n°315 - avril 2024

  • Des espaces partagés à tous les étages au Bled à Lausanne (Suisse)

    Dans l’écoquartier des Plaines-du-Loup à Lausanne, l’agence suisse TRIBU architecture vient d’achever une opération très ambitieuse en matière d’espaces partagés. Le Bled encourage la vie collective au sein des 77 logements mais s’ouvre également sur son quartier en mutualisant une partie des usages que permet le bâtiment.


  • La mutualisation comme palliatif à la ville dense dans la ZAC Clichy-Batignolles à Paris (17e )

    Dans le quartier de Clichy-Batignolles à Paris, ITAR (Ingrid Taillandier Architectures) et Fresh Architectures ont livré un bâtiment de 121 logements. L’occasion d’interroger un thème soulevé par de nombreuses ZAC – habiter la ville dense – et d’y répondre par l’adjonction d’espaces mutualisés à l’échelle du bâtiment.

  • Stratégie de soustraction à Sant Boi de Llobregat (Espagne)

    En périphérie de Barcelone, les agences estudio Herreros et MIM-A déjouent la banalité d’une commande au budget frugal pour créer les conditions de la vie collective. Sans usage imposé, ni injonction à « vivre ensemble », les coursives et les terrasses partagées offrent aux 79 logements l’opportunité de multiples interactions quotidiennes.

  • Une salle partagée sur le toit à Nantes

    Sur l’île de Nantes, les agences nantaises Block et Guinée*Potin ont réalisé un programme mixte, augmenté d’un espace partagé auquel ils ont réservé le meilleur emplacement. Au sommet du bâtiment, cette grande loggia permet aux habitants de pousser les murs de leurs logements.

  • Abelardo Morell - Écrire avec la lumière

    En 2001, le peintre anglais David Hockney publiait un ouvrage consacré à l’usage des appareils optiques dans l’histoire de la peinture. Il mettait alors en évidence le rôle joué par la camera obscura chez de nombreux peintres, comme Vermeer, Canaletto et bien d’autres. Associant image « naturelle » et image « artificielle », le photographe et peintre Abelardo Morell renoue avec cette histoire et réactive un phénomène merveilleux mais relégué, en le fixant dans des prises de vue oniriques. Une relation d’osmose surnaturelle s’établit entre l’intimité de la chambre et le paysage extérieur.

  • Bibliothèque, Laethem-Saint-Martin, Belgique

    Maître d’ouvrage : Municipalité de Laethem-Saint-Martin

    Maîtres d’œuvre :Office Kersten Geers David Van Severen ; artiste :Richard Venlet ; paysagiste :Landinzicht 

    BET :Util (structure), HP engineers (fluides)

    Surface :865 m2

    Calendrier : début des études, 2017 ; livraison : 2023 


  • Corbu, Gromort et l’Art et essai

    Une chronique de la série "Malentendus sur l'architecture et abus de langage de ses disciples" par Lorenzo Diez

    Récemment je demandais à des étudiants, après une session de soutenance de diplôme, pourquoi aucun n’avait utilisé le mot « architecture » lors de sa présentation de fin d’étude. La majorité m’indiquait que cela leur paraissait prétentieux à l’endroit de leur travail, notamment vis-à-vis de leurs enseignants. Instinctivement, il m’a semblé tenir ici un malentendu fructueux pour cette troisième chronique.

  • La difficile mise en œuvre des espaces partagés

    Demeurés longtemps l’apanage de l’habitat participatif et coopératif, les espaces partagés se multiplient dans les programmes de logements neufs, les réhabilitations et les transformations, qu’il s’agisse d’opérations de promotion privée ou portées par des bailleurs sociaux. Les surfaces des logements étant encadrées en France et plutôt exiguës, reporter le manque de mètres carrés privatifs sur le collectif tout en luttant contre l’isolement social qui pèse sur nombre de Français peut paraître séduisant. Pourtant, il ne suffit pas de décréter qu’un espace est partagé et mis au service de tous pour qu’il le soit. C’est même le contraire. Les planètes doivent être particulièrement alignées pour qu’il prenne corps. Les exemples qui se sont soldés par un échec (fermeture) ou des utilisations plus que sporadiques sont légion. Mais la demande ne faiblit pas envers ces lieux destinés à renforcer les liens de voisinage distendus quand chaque foyer est réduit à un numéro d’appartement. Face au jargon marketing du « vivre-ensemble », difficile de démêler les belles intentions de la réalité et encore moins de généraliser. Chaque situation est unique, même si des leviers et des freins reviennent avec une récurrence qui laisse entrevoir leur fragilité. Donnons-leur au moins une chance à l’heure où la propension au repli sur soi n’a jamais été aussi forte.

