d'a 215

  • "Savourer l'espace comme la musique" : Dialogue avec Kiyoshi Sey Takeyama

    Professeur à l'université de Kyoto depuis 1992, Kiyoshi Sey Takeyama fait partie de la génération des architectes japonais nés dans les années cinquante comme Hiroshi Naito (1950), Kengo Kuma (1954), Kazuyo Sejima (1956)… Avant d'ouvrir son agence Amorphe, en 1979, il a d'abord étudié à l'université de Kyoto, puis à celle de Tokyo, dans le laboratoire de l'architecte réputé Hiroshi Hara. C'est à partir de 1991 que son travail commence à être reconnu au niveau international, notamment avec la publication de certains de ses bâtiments dans l'ouvrage de Jackie Kestenbaum, Emerging Japanese Architects of the 1990's (Colombia University Press, 1991, 120 p.).

  • À quoi sert l’Union internationale des architectes ? Rencontre avec Albert Dubler, président de l’UIA

    Peu connue des architectes français, l'UIA, actuellement présidée par l'architecte français Albert Dubler, contribue pourtant à ouvrir des fenêtres sur le monde.


    « Le défaut de reconnaissance n'est pas le fait des seuls architectes français. C'est aussi le résultat de nos faibles moyens financiers, des urgences qui attirent la presse et les médias. »

  • Au secours des chefs-d’œuvre en péril

    Devant l'indifférence, pour ne pas dire l'hostilité, du grand public à l'égard de l'architecture moderne, les architectes se retrouvent en première ligne dès qu'il s'agit de voler au secours d'un bâtiment que la destruction menace. Le lancement d'une pétition via Internet est une première étape, généralement franchie avec succès. Vient ensuite le temps plus long des procédures et des recours administratifs, qui voit la troupe des indignés d'hier se réduire à la portion congrue. Défendre un bâtiment en péril prend du temps : d'a vous propose une liste de combats en cours ou à venir, autant d'occasions d'investir à bon escient son énergie salvatrice. Faut-il préciser que la liste n'est pas exhaustive ?

  • Découvrir ce qui est invisible : Espaces intercalaires, un film de Damien Faure

    Il est suffisamment rare de découvrir une œuvre cinématographique qui échappe au style convenu du film d’architecture pour en parler. Surtout lorsqu’il aborde la question de la vie dans une des villes les plus denses, les plus complexes à déchiffrer et les plus impénétrables, Tokyo. 

  • Entretien avec Jean-François Chevrier : « Les musées du XXIe siècle seront des musées d’art et de culture »

    Nous sommes allés visiter le Louvre-Lens avec Jean-François Chevrier. Au cours de notre discussion sur l'architecture de Sanaa, nous avons été amenés à parler d'une situation plus générale : la difficulté des relations entre les œuvres d'art et les lieux qui les abritent. Souvent un « grand écart ». Ne faudrait-il pas commencer par s'interroger sur les formes qu'a prises l'activité artistique depuis l'épuisement du système des Beaux-Arts, sur lequel était fondé le modèle du musée-palais du XIXe siècle ? Ce sera le propos d'une série de sept textes de Jean-François Chevrier que nous publierons à partir du mois prochain. Premier aperçu de la question dans cet entretien.
  • Le Centre de création contemporaine Olivier-Debré à Tours

    Comment modifier en profondeur l'apparence d'une construction datant de la fin des années cinquante et conçue pour répondre à un programme d'école des beaux-arts, afin qu'elle puisse accueillir un centre d'art contemporain ? À cette question banale ont répondu des équipes qui ne le sont pas. Des Portugais qui développent une architecture très subtilement creusée, des Espagnols interpellés par les textures et deux agences françaises : l'une inscrite dans un processus à la limite de l'architecture et de l'installation artistique ; l'autre, hantée par la question de l'hétérogénéité.

  • Le droit d’auteur, un mince bouclier pour le patrimoine

     Entretien avec Michel Huet, avocat spécialiste de l'immobilier et du droit d'auteur

    « Tel bâtiment va être détruit. Connaîtrais-tu un parent de l'architecte qui pourrait faire jouer un droit d'auteur ? » Ce type de message peut apparaître alors qu'on apprend le projet de destruction d'un bâtiment moderne. Comme l'édifice promis à démolition est jeune – il peut dans certains cas avoir été livré dans les années soixante-dix ou quatre-vingt –, son concepteur, ou à défaut ses héritiers, ne sont jamais très loin. Les débats menés autour du téléchargement par Internet ont popularisé la notion de droit d'auteur : il semble logique aux architectes de l'invoquer pour imposer la sauvegarde d'une œuvre architecturale, en faisant jouer la loi par l'auteur lui-même ou par ses ayants droit.

