L'exposition « Architecture without content » montée cet automne au Pavillon de l'Arsenal présente les travaux élaborés à l'Académie d'architecture de Mendrisio sous la direction de Kersten Geers (agence OFFICE, avec David Van Severen), assisté de Andrea Zanderigo et Carola Daldoss. Exposés conjointement à ceux de l'École spéciale*, ces projets s'en distinguent par la puissance de leur expression, qu'ils semblent puiser dans l'héritage refoulé du premier âge de la postmodernité. Loin d'être rétrograde, cette pédagogie alternative enjoint les étudiants à abandonner les logiciels de modélisation au profit du dessin d'architecture afin de s'affranchir du carcan de l'imagerie contemporaine.

Kersten Geers a proposé à ses étudiants d'imaginer des bâtiments à l'échelle de la métropole parisienne – comme le furent en leur temps Beaubourg, le Palacio d'Abraxas ou la BNF –, mais qui ne seraient ni des logements, ni des équipements publics ou culturels : plutôt ces « machineries » de la vie contemporaine que sont les data centers ou les plateformes logistiques. Refoulés de plus en plus loin, ces programmes ne font appel à aucun art particulier du plan et se résument habituellement en une enveloppe sommairement conçue autour d'un plan neutre. Le postulat pour ce studio consistait à faire de ces Big Boxes les futurs monuments du Grand Paris, sans chercher pour autant à les rendre plus attractives. Pas question d'hybrider ces programmes avec d'autres activités humaines : ces hangars XXL devaient tirer leur force de leur simple présence.