Parcourant sans relâche les routes
américaines, c'est en phénoménologue autant qu'en photographe
que Todd Hido traque la poésie d'un paysage ou d'une maison
solitaire.
Kent, dans l'Ohio, est une petite
ville universitaire de 30 000 habitants. Passé le microscopique
centre historique, le visiteur entre dans la suburbia
nord-américaine, ses pavillons rangés derrière des allées
plantées d'arbres. C'est dans ce décor digne du film Virgin
Suicides qu'a grandi Todd Hido, un photographe américain de
quarante-quatre ans, aujourd'hui installé à Los Angeles. Il
découvre la grande ville vers dix-huit ans, lorsqu'il quitte la
banlieue pour aller étudier. Admis à la Rhode Island School of
Design, à Providence, il suit un enseignement dérivé de celui du
Bauhaus. Ses professeurs sont les héritiers de László Moholy-Nagy
via Harry Callahan, photographe qui avait intégré l'équipe
enseignante de l'Institute of Design créé à Chicago par le
plasticien hongrois en exil.