Lewis Baltz, un regard subversif sur le monde
Le paysage de l’Ouest américain a longtemps été un sujet de prédilection pour les pionniers de la photographie américaine. Carleton Watkins et Eadweard Muybridge au XIXe siècle, puis Ansel Adams au XXe ont construit un regard idéalisé sur ces lieux grandioses et primitifs de la Californie. Dans l’une de ses œuvres maîtresses, California and the West (1940), Edward Weston explore sa profonde relation aux paysages sauvages de la Californie des années 1930. Il sera aussi le premier à photographier des lieux sans personne, à trouver la beauté dans l’architecture vernaculaire et à explorer les qualités esthétiques cachées des objets ordinaires. Ce paysage austère et dépeuplé, révélé par Weston, inspira aussi Lewis Baltz, dont l’œuvre apporte un éclairage nouveau, mais profondément dystopique, sur le développement urbain de la Californie de l’après-guerre. La disparition du photographe à l’automne dernier est l’occasion de rendre hommage à son œuvre.