La première qualité de ce livre –
comme celui auquel il succède, Villas 50 en France –, est de nous
rappeler que la production de ces années était beaucoup plus riche
que ce que notre mémoire en a gardé. Les années
soixante-soixante-dix, c’est l’après Le Corbusier, l’apogée
des trente glorieuses et le début de la crise pétrolière, comme
nous le rappelle Dominique Amouroux dans sa préface. C’est en
France une période où l’inventivité, pour ne pas dire la
fantaisie, l’emporte sur une réflexion théorique rigoureuse.
Nombre de ces élucubrations font aujourd’hui le bonheur de la
collection du FRAC Centre. Aucune figure majeure n’émerge
d’ailleurs de ces années où tout paraît possible. Derrière
cette architecture décomplexée, apparaissent cependant les
premières réflexions sur le développement durable. Peinant à
faire émerger une nouvelle esthétique légitimée par une maîtrise
technique crédible, on comprend qu’elles devront attendre les
années deux mille pour revenir sur le devant de la scène.
Saint-Pierre Raphaëlle, Villas 60-70 en France, Éditions Norma,
320 p., 65 euros.