d'a 219

  • 20 logements sociaux expérimentaux, rue des Orteaux, Paris XXe

    Maître d'ouvrage :  SIEMP
    Maîtres d'oeuvres : Babled Nouvet Reynaud architectes (BNR), Armand Nouvet ; Julien Boidot, chef de projet - BET : SNC Lavalin, technique et économie, RFR Éléments, qualité environnementale
    Entreprises :  Société Francilia
    Surface SHON :  1950 m2
    Cout :2 508 € H.T./m2 SU
    Date de livraison :avril 2013
  • Architecture contemporaine et tératologie

    « Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah ! Freak out ! Le Freak, c'est chic »*, chantait Nile Rodgers en 1978. Une affirmation prophétique qui décrit si parfaitement l'architecture contemporaine qu'elle pourrait lui servir d'hymne. Car les freaks, les monstres, règnent en maîtres sur le monde architectural depuis les années 2000.

  • Brève classification tératologique (les monstres architecturaux de A à Z)

    Le monstre appelle la classification : Geoffroy Saint-Hilaire, Buffon, Linné, dégagèrent des caractéristiques permettant de séparer le monstrueux du normal, cette catégorie n'étant d'ailleurs pas exempte d'anomalies. Quelques espèces de monstres se dégagent de la production architecturale contemporaine. Voici celles que nous avons pu reconnaître. D'autres restent inclassables, en l'état actuel de nos connaissances. Leur multiplication permettra peut-être d'enrichir ce bref tableau.

  • Cédric Delsaux, la fascination du trouble

    Un trop rapide coup d'œil à la série Dark Lens ferait prendre Cédric Delsaux pour un fan de Star Wars. Ce serait rater le sens même de son travail et ainsi s'assurer de passer à côté d'une œuvre d'une grande précision et d'une finesse rare. Trouble assuré.

  • Chaise pliante, acte II - Desile Design

    Dans le cadre de la rubrique Design de notre dernier numéro, nous avons consacré un article sur la mécanique de la chaise pliante et avons présenté à cette occasion une chaise développée récemment par les designers de Monstrans. Il apparaît que ce produit soit fortement inspiré d'une chaise pliante conçue par Christian Desile en 2008, dont l'idée générale « était de partir d'un panneau de contreplaqué afin de fabriquer une chaise qui, une fois repliée, pouvait servir de plateau de table posé sur deux tréteaux », explique le designer.

    Les éléments constitutifs de ce meuble à double sens sont imbriqués les uns dans les autres de sorte qu'ils soient parfaitement coplanaires quand la chaise est fermée. « L'usage de l'ordinateur a été indispensable pour effectuer les essais d'assemblage et mettre au point le mécanisme, et ce dans les deux positions, ouverte et fermée. » Pour en augmenter l'ambiguïté, la chaise a été exploitée en deux couleurs, appliquées sur chacune des faces. Afin d'obtenir des sections assez fines et être la plus légère possible, elle a été réalisée en multiplis de bambou, un bois 23 % plus rigide que le chêne. Sa nouvelle version, récemment développée, possède un dossier pivotant. Elle est assortie à une table du même matériau. Auparavant éditée chez Vange, elle l'est à présent par le designer lui-même : « Une difficulté qui demande beaucoup de travail de mise au point avec les entreprises, mais qui apporte un bénéfice nettement supérieur. »

  • De la bibliothèque au Learning Center, Learning Center de Lille

    Comment passer d'une bibliothèque à un Learning Center ? Comment passer d'une construction centrifuge, qui organise le paysage autour de sa propre structure, à une construction centripète qui trouve son propre paysage en elle-même ? La bibliothèque de l'université des sciences de Lille 1, réalisée par Noël Le Maresquier en 1965, s'affirme comme un cylindre monumental émergeant d'un tertre et constitue le cœur même du campus de Villeneuve-d'Ascq.Cette typologie circulaire, dérivée du Tempietto de Bramante à Rome, se retrouve aussi bien à la Radcliffe Camera construite par James Gibbs à Oxford en 1749 qu'à la bibliothèque de Gunnar Asplund à Stockholm (1928).

  • De la séduction, Mucem, Marseille

    Maîtres d'ouvrages : Ministère de la Culture (Direction générale des patrimoines), OPPIC (maître d'ouvrage délégué)
    Maîtres d'œuvres :Rudy Ricciotti (architecte mandataire), Roland Carta (architecte associé, C+T Architecture), Studio Adeline Rispal (aménagements muséographiques), SICASA (BET structure), CEC Salinesi (économiste), In Situ (paysagiste)
    Surface SHON : 15 718 m2
    Cout : 113,4 M € H.T. (muséographie incluse)
    Date de livraison : décembre 2012
  • Dérives surburbaines

    « Ce qui différencie avant tout la suburbia de la ville "nucléo-centrique", c'est que la première accepte la négativité que la seconde cherche à réprimer par tous les moyens. Il existe une sorte d'insolence vitale de la suburbia, de puissance de création tous azimuts. C'est là le signe d'une vitalité sans contrôle qui cherche à tâtons ses formes d'expression appropriées. L'observation de la vie suburbaine livre ainsi la clef de compréhension du futur. Le fait de prendre sa voiture le soir pour aller louer un DVD dans un distributeur automatique de vidéos au bord d'une route déserte constitue un des faits les plus fascinants de la nouvelle expérience urbaine. Il y a là une manière d'assumer, sans peur ni culpabilité, la précarité de la civilisation humaine et de flirter avec son effondrement possible qui témoigne d'une force incomparable. L'expérience suburbaine se caractérise précisément par cette faculté d'acceptation résolue de l'inachèvement de la ville, de ses trous, de ses absences. L'homme suburbain est l'ange de la trivialité. Il ne se formalise pas du caractère négligé de son cadre de vie ; il l'adapte à ses besoins et y projette ses désirs, trouvant toujours un moyen pour faire de la ville la scène prospective de sa volonté. »


    Bégout Bruce, Suburbia. Autour des villes, éditions inculte, 2013, Paris, p. 16-17.

