sans militantisme lui permet notamment des mises en relations étonnantes et explique aussi pourquoi ses propos choquent certains milieux écologistes, comme sa position sur le nucléaire. L’humour du crayon de Christophe Blain fait merveille pour déniaiser le prêchi-prêcha auquel ce type de sujet nous condamne généralement. Le dessinateur est ici le personnage de Candide qui ne cesse de porter la contradiction au personnage de Jancovici sommé d’argumenter devant la suspicion et les angoisses de son partenaire. Rarement un ouvrage avec autant de chiffres et de schémas n’aura été lu avec autant de gourmandise.


    Le Monde sans fin, Jean-Marc Jancovici (scénario) et Christophe Blain (dessin), Éditions Dargaud, 24 x 30 cm, 196 p., 27 euros.

     

  • Les variations de l’identité, Le type en architecture.

    Cette traduction familiarisera les lecteurs francophones avec le travail de l’architecte et théoricien espagnol Carlos Martí Arís (1948-2020). Le titre, volontairement contradictoire, évoque l’interrogation que sous-tend cette recherche : comment définir l’identité d’une œuvre bâtie ? C’est une tâche complexe, car l’architecture est à la fois la somme des éléments pérennes et identifiables dans le temps, tout comme le fruit d’un contexte unique et évolutif. Carlos Martí Arís y parvient en s’emparant d’un outil d’analyse dont il explique longuement la définition et l’usage : le type. Sous-entendu comme synthèse des rapports entre les différentes structures d’un édifice, le type révèle les permanences et les variations d’une architecture. À l’instar de De l’ambiguïté en l’architecture de Robert Venturi, l’iconographie, majoritairement des plans et des coupes, est partie intégrante de l’argumentation. La postface de Fabio Licitra donne la parole aux projets de l’auteur. Elle montre un usage opérationnel du type, notamment en tant que générateur de plans. Ce livre est donc l’occasion parfaite de rendre hommage à l’œuvre écrite et architecturale de Carlos Martí Arís. 

     

    Les variations de l’identité, Le type en architecture, Carlos Martí Arís, Éditions Cosa Mentale, 17 x 24 cm, 272 p., 30 euros.

     

  • Low Factory

    La production de marchandises engendre involontairement des déchets, chutes, préséries, ratés, pièces de calage, marges d’erreur, purges, déclassements, excédents et usures. Face à ce constat, la jeune entreprise française Maximum a décidé de leur offrir une seconde vie. Cette nouvelle ressource sérielle et standardisée, sortie des bennes, se transforme en mobilier singulier. Chaque pièce produite indique son poids en matière réutilisée. La refabrication est réalisée à Ivry-sur-Seine dans leur atelier, un ancien hangar de 1 300 m2 aménagé avec des matériaux de réemploi. Ces surplus industriels offrent une multitude de matériaux transformés, riches d’un savoir-faire, d’une technicité et d’un temps humain, une valeur ajoutée indéniable.

  • L’aventure du Whole Earth Catalog

    Référence de la contre-culture des années 1960, le Whole Earth Catalog restait un objet culte mais dont nous avions du mal à percevoir aujourd’hui l’importance, si ce n’est qu’il annonçait la révolution environnementale actuelle. Rappelons qu’il proposait toutes sortes d’objets – outils de jardinage, de cuisine, éléments de construction ou abris comme les dômes géodésiques de Fuller ou des livres –, tel un atlas de la connaissance permettant de se réapproprier notre rapport au monde sans passer par le complexe industriel et commercial alors déjà considéré comme une menace écologique. Le talent de Caroline Maniaque est de nous faire comprendre que la leçon de cette aventure repose peut-être moins sur le contenu lui-même que sur les circonstances et la manière dont elle a été conçue et développée. Le livre commence par une biographie de son créateur, Stewart Brand, qui aurait eu la vision de ce catalogue lors d’un trip sous LSD. Mais au cliché de hippies velléitaires, l’autrice oppose des acteurs incroyablement engagés et férus de nouvelles technologies dont l’expérience de mise en relation et de participation des lecteurs anticipe de manière évidente la cyberculture et le monde d’internet. Historienne de l’architecture, Caroline Maniaque se penche plus particulièrement sur la rubrique « shelter » que tenait Lloyd Kahn. On y croise Fuller, Baer, Archigram, Gaudí ou Rudofsky, le solaire et l’autoconstruction. Une approche qui privilégie la « réappropriation de la technologie et l’acquisition de connaissances théoriques ou pratiques assez différentes de celles habituellement enseignées par l’architecture ». C’est ainsi moins les solutions proposées qui nous parlent aujourd’hui que leur potentialité de rompre le cycle délétère de la destruction de la planète.


    L’aventure du Whole Earth Catalog, Caroline Maniaque, Éditions Les Productions du Effa, 16 x 24 cm, 144 p., 20 euros.

