n°318 - juillet/aout 2024

  • Appartenir à son temps - Jean-François Madec

    Installé et engagé sur ses terres natales, Jean-François Madec œuvre essentiellement en Bretagne, et plus précisément dans le Finistère, tenant à distance toute posture régionaliste. Située et ancrée, l’architecture qu’il défend est nourrie par l’attention précise portée aux milieux dans lesquels il construit et par la culture constructive qui caractérise sa pratique.

  • Collectif Zerm : Le confort thermique hors DPE

    En ce printemps pluvieux, l’atmosphère dans le monastère des Clarisses est crue. Exhalant leur froide humidité, les épaisses murailles en briques de cette sévère bâtisse néogothique du quartier de l’Épeule à Roubaix abritent depuis quatre ans l’industrieuse activité du collectif Zerm, qui a fait de ces lieux un terrain d’expérimentation tous azimuts et en vraie grandeur de nouvelles manières d’habiter à l’heure du changement climatique.

  • C’est pas Versailles, ici !

    Le confort thermique moderne dans lequel nous baignons au quotidien entre 20 et 22 °C n’est peut-être pas tant une nécessité physiologique qu’une construction culturelle. Il repose sur l’hypothèse que notre bien-être est satisfait lorsque nous n’avons ni chaud ni froid. Cette norme de la neutralité sensorielle née avec l’abondance énergétique du XXe siècle gouverne encore la conception de nos bâtiments, malgré la crise climatique.

  • Dialectique du confort

    « La production des idées, des représentations et de la conscience est d’abord directement et intimement mêlée à l’activité matérielle et au commerce matériel des hommes, elle est le langage de la vie réelle. Les représentations, la pensée, le commerce intellectuel des hommes apparaissent ici encore comme l’émanation directe de leur comportement matériel1. » Marx et Engels

  • Éloge de l’hybridation - Cuvier, chai, halle de vendange et halle technique pour le Château Cantenac Brown (33)

    [ Maîtrise d’œuvre : atelier Philippe Madec & Associés, architectes ; Stéphane Faure, économiste ; Ingérop Bordeaux, ingénieurs ; Le Sommer Environnement ; Amàco accompagnement mise au point construction terre ; C&E architecture et ingénierie (Jean-Marc Weill), structure

    Maîtrise d’ouvrage : SCEA Château Cantenac Brown

    Entreprises : Spie Batignolles, gros œuvre ; Murari pisé ; SFBTP, briques de terre crue ; Intersections ingénierie BET EXE, BTC et pisé ; Gessey, pierre ; Juste-Degas Environnement Bois Charpente métallique et bois ; Calder Ingénierie, BET EXE charpente

    Programme : réhabilitation de l’ancien complexe hôtelier existant en un bâtiment vinicole comprenant les nouveaux chai et cuvier du domaine.

    Bureau de contrôle : Alpes Contrôles Bordeaux

    Surface : 5 236 m2 (surface de restructuration), 9 191 m2 (château + chai)

    Coût : 19,3 millions d’euros HT

    Calendrier : projet, 2020-2021 ; livraison, janvier 2024 ]


  • La Belgique n’est pas frileuse : SlowHeat, un programme de recherche pour chauffer mieux les corps et moins les espaces

    SlowHeat1 est un programme de recherche-action qui s’est déroulé à Bruxelles entre 2020 et 2023. Son objectif était de démontrer qu’il est possible de passer l’hiver en chauffant nos corps plutôt que nos espaces. Soulignant l’absurdité de maintenir à une température constante et élevée les centaines de mètres cubes d’air d’un appartement pour réchauffer nos 50 à 90 kg de chair et d’os, l’expérimentation entendait faire la preuve que le confort est une construction sociale et culturelle susceptible d’être transformée au bénéfice d’une plus grande sobriété énergétique.

  • La salle de bains serait-elle notre nouveau sanctuaire durable ?

