En nous invitant à prendre nos distances à l’égard de la recherche de la performance, le stimulant essai d’Olivier Hamant, Antidote au culte de la performance, entend se placer sous le signe d’une rupture assumée avec un monde technique et économique d’« avant ». Il entérine du même coup une opposition devenue courante entre un avant moderniste et industrialiste, synonyme d’extraction outrancière et de saccage des ressources naturelles, et un après devenu respectueux de ces mêmes ressources, un respect indispensable à la survie d’une espèce humaine qui creuse sa tombe en dévastant la planète.Notons d’emblée que la performance est inséparable de l’efficacité, dont elle constitue en quelque sorte la mesure. Efficacité et performance : en lisant Hamant, ces deux termes semblent condamnés par l’observation des systèmes vivants dont la résilience procède plutôt d’une inventivité brouillonne et de redondances a priori peu efficaces qui conduisent à ce que l’auteur qualifie de « robustesse ». Cette notion renvoie à la capacité non pas à s’adapter à une situation donnée, un terme qui revient selon lui à reconduire la recherche de la performance, mais à se montrer adaptable à un environnement que les turbulences provoquées par le changement climatique vont rendre de plus en plus instable, marqué par des événements difficiles à prévoir.