Il y a des sujets si évidents, si vastes et en même temps si intimes que l’on renonce à en formuler le sens, préférant les ranger sous une aura de sacralisation qui est surtout une paresse de l’esprit. La main, sa capacité à traduire ou non ce qui nous est le plus propre, le plus secret et – espère-t-on – le plus à même de révéler au monde quel être sensible et subtil nous sommes. Il fallait toute la culture du Finlandais Juhani Pallasmaa, déjà auteur en 1996 de l’ouvrage Le Regard des sens pour parvenir à relever ce défi. À l’heure du tout-numérique, il nous offre avec La main qui pense un essai remarquable qui interroge la capacité de nos mains à rester un outil privilégié de la pensée.
Pallasmaa Juhani, La main qui pense. Pour une architecture sensible, Actes Sud, 152 p., 27 euros.