Philharmonie de Paris - Le bal des menteurs
Lorsque nous avons rencontré Laurent Bayle dans son bureau de la Cité de la musique dessiné par Christian de Portzamparc, il sembla étonné – pour ne pas dire agacé – que d'a lui pose davantage de questions sur le financement de l'opération que sur son ambition architecturale. On le comprend. Depuis le lancement de ce chantier de prestige, journaux et télévisions, au lieu de se réjouir d'accueillir à Paris la salle qui lui fait défaut, préfèrent dénoncer les dérives budgétaires auxquelles la mégalomanie de ses créateurs aurait conduit. En France, on a eu le Concorde et le Rafale, un jour peut-être l'EPR, alors pourquoi pas la meilleure salle philharmonique du monde ? Avec Jean Nouvel, seul architecte français capable de terminer un chantier en doublant – au minimum – le budget initial, l'affaire paraît entendue : avec lui, on peut lancer un projet en sous-estimant l'enveloppe de départ pour n'effrayer personne. Son prestige, ses réseaux et son énergie sauront tirer le projet jusqu'à son achèvement et tant pis si l'entreprise aligne les avenants en fin de chantier.