[ Maître d’ouvrage : commune d’Arromanches-les-Bains

Maîtres d’œuvre : Projectiles (Daniel Mészáros, Reza Azard et Hervé Bouttet associés) et Lucie Leblanc, Colas Saint Martin (chefs de projet)

Paysagiste : Emma Blanc

BET : TPFi (TCE), BMF Conseil (économie), Altia (acoustique), Abraxas (éclairage), WA75 (signalétique)

Surface (SHON) : 2 200 m2

Coût : 8,5 millions d’euros HT

Calendrier : concours, juillet 2019 ; première phase, avril 2021-mars 2023 ; deuxième phase : avril 2023-février 2024 ]


À l’emplacement d’un parking et d’un bâtiment sans qualité qui abritait des maquettes et des souvenirs de la construction du port artificiel d’Arromanches-les-Bains se dresse aujourd’hui, comme un temple, le nouveau musée du Débarquement. Il permet aux visiteurs de voir d’un autre œil les énormes blocs de béton qui émergent à marée basse, derniers témoins muets de cette épopée…

Arromanches-les-Bains est sans doute un des lieux les plus émouvants du Débarquement de juin 1944. C’est dans cette baie formant une cale naturelle descendant en pente douce vers l’eau que les Alliés ont assemblé en une semaine un port préfabriqué et provisoire mais immédiatement opérationnel pour acheminer la logistique nécessaire à l’avancée des troupes engagées dans la bataille de Normandie. D’énormes caissons flottants en béton de plus de 6 000 tonnes ont été remorqués dès le 7 juin depuis les côtes anglaises vers la plage. Là, leurs vannes ont été ouvertes pour qu’ils coulent et touchent le fond marin de manière à créer une digue brise-lame, une opération accomplie sous un brouillard artificiel trompant la vigilance de l’ennemi. Dans cette zone protégée formant un demi-cercle d’environ 2,5 kilomètres de diamètre ont ensuite été arrimés des pontons, coulissant sur leurs pilotis pour répondre au va-et-vient des marées, qui permettaient aux navires d’accoster et de débarquer leur cargaison. Tanks, jeeps, camions, canons rejoignaient ensuite la terre ferme au moyen de ponts fixés sur des flotteurs.

Ce qui frappe d’emblée encore aujourd’hui dans ce paysage ruiné, ce sont ses dimensions… Tout est grand ! La largeur du port, les flotteurs recouverts d’algues et de coquillages échoués sur la plage, les caissons dont les (...)

Pour lire l’article, commandez votre magazine sur notre boutique en ligne