  • Milieu et architecture. Entretiens avec Augustin Berque, Philippe Madec et Antoine Picon

    Ces trois entretiens indépendants, mais complémentaires, réunissent le géographe Augustin Berque, l’historien des sciences et de l’art Antoine Picon et l’architecte Philippe Madec autour d’une problématique commune : la relation entre l’Homme, l’architecture et le paysage. Le sujet est tout aussi passionnant qu’incommensurable. Du premier traité vitruvien au changement climatique contemporain, Yann Nussaume tente d’embrasser cette vaste étendue tout en laissant ses interlocuteurs exprimer des perspectives singulières. Le spécialiste de la société nippone Augustin Berque nous introduit à la terminologie riche des écrits japonais, particulièrement sensibles aux milieux. Antoine Picon, dans une posture plus académique, recentre l’attention sur la figure de l’architecte. Il retrace l’apparition du concept du milieu dans les traités d’architecture, tout en insistant sur les nuances entre la théorie et la pratique. Enfin, Philippe Madec, en tant que porte-parole de la « frugalité heureuse », questionne la compatibilité entre l’héritage moderne et une conception éthique de l’architecture. 

    Milieu et architecture, entretiens avec Augustin Berque, Philippe Madec et Antoine Picon, Yann Nussaume, Éditions Hermann, 11 x 18 cm, 335 p., 19 euros.

     

  • NRAU : Une question d'équilibre

    Nicolas Reymond a décroché toutes les récompenses convoitées lorsqu’on est jeune architecte et a acquis depuis reconnaissance et notoriété. Paradoxalement, il n’avait livré qu’une seule opération de logements jusqu’à cette année. On peut enfin prendre la mesure de son travail avec la série de livraisons à Paris, Bagnolet, Pantin ou encore à Mérignac… Un ensemble qui permettra d’apprécier la recherche de l’architecte pour diversifier et enrichir les typologies du logement et ses qualités d’usages, mais aussi son habileté à absorber les situations urbaines complexes dans une architecture simple en apparence.

  • Oscar Niemeyer en France. Un exil créatif.

    Ce nouveau Carnet d’architecte, doté comme toujours d’une riche iconographie, brosse le portrait d’Oscar Niemeyer, figure majeure de la modernité du XXe siècle. L’intérêt de ce livre est de se concentrer sur les réalisations de l’architecte en France, sa principale terre d’accueil après un exil contraint lors de la dictature brésilienne. Les projets les plus marquants sont abordés, notamment ceux du siège du Parti communiste français à Paris ou de la Maison de la Culture au Havre. Cette étude dévoile également d’autres réalisations moins connues, comme son projet de tour à La Défense, les villas dans le midi et la scène éphémère que Niemeyer a réalisé pour la fête de l’Humanité.

     

    Oscar Niemeyer en France, Un exil créatif, Vanessa Grossman et Benoît Pouvreau, Éditions du Patrimoine, Centre des monuments nationaux, 16 x 21 cm, 208 p., 25 euros.

     

  • Paris, empreintes secrètes – Quand la forme des rues révèle villages, remparts et châteaux disparus

    Voici un guide qui s’adresse aux passionnés de Paris et aux passionnés d’histoire architecturale et urbaine. Pas moins de 630 documents – cartes, plans, reproductions de tableaux et de gravures, photos d’hier et d’aujourd’hui – invitent à parcourir tous les quartiers d’une ville palimpseste. Au détour d’une rue ou d’un boulevard, un détail révèle l’empreinte d’une enceinte détruite, un ancien temple, un domaine aristocratique ou une usine disparue. Un ouvrage simplifié pour déambuler dans l’espace et le temps, à la recherche de trésors perdus et de quartiers d’autrefois. Fidèles à leur savoir-faire, les Éditions Parigramme complètent cette année leur collection de guides format poche, consacrés à des ensembles de 100 bâtiments appartenant aux mêmes courants architecturaux : les bâtiments de la Belle Époque et ceux de l’entre-deux-guerres.

     

    Paris, empreintes secrètes – Quand la forme des rues révèle villages, remparts et châteaux disparusMichel Huard, Éditions Parigramme, 16 x 24 cm, 200 p., 19,90 euros.

     

  • Profession architecte : quelle place pour les femmes ? Entretien avec Aurélie Cousi

    Ces dernières semaines, le Palmarès des Ajap 2020 a suscité la polémique, notamment sur les réseaux sociaux. Malgré un jury majoritairement féminin, seules 2 femmes sur 27 architectes ont été désignées lauréates, soit 7,4%. Dans le prochain numéro de d’a (à paraitre ce 20 décembre), nous poursuivons la réflexion sur le sujet de la représentation des femmes dans la profession d’architecte. L’occasion d’interviewer Aurélie Cousi, présidente du jury, directrice, adjointe au directeur général des patrimoines et de l’architecture, chargée de l’architecture au Ministère de la Culture. Nous avons évoqué avec elle cette controverse mais également des pistes de réflexion pour faire évoluer ce prix qui atteste que le chemin vers l’égalité femmes/hommes est encore long. En attendant la sortie du numéro, nous publions ici l’intégralité de cet échange.