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Au Japon, deux montagnes, deux régions éloignées l’une de l’autre, toutes deux victimes de catastrophes récentes, l’une climatique, l’autre sismique. Les désastres qu’elles provoquent ne sont pas seulement naturels : ils résultent de l’héritage de l’histoire comme des approches culturelles et politiques qui s’y mènent et prétendent les réparer. L’étude menée par Julien Guinand autour de son travail photographique documentaire donne lieu à un livre et à une exposition aussi pertinents qu’instructifs.

Dans un des textes qui donnent relief à son livre, Julien Guinand rappelle ces lignes relevées dans un ouvrage consacré au zen japonais : « La trame du monde, je la vois. Il suffit que le regard se libère, c’est-à-dire cesse d’accommoder. La perception aiguë, désintéressée, objective du réel est la plus forte hallucination possible. » Julien Guinand s’est exercé aux déplacements auxquels invite cette réflexion : ne pas s’arrêter aux apparences, creuser sous la surface, abandonner l’appareillage ordinaire du regard pour s’abandonner à la vision, atteindre une forme d’objectivation du réel en se fiant à la subjectivité de la perception. Mais une fois vue la « trame du monde », reste encore à rendre compte des raisons ou des déraisons qui la composent ou la décomposent. (...) (...)

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