Tentons de cadrer l’intelligence naturelle par deux histoires d’excréments. Pour bâtir l’Elephant Chapel, édifice primé de l’architecte thaïlandais Boonserm Premthada, des excréments d’éléphants, essentiellement de l’herbe digérée, a servi à produire des briques moulées rondes, séchées au soleil. L’excrément est le matériau d’une série élégante d’arcs formant un sanctuaire ouvert.
Dans le Metabolic Home, conçu par Lydia Kallipoliti et Areti Markopoulou de Post-Spectacular Office, les excréments humains participent à un système en circuit fermé où les déchets d’une pièce de l’activité domestique deviennent la ressource d’une autre.
Dans les deux cas, la matière est zoosourcée auprès des utilisateurs même. Dans le premier, les utilisateurs sont les producteurs du matériau de leur abri, transformé mécaniquement mais pas chimiquement. Les éléphants entrent dans leur sanctuaire, ils contemplent le produit de leurs entrailles. Ils sont heureux et fiers. Dans le second, les utilisateurs sont les coproducteurs du métabolisme de leur abri, alimentant des processus de combustion. Les habitants s’installent dans leur salon et regardent la télé alimentée par leurs ressources viscérales. Ils sont heureux et en phase avec leur système digestif.