Initié en 2016 à l’occasion d’une résidence d’artiste et poursuivi en 2018, ce projet a pour cadre la région de Gafsa, aux portes du désert sud-tunisien. Celle-ci est habitée sans discontinuer depuis le paléolithique. Dans l’exploration de ce territoire, Amélie Labourdette rend compte des épaisseurs temporelles de l’occupation humaine, relevant les vestiges qui s’y sont déposés. Chacune de ses images est chargée de sens, charrie de l’histoire. Ainsi que tout lieu, fût-il désert.
Au départ, toujours, la géographie, avec elle la géologie, et donc l’hydrologie, qui sculpte la surface de la terre et en modèle les reliefs, selon la nature des roches, elles-mêmes résultant d’accumulations, de stratifications et de tourments telluriques dans la très longue succession des âges. Pas d’occupation sans eau. Si la région est aujourd’hui asséchée, il fut un temps où le désert n’avait pas gagné, où les eaux coulaient, avant qu’elles ne s’enfoncent dans les profondeurs. (...)