Dominique
Perrault revient sur son travail avec un nouvel angle de vue, en
publiant un ouvrage en collaboration avec Frédéric Migayrou, qui
avait déjà organisé son exposition monographique au Centre
Pompidou et rédigé la préface du catalogue.
Divisé
en huit chapitres, ce livre se présente comme un véritable
questionnement théorique sur le sol. Le texte est illustré par les
propres réalisations de l’architecte – bibliothèque de France,
vélodrome de Berlin ou université de Séoul… – mises en
perspective avec d’autres productions souvent plus radicales,
notamment les dystopies d’Archizoom. Il est ponctué d’étonnantes
« fictions », comme ce projet prospectif où l’on voit
à travers un parvis circulaire en verre l’arc de triomphe se
poursuivre dans le monde souterrain de la capitale pour mieux le
réorganiser autour de lui.
L’auteur
nous invite d’abord à nous interroger sur ce territoire à la fois
connu et inconnu, depuis longtemps colonisé par les infrastructures
dessinées par les ingénieurs et qui semble attendre impatiemment
d’être repensé comme le double de l’aménagement de la surface.
Un sol aussi qui, loin d’une simple table sur laquelle on peut
disposer à l’envie des objets eucharistiques, apparaît au fil des
pages comme un nouveau milieu potentiel, plus dense, plus profond,
plus isolé que l’atmosphère exposée aux vents, aux intempéries,
à la lumière et aux différences de température. Un nouveau
continent propice à une architecture moins insolente, plus
chaleureuse et surtout plus adaptée au développement humain sur une
planète en crise.
Un
livre rare et passionnant qui surprend de la part d’un des
constructeurs français les plus présents à l’échelle
internationale, mais absent jusqu’à maintenant de la scène
théorique à l’inverse de ses aînés, les Grumbach – sous la
direction duquel il a passé son diplôme à UP6 –, Portzamparc et
autres Nouvel…