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Les Critiques

Maison noire, Nömme.


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7 octobre 2011
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Les Critiques

Pôle des arts, île de Nantes

À Nantes, l'hétérogénéité architecturale élabore un récit paysager qui renvoie à l'histoire chaotique du site. Qu'importe si les architectes ne manquent pas d'y reproduire, avec plus ou moins de talent ou de fantaisie, les poncifs stylistiques puisés dans les revues d'architecture. Au milieu de cet amusant catalogue, deux édifices semblent refuser de se prêter au jeu du défilé des collections printemps/été : le parc de stationnement dessiné par Barto & Barto et, jouxtant ce grand squelette métallique, le Pôle des arts, première réalisation de l'architecte Marceau Lépinay. Ce vaste quadrilatère, qui emprunte les teintes sablonneuses des limons de la Loire, abrite en réalité deux écoles, la section Arts graphiques du lycée de la Joliverie et l'École des métiers de l'imprimerie. L'une relève de l'enseignement professionnel, l'autre de la formation professionnelle. Appartenant donc à des cultures différentes, chacune souhaitait conserver son indépendance avec des entrées et des périodes d'ouverture propres. Seuls l'auditorium, la bibliothèque et la
restauration sont partagés. Le rapport entre la surface du terrain et le programme imposait une contrainte de densité extrêmement forte. L'ensemble se présente comme une seule entité : un socle d'où émergent, comme depuis la coque d'un navire marchand, les châteaux de superstructure. En réalité, une équerre (le lycée) et une tour (l'EMI). À l'extérieur, l'unité se constitue depuis les quatre rues périphériques qui délimitent une enceinte enveloppant l'îlot. À l'intérieur, elle se construit autour du vide des deux cours : un premier patio au rez-de-chaussée met en relation les deux halls d'entrée. Deux niveaux plus haut, une vaste cour de récréation se laisse deviner ; on y accède par un grand escalier qui se déplie depuis le sol pavé de la première. À la massivité du bâtiment, le vide de la cour haute offre un heureux contrepoint. Elle cadre de larges vues sur le paysage de l'île, notamment vers Rezé et l'unité d'habitation de Le Corbusier. Côté ouest, la façade est dédoublée dans les trois derniers niveaux. Un système de portiques, comme un grand claustra de béton, protège les salles de cours du soleil.
Le biais des éléments porteurs verticaux est recouvert de peinture or. Le soleil du Sud s'y réfléchit en autant d'éclats tranchant sur le gris mat du bâtiment.
La compacité du programme et la minéralité monochrome des façades peuvent conférer à cet îlot une certaine sévérité, mais la virtuosité de l'architecte dans l'art de composer les volumes l'affranchit de cette austérité. Elle le porte vers un expressionnisme sculptural qui renvoie subtilement à l'histoire industrielle et maritime du lieu. Ce sens de la composition est servi par une maîtrise des articulations tectoniques d'autant
plus remarquable que l'architecte a dû entièrement redessiner ses assemblages, jointures et affleurements, lorsqu'il a fallu abandonner la conception de béton coulé en place pour celle de prémurs.
Le bâtiment devait être en effet en béton brut coulé en place, mais l'entreprise a suggéré pour l'enveloppe extérieure un système de prémurs préfabriqués et isolants, un procédé qui présente l'avantage de réduire la durée du chantier. Habituellement plus onéreuse, cette solution a cependant été proposée sans surcoût : en
période de récession de la commande, l'usine étrennait sa chaîne de fabrication toute neuve et ne pouvait se permettre de la laisser inactive. Contrepartie : l'opération a essuyé les plâtres (enfin, ici plutôt le ciment !) de la mise au point. Des traces de carbonatation sont en effet immédiatement apparues sur la surface des prémurs et il a fallu peindre la plupart des éléments. La logique de plaques de cette technique, d'une grande efficacité dans les surfaces, est très contraignante pour tous les angles et les noues. C'est seulement lors de la conception des détails, en anticipant comme ici sur la place donnée aux relevés d'étanchéité, acrotères ou limons d'escalier, que les difficultés d'assemblage peuvent être évitées. Et c'est avec cette rigueur que les rencontres entre plans verticaux et horizontaux ou matériaux dissemblables peuvent devenir les sèmes déterminants de la cohérence rhétorique de l'ensemble.


