Un trop rapide coup d'œil à la série Dark Lens ferait prendre Cédric Delsaux pour un fan de Star Wars. Ce serait rater le sens même de son travail et ainsi s'assurer de passer à côté d'une œuvre d'une grande précision et d'une finesse rare. Trouble assuré.
Ce n'est que pour mettre en route la
machine fictionnelle qui vit en nous que Cédric Delsaux introduit
dans Dark Lens les figurines connues de tous et partout.
Chacun réagit en convoquant l'un ses souvenirs, l'autre ses
fantasmes, un dernier sa répulsion. Quoi qu'il arrive, le but est
atteint : donner à ressentir ; pas nécessairement les
mêmes sensations que lui. Ses images, qui donnent à voir des
espaces choisis avec précision à la lisière des villes, invitent à
basculer dans la fiction. Le regard vacille. Et si c'était vrai ?
Le spectateur oscille entre terreur et fascination à la vision de
l'usine enfumée en Ukraine ou du skyline ténébreux de
Hong Kong dans Nous resterons sur Terre. La grande taille des
tirages (120 x 150 cm) garantit une expérience particulière,
aspirant le regard dans un abîme dont la profondeur n'a pour
limite que la capacité à se laisser emporter. (...)