  • Des chaumières hybrides et contemporaines

    L'extension du hameau de Conteville change de visage selon le côté par lequel on l'aborde. Une métamorphose due au revêtement des couvertures de ses maisons, qui varie en fonction de l'exposition : zinc, côté sud ; chaume, côté nord. Un matériau ancestral oublié de la construction neuve depuis une cinquantaine d'années et qui trouve ici une nouvelle utilisation.

  • Entretien avec Rudy Ricciotti : Béton, Fibre, Sémiotique, Vertu

    Cet entretien, réalisé à Marseille la veille de l'inauguration du Mucem, a été effectué dans une perspective de recherche, en appui sur un enseignement en école d'architecture (Ensa Paris Val de Seine). Il n'aura que dans un deuxième temps donné lieu à publication sur le site d'Architectures. A cette fin il a, comme il se doit, été soumis à Rudy Ricciotti qui a donné des précisions importantes, et aussi décoché quelques banderilles à son interlocuteur et à la revue – mais là n'est pas l'essentiel.
  • Kevin Low : Early modernism ? Du micro-site au monde global

    « Je suis un éphémère et point trop mécontent citoyen d'une métropole crue moderne parce que tout goût connu a été éludé dans les ameublements et l'extérieur des maisons aussi bien que dans le plan de la ville. » Arthur Rimbaud, Villes, Les Illuminations, 1875.

    Parmi les architectes lauréats du Global Award 2013, la démarche de Kevin Low fait écho à certains égards au débat français. Kevin Low est pourtant loin de nous : cet architecte d'origine chinoise a grandi en Malaisie et fait ses études aux États-Unis. Après une première décennie de voyages et de travail, il a créé une agence à Kuala Lumpur, où il travaille seul. Il pratique une architecture à la fois raffinée et très frugale. Elle relève d'un bio-climatisme très poussé mais ne brandit pas ses certifications, préférant s'inscrire dans l'héritage de Chareau et Prouvé…

  • La monstrueuse parade architecturale

    Chaque époque produit ses monstres architecturaux. Surfant sur la vague des pays émergents et de l'économie globalisée, la nôtre n'est pas en reste. Les architectes vont-ils accepter les bâtiments hors normes comme la nouvelle mesure de l'architecture, ou tenter d'orienter la conception dans d'autres voies ?

  • Le grand écart 3 : Intimité territoriale et espace public

    À l'heure du Grand Paris et des interrogations sur la grande échelle, la question de l'intimité territoriale et de l'espace public est devenue cruciale. Le critère de performance favorisé par l'industrie du bâtiment privilégie l'exercice amnésique du métier d'architecte ou d'urbaniste. Pour rouvrir le débat sur les conditions sociopolitiques du projet, Jean-François Chevrier se tourne vers l'art en montrant comment des photographes contemporains retrouvent une voie ouverte par l'anthropologie. Il propose de réactiver une pensée sensible et critique du territoire, en tension avec l'idée normative d'espace public.

  • Maison dans l’estuaire du Sado, Portugal

    Maître d'ouvrage : Joao Rodrigues
    Maîtres d'oeuvres : Manuele Francesco Aires Mateus, M. Rebelo Pinto, coordination, H. Fonseca, collaborateur
    Surface SHON :  180 m2
    Date de livraison :2010

  • Maison des associations des Chutes-Lavie, Marseille

    Maître d'ouvrage : Ville de Marseille (STB Nord-est)
    Maîtres d'oeuvres : Damien Fluchaire (mandataire), avec Laure Barrière Varju (équipière), Julien Cogne (architecte associé)
    Entreprises : SEGILPED (bâtiment), Serrurerie de la Parette (bardage métallique)
    Surface SHON : 835 m2
    Cout : 1,9 M € H.T.
    Date de livraison : décembre 2012

  • Tokyo, dans l’ombre d’Archzilla

    L'étrange est commun dans la capitale nippone. Cependant, au cours des années quatre-vingt, la bulle immobilière poussa l'extravagance à son paroxysme. La valeur du coût de la construction, devenu négligeable par rapport au prix des terrains, encouragea la prolifération de monstres bien particuliers.

  • UltraRope, pour des tours de 1 kilomètre de haut !

    La société finlandaise Kone vient de révéler sa dernière innovation en matière de câblage d'ascenseur : le Kone UltraRope, fruit de dix années de recherche. Ces nouveaux câbles ne sont plus en acier comme de coutume mais en fibre de carbone, protégée par un revêtement à forte adhérence. Ainsi, leur poids est très inférieur, leur capacité de transmission décuplée, leur longévité garantie, ainsi que leur stabilité mécanique. L'UltraRope est moins sensible aux oscillations des bâtiments à grande hauteur, résistant à l'usure, à la corrosion et à l'abrasion (contrairement aux câbles traditionnels qui se détendent et doivent être changés tous les sept ans). La firme annonce pouvoir tracter les machines verticalement sur 1 kilomètre, se projetant sur le marché d'immeubles de très très grande hauteur.

  • « Chief » Clément

    Article paru dans le d'a 219, juin/juillet 2013


    Aux confins de l'Indre et de la Creuse, le prieuré de Saint-Benoît-du-Sault a donné carte blanche à Gilles Clément, avec une exposition joliment intitulée « Toujours la vie invente », pour indiquer le tressage de l'espace du temps que pratique le paysagiste. Occasion de tracer le portrait d'un homme en alerte, d'un homme curieux, au sens des Lumières, en ces temps plus sombres.