Dernier géant de l'aventure de
l'architecture Moderne, Oscar Niemeyer vient de mourir à l'âge de
104 ans. Il restera comme la figure héroïque et généreuse de
l'architecte du vingtième siècle, lorsque l'on pouvait encore
imaginer de construire ex-nihilo en plein désert la capitale d'un
des plus grands état du monde. Sa rencontre avec Le Corbusier en
1936, aboutissant à l'un des premiers chef-d'œuvres de la modernité
–le ministère de l'éducation à Rio– a été au moins aussi
déterminante pour lui que pour celui qui voulait rester le maître
et dont il dira qu'il avait « en quelque sorte tropicalisé »
ce qu'il avait appris de lui. « L'important chez l'architecte,
c'est l'imagination » écrivait le brésilien dans son
autobiographie*. « je suis ouvert aux émotions qui me viennent
de l'extérieur, au spectacle de la beauté : le coucher du soleil
sur la mer, la forêt tropicale humide et généreuse, la luminosité
du ciel, les femmes. »
« Niemeyer
par lui même, l'architecte de Brasilia parle à Édouard
Bailby ». Balland 1993