Maître d’ouvrage : Agence publique pour l’immobilier de la justice (APIJ) – 

Maîtres d’œuvre : Atelier Marc Barani ; Laurent Sevali-Garcia, directeur de projet ; équipe conception : Céline Medina, avec Marion Helft et Camille Crepin ; WSP France (BET tout corps d’état) ; Franck Boutté (BET HQE) ; Mazet & Associés (économiste) ; Jean-Paul Lamoureux (acousticien) ; QUADRIM (exploitation-maintenance) ; Atelier ter Bekke & Behage (signalétique) ; Cécile Barani (designer) 

 Programme : accueil, salle des pas perdus, salles d’audience, salles d’attente gardées, espaces d’attente du public, bureaux, parking de 75 places 

Surface : environ 9 700 m2 

Calendrier : concours, février 2012 ; études, juillet 2012-juin 2018 (interruption de 2014 à 2017) ; chantier, septembre 2018-2023 ; livraison, 2023 

Rendez-vous en l'an 2324

Transportons-nous en l’an 2324. L’élévation du niveau des mers a rayé de nombreuses îles de la planète et redessiné tous ses rivages. Depuis bientôt trois siècles, à part des bâtiments militaires, très peu d’édifices ont été construits ex nihilo. Un voyageur ayant débarqué à Gardanne, devenu un port après l’engloutissement de celui de Marseille, arrive à Aix-en-Provence en contournant le vieux centre-ville par le boulevard Carnot. Il découvre un monument qui n’est pas sans lui rappeler les temples d’Isis ou d’Edfou qu’il a découverts lors d’un voyage en bathyscaphe dans l’estuaire du Nil. Ce bâtiment – lui apprend son cérébropod numérique – a constitué en son temps l’apogée de l’architecture dite « moderne », lorsque celle-ci a rejoint les canons du classicisme, enjambant superbement les avatars du néomodernisme. La complexité du programme à l’origine de ce monument, un lieu où devait se rendre la justice, n’avait pas alors permis de transformer des bâtiments existants pour en faire un tribunal de grande instance. Cela en fit, à la fin du premier quart de ce XXIe siècle, l’un des derniers grands édifices entièrement neufs construits avec autant de béton – les systèmes de recyclage et de réemploi de matériaux n’ayant commencé à être largement employés que quelques décennies après.

 

Si notre voyageur avait mené quelques recherches sur l’architecte de ce bâtiment, un certain Marc Barani, il aurait découvert que ces grands monolithes inclinés étaient moins inspirés de Numérobis que des restanques provençales ou des falaises de Menton, où il était né au milieu du XXe siècle. Certains témoignages confirment également que l’architecte aurait été impressionné par la visite de la citadelle inca de Sacsayhuamán avec ses énormes blocs de pierre, dont le savant emboîtement et la massivité avaient probablement un effet antisismique. Ces contreforts cyclopéens en béton d’agrégats locaux et banchés par planches, on les trouvait déjà dans un autre bâtiment de l’architecte, une école de photographie construite à Arles quatre années plus tôt. Leur massivité y répondait à un  (...)

Pour lire l’article, commandez votre magazine sur notre boutique en ligne