Le logement idéal de l'Estonien est la maison individuelle. Cette typologie a connu une grande expansion ces dernières années, dans les périphéries boisées des villes estoniennes, au point que certains se sont alarmés du risque, nouveau, d'étalement urbain. Le danger, toujours présent, reste faible. Construits sur de vastes parcelles largement boisées, les quartiers de maisons évoquent plus le siedlung expérimental berlinois – la case de l'oncle Tom – que le lotissement périurbain français. En outre, les Estoniens préfèrent faire appel à un architecte plutôt que de recourir aux solutions de maisons sur catalogue, favorisant ainsi la diversité architecturale de ces quartiers pavillonnaires. De nombreux jeunes architectes ont fait leurs gammes sur ce type de programme, en testant régulièrement des solutions expérimentales. Selon les spécialistes, les commanditaires estoniens de maisons individuelles répondraient à deux profils types. Le premier ne jurerait que par les boîtes blanches du style international. Le second serait plus attentif au site, aux relations contextuelles. C'est sans doute dans ce dernier que l'on peut ranger le propriétaire de cette maison ou plutôt les propriétaires, car la maison noire fait partie d'un ensemble comprenant trois maisons modernes pour trois familles sur un modèle similaire ; deux ont été construites à ce jour. La maison noire, comme la maison blanche sa voisine, relève davantage de la branche organique du Mouvement moderne que du style international. À travers ce projet, Martin Aunin entend démontrer la compatibilité des maisons vitrées avec le climat estonien.








