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  • 33 finalistes pour le grand Prix d’Architectures 10+1 2022

    Pour sa quatrième édition, le Prix d’architectures 10+1 récompensera onze réalisations construites en France depuis une année. Elles devront avoir été livrées avant septembre. L’une d’elles sera distinguée et recevra le Grand Prix d’architectures. Le jury choisira les réalisations les plus exemplaires dont les réponses lui paraissent les plus représentatives des enjeux architecturaux actuels. Il n’y a pas de catégories; le choix se fait indépendamment du programme ou de la taille. Les réalisations retenues doivent avoir été visitées par la majorité des membres du jury. La cérémonie de remise du prix se déroulera en septembre à Paris.

  • Alliage high-tech pour façades mobiles

    Habituellement utilisé pour l’industrie médicale, l’horlogerie ou l’aérospatial, l’alliage nickel-titane dispose d’une étonnante capacité de distorsion, à mémoire de forme, en fonction de variations thermodynamiques. Dans le cadre de sa thèse de doctorat à l’École des Ponts Paristech, l’ingénieur Philippe Hannequart a testé ses propriétés spécifiques pour l’architecture. À partir d’un fil actionneur constitué de cet alliage, il a mis au point un mécanisme discret qui permet de contrôler la rotation de brise-soleil verticaux en façade... sans moteur.

  • Architecture contemporaine remarquable, le label qui réinvente un espace théorique pour l’architecture

    Si nous avons en France des « labels » pour qualifier le talent des architectes, comme le Grand Prix national de l’architecture ou encore les AJAP, il manquait un label national pour désigner les architectures et ainsi compléter le paysage pléthorique des prix et palmarès. Le récent label Architecture contemporaine remarquable (ACR) comble désormais ce vide. Au-delà de son aspect administratif, celui-ci offre l’opportunité d’aborder l’architecture comme pratique vivante et non comme un objet patrimonial. Par certains aspects, il soulève des questions nouvelles susceptibles de faire évoluer notre vision du projet. Je propose ici de vous livrer quelques réflexions théoriques sur le sujet. 

  • Business as usual - Une sélection du déni climatique

    En décembre 2021, Emmanuel Caille a invité 35 personnalités du monde de l’architecture à choisir les vingt bâtiments les plus emblématiques des vingt premières années du XXIe siècle. Le résultat révèle peu de changements par rapport au siècle passé. Ceux qui conçoivent l’architecture et ceux qui la jugent semblent aveugles aux réalités du monde, et participent au déni collectif qui conduit l’humanité à son autodestruction.

  • Entretien avec Jacques Lucan : Vers un nouveau vernaculaire

    Constructeur, critique et enseignant, Jacques Lucan s’est, depuis la fin des années 1970, simultanément intéressé à l’architecture anonyme et à l’architecture d’auteur. En témoignent ses travaux sur la reconstruction, puis sur la composition au XIXe et XXe siècles, ainsi que ses livres et ses articles sur les architectes émergents de la fin du XXe siècle. Revenons avec lui sur son parcours au moment de la sortie d’Habiter, ville et architecture, son dernier ouvrage.

  • Étoiles et lucioles

    En miroir des édifices et architectes qu’il distingue, ce palmarès des « Vingt architectures qui ont marqué les vingt premières années du XXIe siècle » frappe par le peu de place qu’il accorde aux bâtiments extravagants qui ont surgi de terre en France au cours de cette période. Quid par exemple de la gare de tramway de Strasbourg, du ministère de la Culture à Paris, du Pavillon noir d’Aix-en-Provence, des Champs libres à Rennes, du Centre Pompidou-Metz, du Cube orange de Lyon, de la Fondation Louis-Vuitton, de la Canopée des Halles et de la Philharmonie à Paris, ou de la Méca de Bordeaux ? Vastes, innovants, coûteux, tous ces édifices ont été à un moment ou un autre largement médiatisés, discutés, admirés ou détestés ; ils semblent aujourd’hui peu ou prou oubliés. Leur étoile a manifestement pâli comme celle de leurs concepteurs. Quid de Zaha Hadid, de Rudy Ricciotti, de Christian de Portzamparc, de Shigeru Ban, de Frank Gehry, de Bjarke Ingels et de Jean Nouvel, etc.? Qu’est-il donc arrivé à la starchitecture et aux starchitectes qui, après avoir fait tant rêver, le font beaucoup moins? Que l’on s’en réjouisse ou pas, la présente sélection de vingt édifices remarqués et remarquables témoigne peut-être implicitement d’un changement de valeurs à l’aune desquelles se jugera de plus en plus l’architecture contemporaine.

