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En décembre 2021, Emmanuel Caille a invité 35 personnalités du monde de l’architecture à choisir les vingt bâtiments les plus emblématiques des vingt premières années du XXIe siècle. Le résultat révèle peu de changements par rapport au siècle passé. Ceux qui conçoivent l’architecture et ceux qui la jugent semblent aveugles aux réalités du monde, et participent au déni collectif qui conduit l’humanité à son autodestruction.

Où sont les réponses aux enjeux majeurs du XXIe siècle ? 

En 1972, il y a tout juste cinquante ans, le Club de Rome prévenait dans son rapport « Halte à la croissance ? » qu’on ne pouvait pas croître indéfiniment dans un monde fini sans dommages écologiques majeurs. Depuis 1990, chaque rapport du GIEC alerte sur les dérèglements climatiques. Le secteur du bâtiment porte une lourde responsabilité. Selon l’ONU, il représentait en 2018 « près de 40% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde et 36% de la consommation totale d’énergie ». Environ 8% des émissions de CO2 sont attribués à la production du ciment. L’usage généralisé du béton armé participe donc notablement au réchauffement de la planète, tout en gaspillant des ressources de plus en plus rares : l’énergie, l’eau, le sable et les granulats. Pourtant, le palmarès de d’a expose avant tout du béton, du béton et encore du béton. L’emploi de ce matériau de plus en plus précieux devrait être réservé aux ouvrages pour lesquels il est indispensable, comme les fondations ou les ponts. Pour le reste, des alternatives existent. Ce qui est vraiment écoresponsable, c’est d’utiliser la juste quantité du bon matériau au bon endroit... et au vrai prix, celui qui tient compte de l’empreinte environnementale. 

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