Quel est le point commun entre Richard Buckminster Fuller, Alexander
Graham Bell et Anne Tyng, muse de Louis Kahn ? Ou comment trois figures
majeures de l’ingénierie ont
appliqué à l’architecture les découvertes des
structures fondamentales de l’univers ? Grâce aux
jeux fait de l’assemblage de solides platoniciens.
Tout commence quand Platon
relie l’infiniment petit à l’infiniment grand en matérialisant la forme des
cinq solides réguliers convexes. Dans son ouvrage Le Timée,
il montre, cinq siècles avant J.-C., que le tétraèdre, le cube, l’octaèdre, le
dodécaèdre et l’icosaèdre s’assemblent pour former d’autres figures. À la
Renaissance, le mathématicien Luca Pacioli étend la connaissance des solides
aux polyèdres semi-réguliers. Son précis De la divine
proportion est illustré par son ami Léonard de Vinci. C’est en observant de simples modèles en bois que ce
dernier réussit à représenter les formes les plus complexes,
comme le rhombicuboctaèdre.
Au début du XIXe siècle, la combinaison de formes élémentaires devient l’un des fondements de l’éducation enfantine. L’Allemand Friedrich Fröbel popularise et exporte la notion de (...)