Structure des procédures, profil des équipes à monter, références à afficher, éléments de rendus…, les concours publics connaissent depuis quelques années des évolutions notoires. Quelles sont les conséquences pour les architectes ? Déterminent-elles une architecture différente ? En quatre chroniques à venir, construites autour d’entretiens croisés avec des architectes praticiens de différentes générations et une séquence finale avec Christian Romon, secrétaire général de la MIQCP (Mission interministérielle pour la qualité des constructions publiques), nous allons passer au crible les motifs et les effets de ces mutations.

D’a : Vous participez depuis longtemps à des concours publics d’architecture. Comment avez-vous vu évoluer les appels d’offres et les prestations demandées ?

Corinne Vezzoni (agence créée en 2000, architecte-conseil de la ville de Lyon pour la mission Gerland et architecte-conseil de l’État) : « Je fais partie de ces architectes qui ont bâti leur carrière sur les concours publics. Je participe aussi à de nombreux jurys et j’assiste à la multiplication des procédures de marchés négociés. Les communes veulent des projets clés en main même si cela s’avère plus coûteux aux termes du contrat si l’on compte le montant des loyers qu’elles acquittent. »

 

Marc Barani (agence créée en 1989, Grand Prix national de l’architecture, ancien architecte consultant de la MIQCP) : « J’appartiens à la génération qui a bénéficié de la politique des concours publics des années 1990 et j’ai été consultant de la MIQCP. Même si cette période peut être critiquée, les critères de sélection étaient plus ouverts avec une mixité recherchée dans le choix des équipes ; par exemple, deux architectes à l’écriture architecturale maîtrisée, deux ayant plus spécifiquement des références sur le type de programme concerné et une jeune équipe qui pouvait ainsi se constituer des références. Les trois critères importants étaient donc pour les maîtres d’ouvrage : connaître le programme, apporter un regard nouveau et inviter des jeunes.

Certains jurys privilégiant certaines doctrines architecturales, il était toujours plus clair d’avoir des directives en ce sens. Cela faisait l’objet de débats parfois vifs mais on parlait d’architecture et non pas de grille d’analyse. Les résultats n’étaient pas toujours à la hauteur mais rendre le débat possible restait essentiel.

Aujourd’hui, les critères de sélection multiples et hyper précis fixés par les (...)

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