  • Ils ont photographié les 20 bâtiments de la sélection

    Rephotographier 

    Pour que ce numéro exceptionnel de d’architectures ne soit pas simplement un « best of », mais davantage une occasion de nous interroger sur un paysage architectural en pleine transformation, nous avons voulu rephotographier les vingt bâtiments habités, vivants et tel qu’ils ont vieilli. Certains sont entretenus, d’autres moins, les habitants les transforment à leur manière et ils ne ressemblent plus toujours aux belles images inhabitées auxquelles nous sommes habitués dans les revues. Il nous a fallu demander des autorisations pour les prises de vue de tous les bâtiments, ce que tous les propriétaires ont généralement accordé avec plaisir, à l’exception du palais de justice de Nantes dont la présidence a exigé que nous payions pour le photographier, ce que nous avons refusé par déontologie. Nous avons commandé des clichés à des photographes qui ne sont pas forcément des professionnels de la photographie architecturale, et nous en avons réalisés nous-mêmes. La représentation de l’architecture est aujourd’hui uniformément et mondialement codifiée selon une même esthétique. Comme toute la presse architecturale, le magazine d’architectures n’échappe pas à ces conventions qui sont, par ailleurs largement plébiscitées par les lecteurs, qui aiment à voir magnifié ce qu’ils admirent. Cet effet est aujourd’hui renforcé par la consultation des sites internet de type ArchDaily ou Dezeen qui ont besoin, du fait de leur petit format, d’images claquantes et rapidement likeable. Nous avons pris le risque de montrer différemment ces architectures. Elles sont donc à la fois célébrées par leur présence dans la sélection et interrogées dans leur confrontation à la réalité. Les bâtiments, notamment les logements, sont livrés dans la pureté des intentions de leurs auteurs, et c’est ensuite dans la diversité des manières d’habiter que leurs qualités d’usage sont mises à l’épreuve. Cet exercice ne bouscule pas seulement nos propres habitudes d’éditeur, elles exigent aussi du lecteur qu’il se défasse de son appétence naturelle pour la séduction immédiate...

     

    Extrait de l’article de Emmanuel Caille, Vingt ans pour un bouleversement

  • Julien Guinand. Two Moutains : Ashio, Kumano

    Au Japon, deux montagnes, deux régions éloignées l’une de l’autre, toutes deux victimes de catastrophes récentes, l’une climatique, l’autre sismique. Les désastres qu’elles provoquent ne sont pas seulement naturels : ils résultent de l’héritage de l’histoire comme des approches culturelles et politiques qui s’y mènent et prétendent les réparer. L’étude menée par Julien Guinand autour de son travail photographique documentaire donne lieu à un livre et à une exposition aussi pertinents qu’instructifs.

  • Le jury : 35 membres pour sélectionner 20 bâtiments

    Cette sélection est le résultat du vote d’un jury de 35 membres dont nous n’avons pas voulu limiter la composition aux critiques et journalistes de d’a qui constituent habituellement le jury du Grand Prix d’architectures 10+1, mais l’ouvrir à tous ceux qui ont été les acteurs de la vie culturelle de l’architecture pendant cette période : directeurs d’institution, historiens, chercheurs, journalistes français et européens (voir p. 133). Ce choix explique en partie la moyenne d’âge plutôt élevée du jury, 57 ans, et sa composition très masculine (24 sur 35).

  • Les cent bâtiments construits entre 2000 et 2020 sélectionnés par le jury à la suite des vingt premiers

    Les 35 membres du jury ont d’abord voté parmi une sélection de 300 bâtiments. Les 42 ayant obtenus entre 20 et 7 voix ont été soumis à un deuxième tour pour que 20 soient enfin retenus. nous publions ci-dessous les 100 suivants, qui ont obtenu au premier tour au moins 3 voix. La liste des 300 a été soumise au vote du public sur le site www.darchitectures.com, sur lequel vous pouvez découvrir les résultats.

