Copyright : ©Emmanuel CAILLE
Nous sommes allés visiter le Louvre-Lens avec Jean-François Chevrier. Au cours de notre discussion sur l'architecture de Sanaa, nous avons été amenés à parler d'une situation plus générale : la difficulté des relations entre les œuvres d'art et les lieux qui les abritent. Souvent un « grand écart ». Ne faudrait-il pas commencer par s'interroger sur les formes qu'a prises l'activité artistique depuis l'épuisement du système des Beaux-Arts, sur lequel était fondé le modèle du musée-palais du XIXe siècle ? Ce sera le propos d'une série de sept textes de Jean-François Chevrier que nous publierons à partir du mois prochain. Premier aperçu de la question dans cet entretien. Emmanuel Caille : Depuis vingt ans, un nombre considérable de musées ont été construits, tous plus extraordinaires ou excentriques les uns que les autres. Après le MAXXI de Zaha Hadid, à Rome, toutes les formes possibles semblent avoir été épuisées, comme si l'on pouvait désormais faire entrer l'art dans n'importe quoi. Ce qui paraît avoir été oublié, ce sont justement les questions liées au rapport de ces espaces avec les questionnements de l'art aujourd'hui. La conception du Louvre à Lens offrait l'opportunité de se poser ces questions fondamentales. Le bâtiment semble d'ailleurs faire – au sens propre comme au sens figuré – profil bas. As-tu le sentiment que ces questions sont abordées à Lens ?
 

Jean-François Chevrier : Le phénomène que tu désignes concerne surtout les musées d'art contemporain et leur multiplication. Il est logique que l'architecture d'une institution consacrée à l'art fasse l'objet d'une attention particulière, qu'elle soit, littéralement, « extraordinaire », qu'elle sorte de l'ordinaire ; l'ordinaire, c'est la construction utilitaire, sans qualité particulière, la boîte, le hangar décoré. (...)$##$ Ce modèle, d'ailleurs, a été mis en œuvre. C (...)

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