C’est
dans le quartier du Bas-Chantenay face à la pointe aval de l’île de Nantes dans
le bâtiment des anciens Grands Moulins construit à la fin du XIXe siècle
que viendra s’immiscer le futur musée Jules-Verne. Là où, sous le dénivelé d’un
coteau verdoyant, s’étend face à la Loire un vaste plateau industriel en
déshérence… Un paysage de cales descendant en pente douce dans l’eau et de quais
en bois s’avançant effrontément dans le lit du fleuve. Un ensemble ponctué de
silos, de grandes nefs – notamment celle de la centrale électrique
transformée en fonderie – et de machineries monumentales, telle la célèbre
Grue noire dont la silhouette se dresse toujours sur le site de l’ancien
chantier naval Dubigeon… Des emprises qui se succèdent le long du fleuve tout
en étant desservies à l’arrière par des voies ferrées et routières glissées
devant la falaise.
Un
site qui se pose comme un conservatoire de l’imaginaire de la révolution
industrielle, gardant en mémoire
le mouvement des trains et des bateaux, le rugissement des machines à vapeur ou le bruit permanent
des ateliers et des usines… Un contexte idéal pour évoquer l’écrivain nantais
du XIXe siècle, chantre de la pensée technique, des bienfaits
du progrès, de la mobilité ainsi que de la colonisation du monde par l’Occident.
Variations architecturales
Mais revenons sur ces anciens moulins qui datent de 1895. Ils ont été bâtis selon le procédé de construction en béton breveté par François Hennebique et intitulé « Combinaison particulière du métal et du ciment en vue de la création de poutraisons très légères et de haute résistance ». Un jeu de construction grandeur nature dont les éléments – poteaux, poutres, dalles… – exprimaient clairement leurs (...)