La treizième Biennale d'architecture de Venise se tient jusqu'à fin novembre. Placée sous l'autorité de l'architecte David Chipperfield, l'exposition principale présentée dans l'Arsenale et les Giardini sous le titre « Common Ground » est remarquable – en bien comme en mal – par son manque général d'éclat. La plupart des pavillons nationaux sont eux aussi cette année en demi-teinte. Il faut peut-être y voir l'expression d'une crise qui pourtant, presque nulle part, ne dit son nom…
Si l'on en croit David Chipperfield, l'architecture ne devrait pas s'apprécier à l'aune du spectacle singulier qu'elle propose parfois, mais comme la manifestation d'un certain nombre de valeurs partagées et comme le cadre de la vie quotidienne. Voilà pourquoi l'architecte anglais s'intéresse à ce que les maîtres d'œuvre peuvent avoir en commun et à ce qu'ils peuvent échanger avec le public. Se faisant, il a placé la treizième Biennale d'architecture de Venise sous les auspices de la continuité, du contexte et de la mémoire. Cette rhétorique marque indubitablement un retour à l'histoire et à la culture architecturale, et s'inscrit dans la veine postmoderniste dont, rappelons-le, la Biennale fut le berceau dès 1980.
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