Plus de vingt années ont été
nécessaires à la réalisation de cet impressionnant pavé de 3,5
kilos, qui rassemble l’intégralité des 107 numéros de la revue
L’Équerre. Organe de diffusion officiel des CIAM (congrès
internationaux d’architecture moderne) en Belgique, le périodique
engagé de l’entre-deux-guerres se révèle un puissant catalyseur
de réflexion sur l’architecture, l’art et l’urbanisme
d’aujourd’hui. Fruit d’un long travail de recherche coordonné
par un comité scientifique de renom – Jean-Louis Cohen, Joseph
Abram et Emmanuel Debruyne –, le facsimilé de 1 280 pages
s’accompagne de textes critiques situant les articles dans leur
contexte. Outre son intérêt historique évident, l’ouvrage
entièrement traduit en anglais ambitionne également de diffuser
largement le patrimoine méconnu de l’architecture belge des années
trente. Mise en forme à travers une séduisante charte graphique
conçue par le graphiste Pierre Geurts, la publication s’est vue
décerner le prix Fernand Baudin qui récompense les beaux livres de
Bruxelles et de Wallonie.
L’Équerre est éditée chez
Fourre-Tout, maison indépendante fondée par l’atelier liégeois
de Pierre Hebbelinck et Pierre de Wit qui pratiquent depuis 2004
la double activité singulière d’architecte et d’éditeur.
Intrinsèquement liée à leurs réalisations, leur production compte
actuellement plus de 20 titres et se divise en deux axes : interroger
l’architecture dans un rapport poétique à l’écriture, aux arts
plastiques et à la photographie et comprendre les comportements et
les expressions architecturales du XXe siècle. C’est sans doute
leur pièce majeure, Méthodes, qui transcrit le mieux cette approche
« sensible » et « transdisciplinaire » plébiscitée par le Grand
Prix du livre d’architecture en 2011.
L’Équerre, réédition intégrale
1928-1939, sous la direction scientifique de Sébastien Charlier,
Éditions Fourre-Tout, 2013, 1 344 pages, 65 euros.