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Derrière les personnages de l’âge d’or des cartoons produits par les studios Warner se cachent des œuvres d’art aux perspectives et aux couleurs folles. Les décors de Bugs Bunny ou de Daffy Duck révèlent les héros méconnus du flat art.

Monument Valley, 1956 : John Ford conclut son cycle de l’ouest par son chef-d’œuvre, La Prisonnière du désert, pour Warner Bros. Au même moment sur ces lieux, un coyote et un géocoucou anthropomorphes se pourchassent dans les canyons déformés à l’extrême par le décorateur Maurice Noble, qui œuvre dans la division cartoon de la compagnie. Les « Looney Tunes » et les « Merrie Melodies », séries animées foldingues voulues par les frères Warner, s’inspirent des « Silly Symphonies » de Disney nées avec le cinéma parlant : elles font la promotion des productions musicales du label. Petit à petit, les dessins animés s’affranchissent de leur vocation initiale et deviennent des œuvres autonomes grâce à la vision de Chuck Jones, ancien animateur pour Tex Avery qui, à la tête d’une petite équipe au sein des studios de Los Angeles, souhaite se démarquer du concurrent Disney.

Au décor, Maurice Noble s’est forgé une réputation comme coordinateur couleur, notamment grâce à la célèbre séquence des éléphants roses dans Dumbo. Il met au point une approche unique qui associe le fond au gag et transforme l’environnement en protagoniste de l’histoire. Aussi importants que les héros Porky ou Titi, les contextes sont peints sur celluloïd, une technique qui favorise l’aplat couvrant et la synthèse des formes, loin des paysages réalistes aquarellés des concurrents. L’atelier repose sur une synergie unique : Chuck Jones crée les poses des (...) (...)

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