  • Le Louvre-Lens, l'enjeu de la précision

    Maître d'ouvrage : Conseil Régional Nord-Pas-de-Calais
    Maîtres d'oeuvres : Mandataires : Kazuyo Sejima et Ryue Nishizawa (SANAA), Co-concepteurs : Kazuyo Sejima et Ryue Nishizawa (SANAA), Tim Culbert et Celia Imrey (Imrey Culbert), Catherine Mosbach, Paysagiste : Catherine Mosbach, Architecte d'opération : Extra Muros, Structure métallique et façades : Bollinger et Grohman, BET : Betom, Ingénieur concept structure : SAPS/Sasaki and Partners, Ingénieur lumière : Arup, Ingénieur acousticien : Avel, Économiste : bureau Michel Forgue, Signalétique: Norm, Muséographie : studio Adrien Gardère, Suivi environnemental : Penicaud Green Building SAS, Concept environnemental : Transplan
    Entreprises : gros œuvre/étanchéité : Eiffage Construction, couverture métallique : Syte Kalzip Alupluszinc, enveloppe et charpente métallique, façades et parois vitrées intérieures : Permasteelisa, verre : AGC, panneaux d'alu anodisé : Coil Belgique/R.Tech/Tim Composite France, isolant : Promat, éclairage : Erco, verre des vitrines : Gopion, sol béton : Grepi, mobilier : Vitra/USM, absorbant acoustique : Baswaphon
    Surface SHON : totale : 28 000 m2, parc : 20 ha, exploitation : 7 000 m2, accueil de service/auditorium/la Scène/centre de ressources : 6 000 m2
    Cout : 150 M € H.T.
    Date de livraison : décembre 2012

  • Le Louvre-Lens, un musée-paysage

    Maître d'ouvrage : Conseil Régional Nord-Pas-de-Calais  
    Maîtres d'œuvre : SANAA : Kazuyo Sejima et Ryue Nishizawa (architectes), Tim Culbert et Celia Imrey (Imrey Culbert), Catherine Mosbach, Catherine Mosbach (paysagiste), Extra Muros (architecte d'opération), Bollinger et Grohman (structure métallique et façades) - BET : Betom, SAPS/Sasaki and Partners (Ingénieur concept structure), Arup (ingénieur lumière), Avel (ingénieur acousticien), bureau Michel Forgue (économiste), Norm (signalétique), studio Adrien Gardère (muséographie), Penicaud Green Building SAS (suivi environnemental), Transplan (concept environnemental) 

    Entreprises : gros œuvre/étanchéité : Eiffage Construction, couverture métallique : Syte Kalzip Alupluszinc, enveloppe et charpente métallique, façades et parois vitrées intérieures : Permasteelisa, verre : AGC, panneaux d'alu anodisé : Coil Belgique/R.Tech/Tim Composite France, isolant : Promat, éclairage : Erco, verre des vitrines : Gopion, sol béton : Grepi, mobilier : Vitra/USM, absorbant acoustique : Baswaphon 
    Surfaces : 28 000 m2 (totale), 20 ha (parc), 7 000 m2 (exploitation), 6 000 m2 (accueil de service/auditorium/la Scène/centre de ressources) 
    Coût : 150 millions d’euros HT 
    Livraison : décembre 2012

  • Le musée antidote

    Écrit avec Florian FOUCHÉ *

    Le régime communiste roumain s'était doté d'un musée consacré à sa propagande, en lieu et place du Musée national créé en 1906. À la révolution de 1989, les collections en ont été retrouvées pour y rouvrir un musée dédié au paysan roumain. À cet enjeu, éminemment politique, a répondu une création éminemment singulière, mise en œuvre et en scène par des artistes et des ethnologues. Ce « musée barricade » apporte de l'air et de l'espace aux mondes de l'art. Il tranche avec les musées où l'on doit « tout supporter : la rumeur qui entoure les objets au nom d'une pédagogie souvent populiste, les excès imposés par les lois de la conservation, la dérive de l'institution vers des procédés médiatiques, et l'indifférence avec laquelle on est traité », comme le dénonçait Irina Nicolau. C'est un autre artiste, Florian Fouché, qui le présente et l'analyse ici alors qu'il vient de lui consacrer un ensemble d'objets photographiques.

  • Le patrimoine du XXe siècle au troisième millénaire

    Le 31 décembre prochain, nous fêterons le centenaire de la loi sur les monuments historiques. Un siècle après, où en est la protection du patrimoine construit après 1913, seuil de transformations architecturales majeures en volume bâti autant qu'en techniques constructives ? Seulement 5 % des édifices réalisés depuis 1900 sont protégés au titre des monuments historiques. Et seule une fraction peut réellement être considérée comme relevant des méthodes et conceptions architecturales propres au XXe siècle.

  • Peter Bialobrzeski, villes réelles, villes rêvées

    Notre vision des villes asiatiques doit sans doute beaucoup à des travaux comme ceux de Bialobrzeski, qui les photographie depuis le début des années 2000. Le photographe nous présente-t-il une réalité, ou est-ce là l'image d'un rêve et de ses « inquiétantes étrangetés » ?

  • Réinventer le patrimoine du xxe siècle

    Le xxe siècle nous a légué une production bâtie pléthorique : il s'est construit en cent ans autant d'édifices que pendant toute l'histoire de l'humanité. Une abondance problématique, pour plusieurs motifs. Méconnu, ce jeune patrimoine souffre d'un manque d'attention qui le menace. Foisonnant, il constituerait un fardeau si l'on se mettait en tête de le conserver à outrance, ce que personne ne souhaite faire a priori. Non content d'être considérable en nombre, il est davantage formé d'ensembles de bâtiments que d'objets isolés. Enfin, il est utilisé au quotidien par des populations, dont certaines sont très démunies. L'enjeu du xxie siècle ne serait-il pas d'envisager des stratégies plurielles pour ce patrimoine, en conserver une fraction, faire évoluer la majeure partie pour parvenir à vivre avec ?

  • XXe siècle : un certain label…

    Lancé en 1999, puis amendé en 2000 et 2001, le label « patrimoine du xxe siècle » devait apporter une reconnaissance à une production bâtie mal aimée du public. Confondu avec une protection alors qu'il n'est qu'un signalement, le label semble aujourd'hui en panne. Est-il possible de relancer cet instrument de sauvegarde et de valorisation architecturales ?