  • Logements collectifs - Espaces partagés, espaces fragiles

    Autrefois à la marge, les espaces partagés se multiplient dans les opérations de logement collectif, qu’elles soient portées par des promoteurs privés ou des bailleurs sociaux. Parce que les surfaces habitables sont le plus souvent réduites, ces mètres carrés supplémentaires offrent aux habitants la possibilité de faire en dehors de leur logement ce que celui-ci ne peut accepter. Ce sont aussi de réelles opportunités de rencontres et d’échanges. Il n’existe aucune recette toute faite, la mise en œuvre de ces espaces partagés ne va pas de soi. Elle requiert motivation, engagement, concertation, accompagnement et gestion, sans quoi leur survie est menacée. La crise immobilière s’est invitée dans l’équation, rendant plus difficile aujourd’hui le financement de ces mètres carrés qui ne génèrent pas de loyer. La détermination des architectes comme celle des maîtres d’ouvrage se devra d’être encore plus forte pour qu’ils perdurent dans les programmes. Les réalisations présentées dans ce dossier témoignent d’appropriations réussies, d’histoires en devenir à travers une diversité d’usages et de contextes. Christian Moley, Sophie Delhay, Plan Común et Rabia Enckell partagent leurs points de vue, dressant un état des lieux réaliste – parfois optimiste – sur ces lieux pensés pour favoriser le « vivre-ensemble ».

  • MARS architectes - En même temps

    Depuis 2022, comme dans le film de Tim Burton Mars attacks !, l’agence Mars fondée par Julien Broussard, Raphaël renard et Sylvain Rety en 2012 livre des offensives sur tous les fronts : celui du logement, de l’équipement et de la réhabilitation… Penchons-nous sur la production de cette équipe d’architectes formés et entraînés pour répondre aux sollicitations les plus diverses.
  • Megalopolis, rêve de ville

    L’utopie urbaine, trace matérielle ou mirage de lanterne magique ? Réponse avec Jean-Paul Jungmann et Francis Ford Coppola, édificateurs de cités fantasmées, à travers deux véhicules de la contestation des années 1970 : la bande dessinée et le Nouvel Hollywood.

  • Patrimoine émotionnel - Entretien avec Eva Prats et Ricardo Flores, Flores i Prats arquitectes

    Une panoplie impressionnante de dessins, de maquettes et d’objets collectionnés au fil des années peuple l’atelier– un ancien appartement donnant sur le noyau gothique de Barcelone – de Flores i Prats. En conversation avec Natalia Petkova, les associés (Ricardo Flores et Eva Prats) retracent les origines de leur intérêt précurseur pour la réhabilitation des édifices et des sites délaissés, les conditions de recherche au sein de leur pratique et la manière dont ils les ont présentés à l’occasion de la dernière Biennale d’architecture de Venise.

     

  • Quatre écrins pour une relique - Concours pour la rénovation et l’extension du musée de la Tapisserie de Bayeux

    Comment présenter dans les meilleures conditions possibles une bande de lin brodée datant du XIe siècle, longue de 70 mètres et large de 50 centimètres ? Telle est la question sur laquelle ont planché les quatre équipes d’architectes retenues pour imaginer un nouvel espace d’exposition à la mesure de cette œuvre atypique, à la fois monumentale et fragile.

