Copyright : © Maxime Verret

Si on ne connaissait pas la genèse de ce projet de restaurant scolaire, couronné du Prix d’architectures 10+1 2024, on pourrait croire à une chimère. Déchiffrer son architecture permet pourtant de découvrir l’écosystème riche d’acteurs et de ressources du nord de l’Isère.

Maîtrise d’ouvrage : Commune de Bourgoin-Jallieu
Maîtrise d’œuvre : designbuildLAB, ENSA Grenoble, LabEx AE&CC, accompagné par onSITE architecture
Paysagiste : Atelier TAKT
BET : Vessière et Maya construction durable
Surface : 300 m2
Coût : 1,33 million d’euros HT 
Calendrier : études, 2019 ; livraison : 2022 

 

ONSITE BOURGOIN MVerret 0287© Maxime Verret

Dans le quartier Champfleuri, à Bourgoin-Jallieu, des immeubles collectifs en béton et des parkings goudronnés construits dans les années 1970 encerclent un étonnant mur aveugle, animé uniquement par les joints des blocs qui le composent et par les veines d’une pierre évoquant le marbre. Ce majestueux parallélépipède est flanqué, de part et d’autre, de deux façades plus basses et longilignes : l’une réalisée en pisé, l’autre revêtue d’un bardage vertical en bois. Le bâtiment en « L » se situe à la lisière entre le grand ensemble résidentiel et le parc, et ferme sur deux côtés la cour de l’école primaire Jean-Rostand. Il abrite des espaces de restauration qui se développent librement entre trois blocs, accueillant soit des pièces « à vivre » destinées au personnel, soit des espaces « de service ». Objet charnière, chacune de ses façades engage un dialogue avec la situation vers laquelle elle s’ouvre. Pour les habitants des étages supérieurs, la toiture fleurie est conçue comme un jardin surélevé. Pour les élèves de l’école, au sud et à l’est, les grandes portes vitrées offrent des espaces intermédiaires entre intérieur et extérieur, tandis que les façades plus opaques au nord et à l’ouest protègent des vents dominants.

Alcove Chanvre

L’usage d’une grande diversité de matériaux, dans un quartier d’éducation prioritaire de la politique de la ville et, plus largement, dans la production architecturale française contemporaine, pourrait étonner. Il relève pourtant d’un ordre ordinaire des choses fondé par son ancrage territorial, non seulement du point de vue des ressources géologiques, mais aussi grâce à un maillage d’acteurs et d’institutions où le critère décisionnel principal est l’intérêt général. La terre provient de la carrière de gravier de Oytier, située à moins de 30 kilomètres, (...)

Pour lire l’article, commandez votre magazine sur notre boutique en ligne