Maîtres d'ouvrages :   Ogec La Joliverie, Afiig 
Maîtres d'oeuvres :   Lépinay Chabenès & Scott architectes associés. Bureau d'architecture Marceau Lépinay 
Entreprises :   Isateg ; économiste, ECB    
Surface SHON :   11 014 m2    
Cout :   11,9 millions d'euros HT 
Date de livraison : études, septembre 2007-novembre 2008 ; travaux, février 2009-août 2010

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1 septembre 2011
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Chai du château Cheval Blanc, Saint-Emilion

Maîtres d'ouvrages : Château Cheval Blanc

Maîtres d'oeuvres : atelier Christian de Portzamparc (Christian de Portzamparc, Étienne Pierres, Daniel Romeo), architecte. Meristeme/Régis Guignard, paysagiste. Captain Spot/Jean-Bernard Favero-Longo, Aartill, éclairagistes. Point d'Orgue, acousticien. Olivier Chadebost, architecte maître d'œuvre d'exécution

Entreprises : gros œuvre, Spie Batignolles Sud-Ouest ; aménagements paysagers, Brettes Paysages ; façades et verrières, Coveris ; plomberie, désenfumage, Géniclime ; process, Air Froid ; menuiseries bois, bardage bois, Gasteuil ; cuverie, Dv Tex – Surface : 5 250 m2

Surface SHON : 5 250 m2

Cout : 13 millions d'euros (cuves comprises)

Date de livraison :

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1 septembre 2011
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Cité de l’océan et du surf à Biarritz

Maîtres d'ouvrages :   SNC Biarritz Océan  
Maîtres d'oeuvres :   Steven Holl (architecte mandataire), avec Solange Fabiao, Xavier Leibar et Jean-Marie Seigneurin (architectes associés)  
Entreprises :   Betec et Vinci Construction, Avel Acoustique, Elithis  
Surface SHON :   4 500 m²  
Cout :   24,76 millions d'euros HT  
Date de livraison : 2011

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1 septembre 2011
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Le monolithe non fracturé Conseil régional de Rhône-Alpes, Lyon

On l'a déjà évoqué dans ces colonnes (cf. da n° 199 d'avril 2011), la première phase du projet de la Confluence à Lyon propose en guise d'urbanité une accumulation d'architectures parfois massives et toujours spectaculaires. Sur la table rase de la presqu'île, on trouve ainsi, face à face, un grand ensemble imaginé par MVRDV, un immense centre commercial conçu par Jean-Paul Viguier et le nouvel hôtel de Région dessiné par Christian de Portzamparc. Ce dernier ne pouvait guère s'appuyer sur l'espace public environnant : une esplanade en devenir, une avenue plutôt rébarbative, une seconde ZAC hypothétique au sud-est. Il a logiquement proposé un édifice très introverti. Sur le papier comme dans la réalité, celui-ci se substitue aujourd'hui, à travers sa « grosseur » comme dit Rem Koolhaas, à une ville générique que seuls hantent quelques chalands et employés de bureau pressés. C'est à l'intérieur que les maîtres d'oeuvre et d'ouvrage veulent au plus vite nous entraîner, dans une gigantesque caverne où la vie publique semble s'être réfugiée. Cet espace est difficile à décrire parce que complexe, insaisissable dans sa totalité et ambigu par les registres architecturaux qu'il convoque. En pénétrant dans le bâtiment par son angle nord, on se retrouve au sommet d'une Grande Allée qui descend en douceur entre deux imposantes ailes de bureaux. Ce vaste atrium, à travers lequel s'élancent plusieurs passerelles, n'est pas celui d'un quelconque siège social d'entreprise : il s'ouvre sur les côtés et vers le haut afin d'offrir de multiples perspectives. Il est majestueux sans être monumental, composé mais subtilement déséquilibré. En descendant progressivement sous le niveau de la rue, on devine, en balcon sur la gauche, un Plateau d'exposition et sur la droite, une autre terrasse accueillant plusieurs édicules colorés. Parvenu au bas de la pente, on découvre l'hémicycle régional. Depuis leurs bancs, les conseillers, lorsqu'ils se retournent, perçoivent toute la séquence, l'allée où se presse le public qui monte vers l'entrée et, au-delà, les immeubles de la Confluence. De la cité à sa représentation et inversement, l'architecture établit ici un lien simple et fort. Le microcosme imaginé par Portzamparc

