De quelle situation la vingtaine de réalisations jugées les plus remarquables des vingt dernières années est-elle le symptôme ? Comme dans toutes les procédures tendant à la sélection et à la distinction, le palmarès est bien entendu déterminé par les idéaux et le goût des juges et en dit autant sur eux/elles que sur l’état de la pratique examinée. Il n’en reste pas moins qu’il rend largement compte de plusieurs phénomènes caractéristiques de la scène française contemporaine.
Le premier d’entre eux n’a rien d’inédit, tant il semble durable depuis la Seconde Guerre mondiale. Dans leur majorité, ces ensembles et édifices sont le fruit de la commande publique, générée par les appareils et les institutions emboîtés, de l’État central et de ses appendices spécialisés aux régions et aux municipalités. Telle que condensée dans sept des vingt réalisations, cette commande fait la part belle aux institutions culturelles, qu’elles soient destinées à l’art ancien ou contemporain, aux manifestations éphémères ou au spectacle dit vivant. (...) (...)