Copyright : © Jean-Pierre Pranlas-Descours,

Un territoire en mutation dédié à la recherche militaire inscrit dans un paysage idyllique, un plan urbain respectueux de la respiration de la nature et un concours mettant en compétition des équipes qui ont rivalisé d’ingéniosité pour répondre aux contraintes climatiques pesant aujourd’hui sur les constructions nouvelles.

 

Versailles Satory, un plateau improbable qui s’étend en fuseau au sud du château avant de descendre en pente douce et boisée d’un côté vers les voies ferrées de la ligne Paris-Brest et de l’autre vers la Bièvre et son chapelet d’étangs. Des anciens terrains de chasse du roi, dans lesquels l’armée s’est depuis longtemps installée. Un paysage de casernes et de terrains d’entraînement épars que la ZAC Satory Ouest, dessinée par Jean-Pierre Pranlas-Descours, cherche à transformer en « île métropolitaine ». Logements, bureaux et équipements formeront une vaste équerre qui viendra se glisser entre : à l’ouest, une piste d’essais récemment livrée (conçue notamment pour tester les véhicules portant les fameux canons Caesar) ; au sud, une école d’ingénieurs des Mines et des entreprises d’armement ; au nord, une zone dédiée à la recherche ; et enfin à l’est, des bâtiments d’encasernement et un vaste complexe sportif… Ce site de production et de recherche s’inscrit administrativement dans le campus de Saclay et attend d’y être physiquement connecté avec l’arrivée prochaine de la ligne 18 du Grand Paris Express.
De grands mails plantés parallèles nord/sud découpent et unifient cette imbrication d’espaces programmatiques : notamment une grande avenue de 60 mètres de large pensée sur le modèle de celles qui, plus bas, structurent Versailles. Elle remplacera le tracé sinueux actuel de la départementale qui divague autour de son rond-point pour se constituer comme une entrée et un axe majeur du nouveau quartier. C’est le long de cette avenue, à l’une des extrémités de l’un des îlots mixtes en forme de rectangle étiré qui en constituent le tissu, que s’élèvera le groupe scolaire.

0 Vue aerienne Satory DRLa vue aérienne du site actuel avec, au fond, la piste d’essai et, en bas, le grand quadrilatère en jachère longeant l’axe nordsud en bordure duquel viendra s’inscrire le groupe scolaire.

NÉOCOLONIALISME
Les règles de la ZAC sont simples : un maillage de parkings silos à moins de 200 mètres à pied des habitations ; des sols absorbants, le plus possible végétalisés, favorisant les circulations douces. Enfin, pour l’ensemble des constructions, l’emploi de matériaux géo ou biosourcés – pierre, bois, terre crue, éléments réutilisés ou recyclés… –, qui implique une certaine rhétorique architecturale.
Mais revenons sur le concours… Certains des architectes en lice – Archiplein, EGR, Bruno Mader et Guillaume Ramillien – n’ont pas hésité à surenchérir sur le caractère institutionnel de ce petit équipement de quartier de neuf classes. Cette tendance a sans doute été suscitée par la localisation en proue d’îlot sur l’axe majeur, un positionnement favorisant une symétrie déjà suggérée par la subdivision du programme en deux parties à peu près équivalentes : école maternelle et école primaire.
Contrairement à leurs aînés du siècle dernier et à leurs écoles héroïques construites en béton pour mieux anticiper le futur, c’est plutôt vers le passé et vers l’architecture du Sud global que se sont tournés les concurrents… Les matériaux employés en structure – la pierre, la brique, le bois… –, qui ne permettent pas de porte-à-faux, ou d’autres tours de force constructifs, ainsi que la recherche d’une inertie thermique maximale permettant aux bâtiments de mieux résister aux températures extrêmes engendrées par le changement climatique ont contribué à des propositions assez massives. Étrangement aussi, le recours aux éléments de l’architecture vernaculaire du Sud – moucharabiehs, tours à vent… – pour lutter contre le réchauffement ont apporté à ces propositions une touche orientaliste ou néocoloniale les rapprochant des tentatives de synthèses opérées dans les années 1920, notamment par Albert Laprade pour la réalisation de la nouvelle médina de Casablanca.
Malgré toutes ces contraintes, les morphologies choisies par les équipes en lice restent très diverses : des terrasses plantées en espaliers pour les lauréats (Archiplein), un bâtiment massif et cubique pour EGR, une construction en U pour Bruno Mader et deux barres parallèles reliées par des ponts pour Guillaume Ramillien…

 1.

 EGR Plan RDC2.

 Mader Plan RDC3.

 Ramilien Plan Rdc4.
  1. Atelier Archiplein
  2. Atelier EGR
  3. Bruno Mader (...)
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