réserve encore des surprises. De l'autre côté du Plateau d'exposition, on trouve un second atrium de taille plus modeste autour duquel s'organisent les différents services de l'administration régionale. Espaces publics et collectifs s'enchaînent ainsi, au-dessus de l'hémicycle par un jardin suspendu et plus loin dans le bâtiment, jusqu'à une terrasse haut perchée. Le principe de composition de l'édifice, tel que l'architecte le décrit, apparaît de manière assez limpide : c'est un bloc creux, taillé à la serpe, sorte de ruche alvéolaire dans laquelle s'agitent 1 400 agents, plusieurs centaines d'élus et de nombreux visiteurs. La matérialité de ce labyrinthe d'espaces publics se décline en panneaux de chêne pour les façades intérieures, en béton apparent pour les structures porteuses et en verre et acier pour les verrières. L'écriture architecturale est à la fois sculpturale et technique, virtuose et généreuse. Ce chantier de 40 000 mètres carrés a été mené tambour battant, en moins de trois ans. Il a mêlé certaines problématiques d'ouvrages d'art – la réalisation de trois bâtiments-ponts a nécessité la création d'une structure de grande portée – à des exigences fortes en matière de détails. Les espaces de bureaux sont ainsi soignés, variés dans leur configuration ; ils échappent à la répétitive qui caractérise habituellement les immeubles tertiaires. Les prestations de second œuvre sont de qualité, mais visiblement bridées par un budget qui ne voulait pas s'embarrasser d'apparat ostentatoire, l'exécutif régional semblant à l'évidence soucieux d'affecter une certaine retenue. L'hémicycle a été adapté à la réforme territoriale en cours, qui accroît le nombre d'élus.
La visite terminée, on peut cependant s'interroger sur la manière dont se tient cet imposant édifice public dans la ville. Les croquis de l'architecte, les images de synthèse qui circulent encore aujourd'hui et les photographies de nuit du bâtiment, tout concourt à le présenter comme un bloc fracturé et perméable à son environnement au nord et à l'ouest. La réalité est malheureusement différente. Les immenses découpes dans la masse sont évidemment obturées par des murs-rideaux de verre et d'acier, très peu transparents pour des raisons techniques. L'immeuble apparaît ainsi la plupart du temps comme parfaitement clos, épousant de manière étanche les limites de sa parcelle, ne livrant rien des activités qui l'habitent derrière son enveloppe de terre cuite beige. Il contribue à l'âpreté d'un quartier où, on l'a vu, les objets célibataires
se toisent par-delà des espaces publics sans grand intérêt. Portzamparc n'a donc pas vraiment réussi à matérialiser à Lyon ce qu'il avait déjà imaginé il y a quelques années avec son projet de grande bibliothèque
pour Québec, et qu'il mène à bien aujourd'hui à Rio de Janeiro, où le climat l'a dispensé d'installer des façades vitrées autour d'un amoncellement fantastique de volumes architecturés.


Maîtres d'ouvrages : Conseil de la Région Rhône-Alpes 
Maîtres d'oeuvres : Atelier Christian de Portzamparc    

Entreprises :   Structure, Structures Île-de-France (SIDF) ; fluids, Setec Bâtiment ; Voix, Données, Images, IT Cal ; acoustique, Avel Acoustique ; scénographie, Ducks Scéno ; économiste et HQE®, Betrec Ig. ; paysagiste, Meristeme

Surface SHON :   45 650 m2 
Cout :
Date de livraison : concours, 2006 ; livraison, printemps 2011

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Valéry DIDELON logo
1 septembre 2011
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Résidence Outrebon, logements locatifs à Béthune

Maîtres d'ouvrages :  Pas-de-Calais Habitat

Maîtres d'oeuvres : Frédéric Borel, assisté de Kenta Yokoo, chef de Projet, et Frédéric Bataillard

Entreprises :  Norpac (MM. Gradel, Ollivier, Gorisse)

Surface SHON :  3 700 m2 Shab ; 5 800 m2 Shob
Cout :  7 millions d'euros HT
Date de livraison : mars 2011


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30 août 2011
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Neuf appartements à Kamitakada, Nakano, Tokyo

Maîtres d'oeuvres : Takeshi Yagamata Architects
Entreprises : LOW FAT Structure
Surface SHON : 381,03 m2

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24 août 2011
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Distance of Fog, Konosu, Saitama

Maîtres d'ouvrages :
Maîtres d'oeuvres : StudioGreenBlue-Mitsuharu Kojima, Wataru Kobayashi
Entreprises :
Surface SHON : 104,87 m2
Cout :
Date de livraison :2010

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24 août 2011
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Layered House, Tokoro-gun, Hokkaido

Maîtres d'oeuvres : Jun Igarashi Architects
Entreprises : Daisuke Hasegawa et Igararashi-Gumi
Surface SHON : 202,29 m2
Date de livraison : novembre 2008

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24 août 2011
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Les Critiques

Maison toboggan, Tokyo

Maîtres d'ouvrages :
Maîtres d'oeuvres : Level Architects
Entreprises :
Surface SHON : 163,69 m2
Cout :
Date de livraison :

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24 août 2011
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Les Critiques

Maison Inside Out ou l’art de l’entrechat, Kastushika-ku, Tokyo

Maîtres d'ouvrages : Masayoshi & Yoko Matumoto
Maîtres d'oeuvres : Takeshi Osaka
Entreprises : Hirofumi Ohno
Surface SHON : 91,15 m2
Date de livraison :Septembre 2010

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24 août 2011
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Les Critiques

Maison à Inokashira, Tokyo

[ MAÎTRES D'OEUVRE : NOA – SURFACES : PARCELLE, 86 M2 ; BÂTIMENT, 36 M2 – STRUCTURE : BÉTON ]


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24 août 2011
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Les Critiques

Maison L à Louveciennes

Maîtres d'ouvrages :  Privé
Maîtres d'oeuvres :  Christian Pottgiesser, Architecturespossibles; avec Pascale Thomas-Pottgiesser
Programme :  Extension et restructuration d'une maison, 5 chambres, 5 salles de bain, espace séjour
Surface SHON :  870 m2, jardin et terrasses : 4 850 m2

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Marie-Christine LORIERS logo
6 juin 2011

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