Ce que l'on sait de ce photographe
allemand tient en peu de mots : il couvre depuis trente ans les
bâtiments phares de l'architecture européenne. Mais sait-on ce
qui pousse Roland Halbe à courir aux quatre coins du Vieux
Continent, et même au-delà ?
La photographie a ses mythologies : le photoreporter est un héros ; le photographe de mode, une figure de la vie mondaine ; le portraitiste, un artiste. Dans cette galerie, le photographe d'architecture est mal loti. « Il est à la photographie ce que le peintre en bâtiment est à l'artiste peintre », ironisait l'un d'entre eux, sans offense bien sûr pour l'humble travailleur du BTP.
« La vue d'une architecture suscite en nous une émotion dérivant d'une multitude de facteurs : la qualité du bâtiment, son contexte, la vie alentour avec ses bruits et ses sensations olfactives, la lumière qui la baigne, le chemin que nous avons parcouru pour parvenir jusqu'à elle. J'essaye de distiller tous ces éléments dans mes photographies. Mes outils sont la lumière et la liberté de montrer ou omettre des éléments dans le cadre, selon la distance où me place l'objectif que je choisis. À travers mon travail, j'essaye d'atteindre un juste équilibre entre la documentation rigoureuse et l'approche émotionnelle ».(...)