  • Quoi de neuf en menuiserie intérieure ? Portes, plinthes, stores, claustras, panneaux sculptés, boîtes aux lettres…

    Les portes affleurantes avec des huisseries sans champlats ont le vent en poupe. Il est loin le temps des années 2000 où la marque Linvisibile captait l’essentiel du marché de la porte furtive avec des solutions élégantes mais onéreuses. De nombreux fabricants ont désormais le pied à l’étrier. Leur offre s’accompagne souvent de plinthes encastrées. Des paumelles invisibles aux boîtes aux lettres, en passant par les stores et les panneaux décoratifs, tour d’horizon des nouveautés en menuiserie intérieure, sans occulter une tendance irréversible : faire du neuf avec du vieux.

  • Tribunal de grande instance, Aix-en-Provence

    Maître d’ouvrage : Agence publique pour l’immobilier de la justice (APIJ) – 

    Maîtres d’œuvre :Atelier Marc Barani ;Laurent Sevali-Garcia, directeur de projet ; équipe conception :Céline Medina, avec Marion Helft et Camille Crepin ; WSP France (BET tout corps d’état) ; Franck Boutté (BET HQE) ; Mazet & Associés (économiste) ; Jean-Paul Lamoureux (acousticien) ; QUADRIM (exploitation-maintenance) ; Atelier ter Bekke & Behage (signalétique) ; Cécile Barani (designer) 

     Programme :accueil, salle des pas perdus, salles d’audience, salles d’attente gardées, espaces d’attente du public, bureaux, parking de 75 places 

    Surface : environ 9 700 m2 

    Calendrier : concours, février 2012 ; études, juillet 2012-juin 2018 (interruption de 2014 à 2017) ; chantier, septembre 2018-2023 ; livraison, 2023 

  • Une quête d’essentiel - Guillaume Bloget à la Cité du design de Saint-Étienne

    Dans le cadre du nouveau cycle d’expositions « Présent<>Futur » de la Cité du design de Saint-Étienne, Guillaume Bloget est le deuxième invité à présenter sa première exposition monographique, intitulée « Être là ». Le designer a eu carte blanche pour mettre en scène son travail, au cœur des 200 m2 du bâtiment La Platine. Diplômé de l’ENSCI-Les Ateliers, le jeune designer a travaillé auprès des architectes Dominique Perrault et Jacques Ferrier avant de fonder son propre studio parisien en 2018. Son approche sensible du réel repose sur l’observation du « milieu » (les modes de vie et les transformations des technologies). Selon lui, il s’agit de « garder une proximité sensible au réel, grâce aux formes, parce qu’elles nous relient à ce qu’il y a d’invisible dans le monde, dans le temps passé et actuel ». Au fil des projets, il dessine aussi bien des objets du quotidien que des prototypes de microarchitectures, affirmant que « les objets sont des petites architectures et les architectures de grands objets ». À la recherche de la solution optimale, incarnée par la simplicité formelle, l’économie de matière et le potentiel d’usage, le travail de Guillaume Bloget témoigne d’une grande maîtrise de sa quête d’essentiel.

  • Une recontextualisation des espaces partagés - entretien avec Christian Moley

    Christian Moley, architecte DPLG et docteur de l’EHESS, est professeur honoraire en TPCAU à l’ENSA de Paris-La Villette et ancien chargé de cours en master 2 de l’Institut d’Urbanisme (UPEC). En tant qu’enseignant-chercheur HDR et consultant auprès de différents organismes, il s’est consacré en priorité aux questions de l’habitat et plus particulièrement aux évolutions historiques et tendances contemporaines de sa conception. Il a publié de nombreux ouvrages et articles, parmi lesquels Les Abords du chez soi1 qui s’intéresse précisément à ces espaces situés entre la sphère privative du logement et le domaine public. Nous avons choisi de les nommer « espaces partagés » dans le cadre de ce dossier mais son livre rappelle, entre autres, le champ lexical foisonnant qu’ils convoquent : espaces intermédiaires, de transition, semi-collectifs, semi-publics… Christian Moley partage avec nous ici quelques éléments de recontextualisation historique et ses réflexions autour de ces questions.

  • Une terrasse collective meublée à Paris (14e )

    Dans une rue parisienne atypique du 14e arrondissement, l’agence BFV a transformé et agrandi un ancien bâtiment de bureaux pour y aménager 20 logements. En guise d’espace extérieur, une grande terrasse partagée prend place en toiture.