Copyright : ©Vincent PFRUNNER
J’ai rendez-vous dans un café de la rue Pascal avec Henri Ciriani, qui m’attend patiemment. Toujours affable, il ignore mon essoufflement et m’invite à m’asseoir comme si de rien n’était et comme si je le connaissais depuis toujours. Il semble avoir réussi à refuser de vieillir et à conserver intacts son enthousiasme, sa force de conviction et son indignation. Il me parlera de son parcours, de ses rencontres mais aussi de son amour du dessin, de la lumière, de l’espace et du projet moderne de mieux loger les gens, de l’importance d’avoir un maître et bien sûr de Le Corbusier… Des mots lointains qui résonnent déjà étrangement aujourd’hui, où l’idéologie est taboue, où personne ne se reconnaît d’antécédent et où la ville ne se fait plus avec des représentants du peuple mais avec des Nexity, des Compagnie de Phalsbourg, des Bouygues et des Vinci…
D’a : Commençons par le commencement, pourquoi avez-vous voulu être architecte ?
Il m’est absolument impossible de répondre à cette question, je préférerais commencer autrement. Si vous me le permettez, je commencerai par : j’ai toujours eu de la chance. Toute ma vie, je suis passé d’une chance à l’autre sans discontinuer et sans avoir à le chercher. Ainsi, avant même ma naissance,ma première chance c’est d’avoir eu un grand-père architecte venu d’Italie au Pérou, ce pays improbable. (...)$##$ J’ai donc été orienté presque naturellement vers l’architecture, où mes dons de dessinateur m (...)
Pour lire l’article, commandez votre magazine sur notre boutique en ligne