    Le dixième Salone del Bagno s’est déroulé à Milan en avril dernier autour du thème Materia Natura (matière naturelle, ndlr). Ce salon révèle à chaque édition les tendances en matière d’aménagement de salle de bains. La notion de durabilité est désormais un enjeu incontournable pour les marques d’équipements sanitaires à toutes les étapes de fabrication, depuis l’approvisionnement des matières premières, pendant la production et jusqu’à la dépose, à l’image cette toute première vasque de fabrication 100 % circulaire chez Vitra.Dans la continuité du dernier Salon ISH de Francfort-sur-le-Main (voird’a n° 309, juillet-août 2023),

  • Le chaud, le froid : lettre de Kyoto

    En février 2021, lorsque la population mondiale sortait tout juste de la crise de la Covid-19, mon école m’annonçait que ma candidature avait été retenue pour étudier un an au Japon, à Kyoto. Alors que mon départ était prévu pour la fin de l’été, le gouvernement japonais n’avait toujours pas accepté l’entrée d’étrangers dans le pays et je faisais partie de la première vague à arriver sur le sol nippon, trois ans après la fermeture des frontières. J’allais découvrir un confort thermique au plus près des éléments climatiques, désormais menacé par la généralisation des climatiseurs.

  • Le texte et la trame - Cité des imaginaires, grand musée Jules-Verne : dialogue compétitif organisé par la métropole de Nantes

    Un dialogue compétitif qui attire l’attention par la cohérence entre son site, son programme et le choix des équipes internationales en lice, toutes porteuses d’imaginaires très féconds.
  • Les Harari : anatomie d’une famille « archi-stique »

    Quel rapport entre Heinrich Tessenow, L’Aimant et Anatomie d’une chute ? Réponse dans la pratique transversale du dessin de la famille Harari.
  • Les leçons de la compression - Maison de santé pluridisciplinaire, Charleval (13)

    [ Maîtrise d’ouvrage : Mairie de Charleval-en-Provence (Yves Wigt, maire ; Christine Wigt, Philippe Piras, adjoints)

    Programme et assistant à maîtrise d’ouvrage : AsCoRéal, avec Loïc Bouvier chargé d’opération

    Maîtrise d’œuvre : Atelier Combas, architectes mandataires ; Margaux Prouvé et Louise Tailhandier chefs de projet ; Filiater, BET structure et thermique ; Edifys, OPC ; Apave, contrôleur technique

    Entreprises : KP2, gros œuvre ; 3L, charpente ; Atelier Vernucci, menuiseries extérieures ; Société provençale de peinture, aménagement intérieur ; Cogelec, CFO/CFA ; Ithaque, peinture-enduits-terre

    Surface utile : 725 m2 ; surface extérieure : 1 500 m2

    Coût : 1,935 million d’euros HT

    Calendrier : concours, 2019 ; début des travaux, mars 2022 ; livraison, février 2024 ]


  • Nicolas Floc’h : Paysages liquides

    Si les terres fermes ont été presque entièrement explorées et représentées, ce n’est pas le cas des océans dont seulement 5 % sont aujourd’hui cartographiés, alors qu’ils représentent 71 % de la surface du globe. C’est en tant qu’artiste queNicolas Floc’hs’empare de cette immensité pour en faire le sujet principal de son œuvre.Ses images, en rupture avec l’iconographie courante du monde sous-marin, sont aussi édifiantes sur le plan documentaire qu’efficientes sur le plan esthétique.

  • Nous avons tout à apprendre de la campagne ! - Rencontre avec Simon Teyssou, Arthur Bel et Jean-Philippe Vassal

    À l’occasion de la diffusion du film Architectes de campagne* réalisé par Karine Dana, la Galerie d’Architecture a organisé le 17 avril dernier une rencontre inédite entre Simon Teyssou, Arthur Bel (architecte associé de l’Atelier du Rouget) et Jean-Philippe Vassal. Pour leur première entrevue et le finissage de l’exposition dédiée à la démarche de l’Atelier cantalien, les architectes ont échangé sur l’urgence de regarder le territoire avec proximité et attention aux situations présentes, et de travailler avec les habitants suivant une stratégie de transformation. 