  • Les cent bâtiments construits entre 2000 et 2020 sélectionnés par les internautes

    Célébrant les 20 ans de sa refondation et son 300ème numéro, le magazine d’architecturespropose cet été un regard rétrospectif sur 20 ans d'architecture en France. Une liste de 300 bâtiments a été soumise à un jury de 35 membres – architectes, critiques, journalistes et acteurs de la vie culturelle de l’architecture pendant les deux premières décennies du siècle en France. Elles et ils ont choisi 20 architectures du XXIe siècle qui les ont marqués. Retrouvez ces réalisations rephotographiées et les articles analysant ces choix.

    Parallèlement, d’a a souhaité inclure ses internautes à ce vote. Vous avez été extrêmement nombreux à donner votre avis, avec pas moins de 25 000 voix récoltées en 20 jours. Voici donc aujourd’hui les 100 architectures qui vous ont marqués lors de ces 20 premières années du XXIe siècle. Du Viaduc de Millau de Foster and Partners élu avec 478 voix au terminus Hœnheim de la Gare de tramway à Strasbourg de Zaha Hadid , 100avec 89 voix, retrouvez toute la liste ci-dessous.

  • Salles de bains & équipements sanitaires

    Selon Yves Danielou, président de l’Association française des industries de la salle de bains : « L’année 2021 est incontestablement historique ! Après une année 2020 atypique, le marché a connu en 2021 une croissance significative encore supérieure à 2019. Le secteur a ainsi pleinement profité des projets de travaux et de rénovation, et des nombreux achats immobiliers. » Une tendance qui, cependant, pourrait être chahutée par la pression sur les matières premières et l’énergie. Côté français, on observe une évolution des produits en fonction des normes liées à l’accessibilité, à l’hygiène ou aux systèmes constructifs. Côté design italien, les dernières années sont marquées par des recherches sur les teintes et textures des équipements sanitaires. Point de départ de toute collection liée à la salle de bains, les vasques et robinets sont largement plébiscités dans ce dossier, dans différentes formes et matériaux qui appellent à bousculer les codes. 

  • Soustraction positive

    À la Biennale Design de Saint-Étienne était présentée « Maison Soustraire, a posteriori », de la designer Mathilde Pellé. Ce projet expérimental, réalisé au sein du Deep Design lab et coproduit par l’École urbaine est la continuité d’une démarche sur la soustraction commencée en 2016. Mathilde Pellé nous questionne de façon radicale sur notre manière de penser et de repenser les matérialités qui constituent nos modes de vie et déterminent nos gestes. Cette notion de « moins » sous-valorisé et au potentiel peu exploré, Mathilde Pellé s’en empare, elle soustrait la matière aux objets et aux usages, et en fait son processus créatif. L’exposition « Maison Soustraire, a posteriori » est la première restitution de son projet.

  • Une anamorphose éloquente

    De quelle situation la vingtaine de réalisations jugées les plus remarquables des vingt dernières années est-elle le symptôme ? Comme dans toutes les procédures tendant à la sélection et à la distinction, le palmarès est bien entendu déterminé par les idéaux et le goût des juges et en dit autant sur eux/elles que sur l’état de la pratique examinée. Il n’en reste pas moins qu’il rend largement compte de plusieurs phénomènes caractéristiques de la scène française contemporaine.

  • Vingt ans pour un bouleversement

    Sélectionner vingt architectures parmi des milliers d’autres, c’est générer plus de frustration que de satisfaction. Chacun regrettera l’absence d’œuvre de tel ou tel architecte. Certaines sont même assez surprenantes, mais elles s’expliquent en partie par la question posée au jury : des concepteurs ont par exemple une production de très grande qualité, mais pas forcément de réalisations qui, par la singularité de leur commande ou de leur invention, soient vraiment emblématiques des enjeux actuels. La sélection n’échappe pas non plus à un phénomène de redoublement de l’effet médiatique : lorsqu’un bâtiment d’un ou d’une même architecte est choisi plutôt que tel autre parce qu’il a davantage été médiatisé. À l’inverse, certains ont peut-être pâti de leur surexposition, comme la Fondation Louis-Vuitton ou le Mucem de Marseille. Si des architectes comme Christian de Portzamparc ou Dominique Perrault sont en outre absents, c’est aussi parce que leurs œuvres les plus importantes des vingt dernières années ont été conçues hors de France, que l’on songe à la Cidade das Artes de Rio de Janeiro ou à la Philharmonie Luxembourg pour l’un et à l’université Ewha de Séoul pour le second.

