Ci-dessus : Maison du Jardin à Saint-Prex
D’a : Votre premier souvenir d’architecture ?
Cristina Gonzalo Nogués : Le manque d’espace et d’une chambre à moi.
Marco Neri : La visite d’un chantier avec mon grand-père qui était contremaître au Portugal.
Markus Weck : L’immeuble de bureaux conçu par Arne Jacobsen à Hambourg où travaillait ma mère, que je l’attendais tous les soirs dans le foyer, assis sur une chaise Swan.
D’a : Que sont devenus vos rêves d’étudiant ?
Tous réalisés, bien que l’un d’entre nous ne croie pas ni aux rêves, ni aux prémonitions.
D’a : À quoi sert l’architecture ?
À trouver un équilibre entre nos aspirations et nos intérêts et ceux de la société.
D’a : Quelle est la qualité essentielle pour un architecte ?
Chacun a sa réponse : le maintien de la clarté, l’interprétation et la versatilité.
D’a : Quel est le pire défaut chez un architecte ?
Se surestimer, au risque de devenir arrogant.
D’a : Quel est le vôtre ?
Vouloir tout faire au risque de tout perdre.
D’a : Quel est le pire cauchemar pour un architecte ?
L’absence de dialogue.
D’a : Quelle est la commande à laquelle vous rêvez le plus ?
C. G. N. : Celle que nous n’imaginons pas.
M. N. : Je n’aime pas les rêves, ils nous éloignent du réel.
M. W. : Un pont.
Maquette du nouveau siège social de Viteos à La Chaux-de-fond © images : Olivier Campagne
D’a : Quels architectes admirez-vous le plus ?
C. G. N. : Luigi Snozzi et Paulo Mendes da Rocha pour leur authenticité et leur capacité à se positionner politiquement à travers leurs projets.
M. N. : Je n’aime pas cette propension malsaine à s’admirer les uns les autres.
M. W. : Oswald Mathias Ungers.
D’a : Quelle est l’œuvre construite que vous préférez ?
C. G. N. : Le musée d’Art de São Paulo de Lina Bo Bardi.
M. N. : La dernière réalisation que j’ai visitée, l’église Santa Maria à Marco de Canavezes d’Alvaro Siza.
M. W. : Les Torres de Satélite de Luis Barragan et Mathias Goeritz à Mexico.
D’a : Citez un ou plusieurs architectes que vous trouvez surfaits.
Nous ne cherchons pas à juger les autres architectes. Nous préférons nous concentrer sur nous-mêmes.
D’a : Une œuvre artistique a-t-elle plus particulièrement influencé votre travail ?
C. G. N. : Le travail de Sol Lewitt.
M. N. : A Rainbow in Curved Air, l’album de Terry Riley.
M. W. : 100 untitled works in mill aluminum de Donald Judd.
D’a : Quel est le dernier livre qui vous a marqué ?
C. G. N. : Habiter la Terre, de Bruno Latour.
M. N. : La névrose de classe, de Vincent de Gaulejac.
M. W. : Le Bleu du ciel, de Georges Bataille.
D’a : Qu’emmèneriez-vous sur une île déserte ?
C. G. N. : Rien d’autre que moi-même.
M. N. : Un piano, j’aurai sans doute enfin le temps d’apprendre à en jouer.
M. W. : Un couteau suisse.
D’a : Votre ville préférée ?
C. G. N. : Paris.
M. N. : Porto.
M. W. : Zurich.
D’a : Le métier d’architecte est-il enviable en 2025 ?
Oui, absolument, il reste un privilège qui n’est pas accessible à tout le monde.
D’a : Si vous n’étiez pas architecte, qu’auriez-vous aimé faire ?
C. G. N. : Étudier la philosophie, il n’est pas encore trop tard pour le faire.
M. N. : Boulanger.
M. W. : Couturier.
D’a : Que défendez-vous ?
Le dialogue.