  • N’attrapons plus froid : en finir avec l’une des plus anciennes croyances

    Entretien avec Maël Lemoine, philosophe des sciences médicales à l’université de Bordeaux

    Dans les discours sur « l’écologie punitive », la menace de « faire attraper la mort » à nos enfants parce qu’ils « auraient pris froid » est l’une des croyances les plus fausses, les mieux partagées et contre laquelle les arguments scientifiques avérés ne semblent avoir que très peu de prise. Nous avons interrogé Maël Lemoine, professeur de philosophie des sciences médicales et auteur d’une Petite philosophie du rhume1, pour comprendre d’où venait cette conviction populaire dont les effets peuvent même se révéler délétères pour la santé. Puisqu’il nous faut apprendre à ne plus surchauffer, autant le faire en sachant que c’est bon pour la santé !

  • Quel avenir pour les concours d’architecture publique ? 1/5

    Structure des procédures, profil des équipes à monter, références à afficher, éléments de rendus…, les concours publics connaissent depuis quelques années des évolutions notoires. Quelles sont les conséquences pour les architectes ? Déterminent-elles une architecture différente ? En quatre chroniques à venir, construites autour d’entretiens croisés avec des architectes praticiens de différentes générations et une séquence finale avec Christian Romon, secrétaire général de la MIQCP (Mission interministérielle pour la qualité des constructions publiques),nous allons passer au crible les motifs et les effets de ces mutations.

  • Sanctuaire - Musée du Débarquement, Arromanches-les-Bains (14)

    [ Maître d’ouvrage :commune d’Arromanches-les-Bains

    Maîtres d’œuvre :Projectiles (Daniel Mészáros, Reza Azard et Hervé Bouttet associés) et Lucie Leblanc, Colas Saint Martin (chefs de projet)

    Paysagiste :Emma Blanc

    BET :TPFi (TCE), BMF Conseil (économie), Altia (acoustique), Abraxas (éclairage), WA75 (signalétique)

    Surface (SHON) :2 200 m2

    Coût :8,5 millions d’euros HT

    Calendrier : concours, juillet 2019 ; première phase, avril 2021-mars 2023 ; deuxième phase : avril 2023-février 2024 ]


  • Terraformae, un laboratoire dédié à l’argile

    À l’occasion du Fuorisalone, l’exposition Alcova présentait à quelques kilomètres de Milan, dans l’impressionnante villa Bagatti Valsecchi datant du XIXe siècle, un nouveau centre de recherche expérimentale sur la terre cuite appelé « Terraformae ». Initiée par Alberto De Checchi, membre de la famille fondatrice de labriqueterie italienne historique Fornace S.Anselmo, Terraformaeexplore dans une approche « laboratoire » le potentiel de l’argile. Fort de son expertise en brique apparente, ce laboratoire permet d’approfondir les recherches sur ce matériau difficile à travailler tant de légères modifications de paramètres de production comme la température des fours ou un ingrédient dans la pâte suffisent pour obtenir des résultats différents.

  • Un autre confort thermique est-il possible?

    En 1937, George Orwell redoutait de manière prémonitoire que des « bienfaits » technologiques ne finissent par fabriquer « un confort douillet […] à l’usage de petits hommes grassouillets1 ». Nous y sommes et risquons d’en crever. Pourtant, d’autres formes de bien-être thermique sont possibles, qui soulageraient beaucoup la construction de nos édifices contemporains. À la lecture des récents retours d’expériences, il semble en effet bien imprudent de concentrer nos efforts sur la seule performance matérielle des bâtiments pour diminuer notre empreinte écologique, sans remettre aussi en question nos modes de vie.