  • Vingt architectures du XXIe siècle qui nous ont marqués

    Un roseau pensant : le Lieu unique, reconversion des anciennes biscuiteries LU en scène nationale de Nantes / 2000
    Construire (Patrick Bouchain, Nicole Concordet et Loïc Julienne)

    Rédigé par : Marie-Hélène Contal


    Puissance plastique : le palais de justice de Nantes / 2000

    Ateliers Jean Nouvel 

    Rédigé par : Maryse Quinton


    L’architecture au présent : logements sociaux rue des Suisses, Paris 14e / 2000
    Herzog & de Meuron 

    Rédigé par : Jacques Lucan


    Non-musée : Palais de Tokyo / 2002

    Lacaton & Vassal 

    Rédigé par : Richard Scoffier

     

    Dialogue, empathie et intégrité : Centre national de la danse à Pantin / 2004

    Antoinette Robain et Claire Guieyesse 

    Rédigé par : Guillemette Morel-Journel


    Monastère de Solan : architecture de garde à la Bastide-d’Engras / 2006

    Gilles Perraudin 

    Rédigé par : Stéphane Berthier


    De l’art de la fluidité : gare des tramways de Las Planas à Nice / 2006

    Marc Barani 

    Rédigé par : Jean-Louis Cohen


    Tout un symbole : Transformation de la base sous-marine de Saint-Nazaire / 2007
    LIN Architects 

    Rédigé par : Sebastian Redecke


    Le pari de la métamorphose : transformation de la tour Bois-le Prêtre à Paris, 17e / 2011
    Lacaton & Vassal, Frédéric Druot 

    Rédigé par : Karine Dana


    Vibration veloutée, sans parcours imposé : musée du Louvre-Lens / 2012
    SANAA 

    Rédigé par : Jean-Louis Cohen


    Une étrange familiarité : immeuble bioclimatique, rue des Orteaux, Paris 20e / 2013
    Armand Nouvet et BNR 

    Rédigé par : Jacques Lucan


    Virtuosité : centre culturel et sportif Wangari-Maathai, Paris 20e / 2014

    Bruther 

    Rédigé par : Richard Scoffier


    Le juste hommage : Mémorial international de Notre-Dame-de-Lorette à Ablain-Saint-Nazaire / 2014

    Philippe Prost AAPP 

    Rédigé par : Jean-Paul Robert


    L’architecture à l’épreuve du temps : maison de santé à Vézelay / 2014

    Bernard Quirot architecte + associés 

    Rédigé par : Marie-Anne Ducrocq


    Recomposition, invention et tempérance : rénovation et extension du musée Unterlinden à Colmar / 2016

    Herzog & de meuron

    Rédigé par : Jean-François Cabestan


    Dialogue : « lieu de vie », Paris-Saclay à Orsay / 2017

    Studio Muoto 

    Rédigé par : Richard Scoffier

     

    Patrimoine-surprise : transformation de 530 logements à Bordeaux / 2016

    Lacaton & vassal, Frédéric Druot et Christophe Hutin

    Rédigé par : Karine Dana


    Soustraction positive : un conservatoire sous la halle Perret de Montataire / 2018
    Pierre Hebbelinck (AAPH), Heleen Hart et Mathieu Berteloot (HBAAT) 

    Rédigé par : Pierre Chabard


    Matérialité heureuse : une halle à Mandailles-Saint-Julien / 2019

    Atelier du Rouget, Simon Teyssou et associés

    Rédigé par : Pierre Chabard


    Se jouer des contraintes : 40 logements modulables et un espace partagé à Dijon / 2019
    Sophie Delhay

    Rédigé par : Soline Nivet

  • Vingt architectures entre singularité et exemplarité

    Les palmarès sont toujours pris entre deux impératifs contradictoires : couronner l’exception tout en reflétant un ensemble de tendances beaucoup plus générales. La liste des « Vingt architectures qui ont marqué les vingt premières années du XXIe siècle » proposée par le magazine d’architectures témoigne de cette tension. Du côté de l’exception, on notera la relative surreprésentation, avec pas moins de trois réalisations, de nos récents lauréats du prix Pritzker, Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal. La présence de quelques-unes des valeurs les plus sûres du star-system international, de SANAA à Herzog & de Meuron, participe de cette même logique de consécration. Mais les tendances générales sont peut-être ce qu’il y a de plus significatif dans la sélection opérée par le jury de ces vingt projets d’architecture. Elles nous occuperont pour l’essentiel dans cet article.