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Les projets de ce concours, organisé par REI Habitat et la SADEV 94, participent activement au vaste plan de désenclavement et de revitalisation de la cité de la Pierre-Plate à Bagneux. Cette opération très abstraite de la fin des années 1950 devrait ainsi bientôt être reconnectée au Grand Paris, à son voisinage immédiat et à son sol naturel pour retrouver une vie sociale plus intense.

Revenons, avant de commenter les projets, sur le contexte de l’opération. La cité de la Pierre-Plate a été réalisée en 1959 par Félix Madeline à Bagneux, à la limite nord de la ville et à proximité immédiate du cimetière parisien. C’est un grand ensemble pensé comme une composition abstraite, très caractéristique de cette période. Parallèles au cimetière, trois longues barres axées nord-sud se disposent en quinconce tandis que deux barres perpendiculaires plus petites permettent leur articulation. Tout est conçu, selon les préceptes de la Charte d’Athènes, en fonction de la lumière solaire – des loggias creusent les façades ouest tandis que des fenêtres en longueur s’étirent à l’est – dans une totale indifférence aux autres éléments du contexte. Ce grand ensemble monofonctionnel a ensuite décliné lentement à l’ombre du cimetière, mais sa connexion directe à la ligne 14 du métro en 2022, et bientôt à la ligne 15, a complètement changé la donne.

La SADEV 94 puis l’agence Richez et Associés se sont penchées sur cette cité fermée sur elle-même pour proposer de l’ouvrir à son voisinage, en programmant la destruction des petites barres qui la coupent de la zone pavillonnaire située plus au nord, et en retirant les enrobés des énormes surfaces de parking afin que les sols retrouvent leur porosité, leur faune et leur flore. Mais aussi d’inverser la relation de subordination « moderne » de la voirie au bâti en imposant aux constructions nouvelles de s’aligner sur les voies et en transformant la rue Debussy – le simple organe de desserte de la longue barre du même nom – en un vaste mail nord-sud largement planté. C’est justement sur ce nouvel axe majeur, à l’angle de la rue Jean-Marin-Naudin séparant la cité de la zone pavillonnaire, que se trouve l’îlot 2.1, le terrain du concours. Dans cette parcelle trapézoïdale, l’étude de faisabilité préconisait un jardin en partie encastré dans un U composé de deux volumes : le premier au nord formant une équerre sept étages ; le second, au sud, rectangulaire et plus bas, de manière à faire entrer la lumière dans la cour plantée. Le règlement demandait de plus à ce qu’une attention particulière soit apportée aux rez-de-chaussée incluant obligatoirement des commerces et d’autres activités, ainsi qu’aux circulations douces et partagées.

Les équipes en compétition étaient invitées à utiliser massivement le bois, à se préoccuper de la récupération des eaux pluviales pour irriguer les plantations et à réfléchir sur la couture entre les hautes barres rescapées des années 1950, les immeubles plus « urbains » des années 1980 et les petites maisons voisines. Chaque équipe semble avoir développé plus particulièrement l’une de ces thématiques : Ylé en mettant en exergue la structure en bois de sa proposition, l’agence Parc en parvenant à exprimer la gestion des eaux pluviales et en donnant de l’importance à leurs descentes en façade – des éléments souvent mal aimés des architectes –, quant à NAAJA, elle s’est surtout préoccupée du contexte en hybridant des fragments d’architecture glanés çà et là et en proposant une sorte de collage. Des orientations presque générationnelles… Rappelons enfin que les concurrents ont dû présenter, en fin de parcours, leurs propositions devant un « jury citoyen » composé à parts égales d’élus, de professionnels et d’habitants.

 

1.

  

2.

3.

NAJAA 12 Axonométrie 

4.

1/2. Ylé (lauréats) 
3. Parc Architectes 
4. NAJAA 

(...)

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