Le musée antidote
Le régime communiste roumain s'était doté d'un musée consacré à sa propagande, en lieu et place du Musée national créé en 1906. À la révolution de 1989, les collections en ont été retrouvées pour y rouvrir un musée dédié au paysan roumain. À cet enjeu, éminemment politique, a répondu une création éminemment singulière, mise en œuvre et en scène par des artistes et des ethnologues. Ce « musée barricade » apporte de l'air et de l'espace aux mondes de l'art. Il tranche avec les musées où l'on doit « tout supporter : la rumeur qui entoure les objets au nom d'une pédagogie souvent populiste, les excès imposés par les lois de la conservation, la dérive de l'institution vers des procédés médiatiques, et l'indifférence avec laquelle on est traité », comme le dénonçait Irina Nicolau. C'est un autre artiste, Florian Fouché, qui le présente et l'analyse ici alors qu'il vient de lui consacrer un ensemble d'objets photographiques.